Une technologie longtemps cantonnée aux laboratoires vient de franchir une étape décisive. Selon nos confrères de Frandroid, des cellules solaires en pérovskite ont démontré, lors de tests en conditions réelles en Chine, une production d’électricité supérieure à celle des panneaux classiques en silicium. Une première qui pourrait accélérer leur commercialisation.

Ce qu'il faut retenir

  • Des cellules solaires en pérovskite ont produit plus d’électricité que des panneaux en silicium lors de tests en Chine.
  • Cette avancée a été réalisée dans des conditions réelles d’utilisation, et non en laboratoire.
  • La technologie, longtemps prometteuse, se rapproche ainsi de la commercialisation.
  • Jusqu’ici, les rendements des pérovskites en laboratoire étaient supérieurs à ceux du silicium, mais leur application à grande échelle restait un défi.

Une technologie en passe de bouleverser le marché solaire

Depuis des années, les chercheurs misent sur la pérovskite pour révolutionner l’industrie photovoltaïque. Plus légère, plus flexible et potentiellement moins coûteuse à produire que le silicium, ce matériau pourrait rendre les panneaux solaires plus accessibles. Pourtant, jusqu’à présent, les promesses faites en laboratoire peinaient à se concrétiser sur le terrain. D’après Frandroid, des tests menés récemment en Chine viennent de combler ce fossé.

Dans des installations photovoltaïques grandeur nature, les cellules en pérovskite ont non seulement rivalisé avec leurs homologues en silicium, mais les ont dépassés en termes de production énergétique. « C’est une première mondiale qui valide enfin le potentiel de cette technologie », a souligné un chercheur cité par nos confrères. Pour l’industrie, cette étape marque un tournant vers une adoption massive.

Pourquoi la pérovskite pourrait dominer l’avenir du solaire

Le silicium, matériau dominant dans les panneaux solaires depuis des décennies, présente des limites : coût de production élevé, poids important et rigidité. La pérovskite, en revanche, offre des avantages majeurs. Elle peut être intégrée sur des surfaces flexibles, comme des vitres ou des tissus, et sa fabrication nécessiterait moins d’énergie. « Autant dire que cette technologie pourrait réduire significativement le coût de l’énergie solaire », explique un expert du secteur.

Les tests réalisés en Chine ont confirmé ces atouts. Sur des installations de taille industrielle, les panneaux en pérovskite ont affiché des rendements supérieurs de 5 à 10 % par rapport à ceux en silicium. Une différence qui, à l’échelle d’une centrale solaire, peut représenter des milliers de kilowattheures supplémentaires par an. « Ces résultats prouvent que la pérovskite est désormais prête pour le marché », a déclaré un représentant d’un consortium chinois impliqué dans les essais.

Quelles sont les prochaines étapes avant une commercialisation généralisée ?

Malgré ces avancées, plusieurs obstacles restent à surmonter avant une adoption massive. La durabilité des cellules en pérovskite, par exemple, doit encore être prouvée sur le long terme. « Nous devons garantir une durée de vie minimale de 25 ans, comme pour les panneaux en silicium », rappelle un chercheur interrogé par Frandroid. La résistance aux intempéries et à la dégradation accélérée figure parmi les principaux défis à relever.

Côté industriel, plusieurs acteurs commencent à se positionner. En Chine, des entreprises comme Longi Solar ou JinkoSolar testent déjà des lignes de production pilotes. En Europe, des start-up comme Oxford PV (Royaume-Uni) ou Saule Technologies (Pologne) travaillent également sur des solutions hybrides combinant silicium et pérovskite. « Bref, la course est lancée », estime un analyste du marché énergétique.

Et maintenant ?

Si les résultats chinois confirment leur robustesse, les premières cellules solaires en pérovskite pourraient arriver sur le marché dès 2027, d’abord dans des niches comme les bâtiments intégrés ou les équipements nomades. À plus long terme, leur adoption massive dépendra de leur capacité à rivaliser avec le silicium en termes de coût et de durabilité. Pour les experts, la prochaine échéance clé sera la publication, d’ici fin 2026, de rapports indépendants évaluant la fiabilité de ces panneaux sur cinq ans.

Cette avancée pourrait, à terme, redessiner la carte mondiale de la production d’énergie solaire. Avec des rendements supérieurs et des coûts réduits, la pérovskite a toutes les cartes en main pour s’imposer comme la technologie de référence d’ici la prochaine décennie.