Le 25 mai 1949, dans les sous-sols d’une université américaine, une porte métallique se refermait pour près de 6 164 ans. Selon Ouest France, cette scène marquait le scellement définitif de la crypte de la civilisation, une capsule temporelle conçue pour préserver des millénaires d’histoire humaine.
Ce qu'il faut retenir
- Scellée le 25 mai 1949 dans les sous-sols d’une université américaine
- La crypte renferme une capsule temporelle destinée à être ouverte en 8113
- Des milliers d’objets et documents y sont conservés pour les générations futures
- Initiative portée par l’Oglethorpe University Museum of Art à Atlanta
L’initiative, portée par l’Oglethorpe University Museum of Art situé à Atlanta, aux États-Unis, avait pour ambition de créer une « mémoire de l’humanité » pour les civilisations futures. Ouest France rappelle que cette capsule, baptisée « crypte de la civilisation », devait servir de témoin des connaissances, des modes de vie et des réalisations de l’époque moderne. Autant dire que, pour les concepteurs, il s’agissait ni plus ni moins que d’un message lancé à travers le temps.
Parmi les objets sélectionnés figuraient des œuvres d’art, des livres, des films, des enregistrements audio, mais aussi des objets du quotidien censés illustrer la vie en 1949. La sélection, confiée à un comité dirigé par le professeur Thornwell Jacobs, visait à offrir un aperçu complet de la culture de l’époque, selon les critères de conservation de l’époque. Bref, la crypte devait être une sorte de « musée dans le temps », figé pour les siècles à venir.
Le choix de la date d’ouverture, fixée à l’an 8113, n’était pas anodin. Les concepteurs avaient calculé que ce délai permettrait à la capsule de traverser plusieurs ères géologiques, voire des potentiels effondrements de civilisations. « Nous voulons que cette crypte survive à tout, même à une disparition totale de l’humanité », avait alors déclaré Thornwell Jacobs. La crypte était donc conçue comme une bouteille à la mer, une tentative désespérée — ou visionnaire — de laisser une trace de notre existence.
La crypte de la civilisation s’inscrit dans une tradition plus large de capsules temporelles, mais elle se distingue par son ambition démesurée. Comme le rappelle Ouest France, d’autres projets similaires ont vu le jour, comme la Westinghouse Time Capsule enterrée lors de l’Exposition universelle de 1939 à New York, ou encore la Millennium Time Capsule créée pour le passage à l’an 2000. Cependant, aucune ne visait un délai aussi long.
La question de la pérennité des matériaux utilisés se pose naturellement. Les concepteurs de 1949 avaient opté pour des contenants en acier inoxydable et des systèmes de filtration d’air, censés protéger les objets de l’humidité et de la corrosion. Pourtant, personne ne peut garantir que ces protections tiendront 6 000 ans — autant dire que la crypte repose sur une confiance absolue dans les technologies de l’époque.
Si la crypte devait un jour être ouverte, elle offrirait un témoignage unique de la première moitié du XXe siècle. Les chercheurs de 8113 pourraient y découvrir des objets du quotidien aujourd’hui disparus, comme des disques vinyles, des machines à écrire, ou encore des journaux de l’après-guerre. Une fenêtre sur un monde aujourd’hui révolu, figé dans le métal et le verre.
La crypte est située dans les sous-sols de l’Oglethorpe University Museum of Art, à Atlanta, aux États-Unis. Elle a été scellée dans une pièce spécialement aménagée pour l’occasion.