L’Italie enregistre un record historique sur le front du chômage. Selon BFM Business, le taux de chômage dans la péninsule a atteint **5 %** au mois de mai 2026, soit une baisse de **1,5 point** sur un an. Ce chiffre marque un net recul par rapport à la moyenne de la zone euro, fixée à **6,2 %**, et place l’Italie en dessous de la France, dont le taux de chômage s’élève à **8,1 %** pour le premier trimestre 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • 5 % : le taux de chômage en Italie en mai 2026, un plus bas historique depuis le début des relevés statistiques.
  • Baisse de 1,5 point sur un an, avec 399 000 chômeurs en moins en Italie entre mai 2025 et mai 2026.
  • La France affiche un taux de 8,1 %, son niveau le plus élevé depuis le premier trimestre 2021.
  • Le taux de chômage de la zone euro s’établit à 6,2 %, stable par rapport à avril 2026.
  • Le taux d’emploi en Italie recule légèrement à 63 % en mai 2026, avec une hausse des inactifs de 59 000 personnes sur le mois.

Un paradoxe apparent entre chômage et emploi

À première vue, la baisse du taux de chômage et celle du taux d’emploi en Italie pourraient sembler contradictoires. Pourtant, comme l’explique BFM Business, ces deux indicateurs ne mesurent pas la même réalité. Le taux de chômage ne concerne que la « population active », c’est-à-dire les personnes ayant un emploi ou en cherchant un activement. En revanche, le taux d’emploi inclut l’ensemble de la population en âge de travailler (15 à 64 ans), qu’elle soit active ou inactive.

C’est donc l’augmentation du nombre d’inactifs qui explique cette apparente contradiction. En mai 2026, l’Italie comptait 59 000 inactifs de plus qu’en avril, portant le taux d’inactivité à un niveau supérieur. Autrement dit, des personnes ont quitté le marché du travail, réduisant ainsi le nombre de chômeurs sans pour autant augmenter mécaniquement l’emploi.

Une baisse du chômage portée par la chute des emplois temporaires

L’analyse des données révèle que la baisse du chômage en Italie s’accompagne d’un recul marqué des emplois temporaires. Entre avril et mai 2026, le nombre de travailleurs sous contrat à durée déterminée a chuté de 244 000 personnes. À l’inverse, le nombre de salariés permanents et de travailleurs indépendants a légèrement progressé, limitant l’impact global sur le marché du travail.

Cette tendance suggère une précarisation accrue de certains secteurs, où les employeurs privilégient désormais des embauches en CDI, mais réduisent leurs effectifs globaux. Les hommes, les femmes, les jeunes et les travailleurs de moins de 50 ans sont les plus touchés par cette baisse de l’emploi, à l’exception notable des seniors de 50 ans et plus, dont la situation s’améliore.

L’Italie en tête de la performance européenne, la France en retrait

Avec un taux de chômage de **5 %**, l’Italie devance largement la moyenne de la zone euro (**6,2 %**) et celle de l’Union européenne (**5,9 %**), toutes deux stables par rapport au mois précédent. Ces chiffres, publiés par BFM Business et confirmés par Eurostat, illustrent une divergence croissante entre les économies européennes.

La France, souvent pointée du doigt pour ses difficultés structurelles sur le marché du travail, affiche un taux de chômage de **8,1 %**, son niveau le plus élevé depuis le premier trimestre 2021. Ce chiffre place le pays en queue de peloton parmi les grandes économies européennes, derrière l’Italie mais aussi l’Espagne, dont le taux reste supérieur à **12 %**. Cette performance italienne, bien que remarquable, ne doit pas occulter les défis persistants du marché du travail transalpin.

« Le taux de chômage ne reflète qu’une partie de la réalité du marché du travail. Il faut aussi regarder du côté de l’emploi, de l’inactivité et de la qualité des contrats proposés. »
— Analyste économique, cité par BFM Business

Les limites d’un indicateur en apparence positif

Si le recul du chômage en Italie est une bonne nouvelle pour les ménages, il s’accompagne d’effets moins visibles mais tout aussi significatifs. Le taux d’emploi, qui mesure la part de la population en âge de travailler occupant effectivement un emploi, a reculé de **0,1 point** en mai 2026, s’établissant à **63 %**. Cette baisse, bien que modeste, interroge sur la santé réelle du marché du travail italien.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D’abord, la hausse des inactifs, qui ne sont ni en emploi ni en recherche active d’emploi. Ensuite, la réduction des contrats temporaires, souvent occupés par des travailleurs précaires ou jeunes, qui quittent ainsi la catégorie des chômeurs pour celle des inactifs. Enfin, la stagnation des embauches en CDI ne compense pas ces pertes, limitant la création nette d’emplois.

Et maintenant ?

La question qui se pose désormais est de savoir si cette baisse du chômage italien est durable. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact des politiques publiques mises en place pour soutenir l’emploi. Plusieurs observateurs soulignent que la tendance pourrait se confirmer si la croissance économique se maintient, mais aussi si les entreprises continuent de privilégier les embauches en CDI. Reste à voir si cette dynamique suffira à absorber le surplus d’inactifs et à redynamiser le marché du travail.

Par ailleurs, la France et la zone euro devraient suivre de près ces évolutions. Si l’Italie confirme sa performance, les autres pays pourraient s’inspirer de ses mesures, notamment en matière de flexiséurité et de soutien aux secteurs en tension. Pour l’heure, une chose est sûre : le marché du travail italien reste un cas d’étude pour l’Europe, entre succès relatif et défis persistants.

Le taux de chômage ne mesure que la population active (personnes ayant un emploi ou en cherchant un). Si des travailleurs quittent ce groupe pour devenir inactifs (sans chercher d’emploi), le taux de chômage peut baisser même si l’emploi diminue. En Italie, 59 000 personnes sont devenues inactives en mai 2026, ce qui explique ce paradoxe.