Depuis le début des funérailles d’Ali Khamenei, ancien Guide suprême iranien décédé lors d’une frappe américano-israélienne, les réseaux sociaux regorgent d’images censées illustrer l’ampleur des rassemblements. Pourtant, comme le rapporte France 24, certaines de ces publications reposent sur des montages réalisés à l’aide de l’intelligence artificielle, visant à amplifier artificiellement la portée des événements.
Ce qu'il faut retenir
- Les funérailles d’Ali Khamenei, Guide suprême iranien tué lors d’une frappe combinée américano-israélienne, ont donné lieu à une importante couverture médiatique.
- Des images circulant sur les réseaux sociaux sont désormais suspectées d’être des montages générés par IA pour gonfler la participation aux cérémonies.
- Selon France 24, une foule réelle a bien assisté aux funérailles, mais certaines publications cherchent à en exagérer l’ampleur.
- L’utilisation de l’IA dans ce contexte s’inscrit dans une tendance plus large de désinformation amplifiée par les plateformes numériques.
- Une enquête de Jules Boiteau, diffusée dans l’émission Info Intox, décrypte ces manipulations.
Des images truquées pour amplifier un mouvement réel
Les funérailles d’Ali Khamenei, décédé le 2 juillet 2026 lors d’une frappe attribuée à des frappes conjointes des États-Unis et d’Israël, ont été suivies par des milliers de personnes en Iran. Si les rassemblements ont bien eu lieu, certains comptes sur les réseaux sociaux ont diffusé des visuels largement retouchés. Ces images, générées ou modifiées par des algorithmes d’intelligence artificielle, visent à donner l’impression d’une mobilisation bien plus massive que la réalité.
Selon les analyses de Jules Boiteau, spécialiste des questions de désinformation à France 24, ces manipulations s’inscrivent dans une stratégie délibérée pour renforcer l’impact symbolique des funérailles. « Ces montages ne reflètent pas la réalité des rassemblements », a-t-il précisé, tout en soulignant que les images originales montrent effectivement une affluence importante.
Les réseaux sociaux, terrain de jeu des manipulations
L’Iran, où l’accès à certaines plateformes comme Twitter ou Instagram est restreint, voit une partie de la désinformation circuler via des applications locales ou des messageries chiffrées. Les algorithmes des réseaux sociaux, conçus pour maximiser l’engagement, favorisent la viralité de contenus spectaculaires, même lorsqu’ils sont artificiels. Cela pose la question de la régulation de ces plateformes face à l’émergence de contenus générés par IA.
Un phénomène qui n’est pas isolé : depuis plusieurs années, lesdeepfakes et autres montages automatisés se multiplient lors d’événements géopolitiques sensibles. Les funérailles d’Ali Khamenei en sont un nouvel exemple, où la frontière entre réalité et fiction devient de plus en plus floue.
Contexte : qui était Ali Khamenei ?
Ali Khamenei, décédé à l’âge de 78 ans, était le Guide suprême de l’Iran depuis 1989, succédant à Ruhollah Khomeini. Figure centrale du régime iranien, il incarnait l’alliance entre pouvoir politique et religieux. Sa disparition, consécutive à une frappe ciblée attribuée à une coalition américano-israélienne, a provoqué une vague de manifestations en Iran, où des rassemblements ont été organisés en son honneur dans plusieurs villes, dont Téhéran et Qom.
Les tensions entre l’Iran et les États-Unis, déjà vives avant cet événement, risquent de s’aggraver dans les semaines à venir. Les autorités iraniennes ont déjà promis des représailles, sans préciser leur nature. La communauté internationale observe avec attention l’évolution de la situation, alors que les cyberattaques et les campagnes de désinformation pourraient s’intensifier.
Les experts recommandent de vérifier les métadonnées des images, d’analyser les incohérences visuelles (comme des visages ou des objets déformés) et de croiser les informations avec des sources fiables. Des outils spécialisés, comme InVID ou Google Reverse Image Search, permettent de détecter les manipulations.