Alors que les lunettes connectées s’imposent progressivement comme un accessoire technologique incontournable, leur prix élevé en limite encore l’accès pour de nombreux consommateurs. Selon Frandroid, le modèle Blackview BV100, disponible à moins de 50 € en promotion, prétend bousculer ce marché en offrant une première immersion dans l’univers des lunettes intelligentes sans grever le budget. Mais cette alternative low-cost tient-elle vraiment ses promesses ?

Ce qu'il faut retenir

  • Prix agressif : environ 6 fois moins cher que les Ray-Ban Meta (à partir de 329 €), avec une fourchette de prix conseillé à 79,99 € et des promotions régulières autour de 50 €.
  • Design inspiré des Ray-Ban Meta Wayfarer, avec des commandes similaires (boutons droit pour photo/vidéo, gauche pour audio/appels).
  • Fonctionnalités basiques : capteur photo de 6 560 x 4 928 pixels, autonomie annoncée de 5 heures en audio et 40 minutes en vidéo, stockage interne de 32 Go.
  • Points faibles majeurs : qualité audio médiocre (« son de vieux lecteur cassette »), fragilité des haut-parleurs, photos parfois floues, IA peu fiable pour les requêtes complexes.
  • Usage limité : adapté pour des souvenirs occasionnels en extérieur, mais pas pour un usage quotidien intensif.

Le marché des lunettes connectées, popularisé par les Ray-Ban Meta, connaît une croissance soutenue, avec l’arrivée annoncée de modèles signés Samsung et Apple dans le courant de l’année. Pourtant, pour beaucoup d’utilisateurs, l’investissement initial reste dissuasif. Comme le rapporte Frandroid, c’est dans ce contexte qu’un modèle comme le Blackview BV100 se positionne comme une porte d’entrée alléchante. Proposé à 50 € en promotion – contre plus de 329 € pour les Ray-Ban Meta – il promet une expérience similaire à moindre coût. Mais cette alternative économique vaut-elle vraiment le détour ?

Un emballage surprenant pour un prix mini

Dès la réception du colis, le testeur de Frandroid a été surpris par la qualité du packaging. Contrairement aux attentes, la paire de lunettes n’était pas livrée dans un simple sachet plastique, mais dans une boîte robuste, accompagnée d’un étui rigide pour le rangement, d’un chiffon microfibre et d’un câble USB à port magnétique pour la recharge. Une attention aux détails qui tranche avec le positionnement low-cost du produit.

Visuellement, le Blackview BV100 reprend sans complexe le design des Ray-Ban Meta Wayfarer, avec des branches équipées de commandes tactiles et de boutons physiques. À droite, un appui permet de déclencher une photo ou une vidéo, tandis qu’à gauche, un autre bouton sert à enregistrer un message vocal, passer un appel ou activer l’assistant vocal. La disposition des haut-parleurs, intégrés dans les branches, vise à placer les transducteurs au plus près des oreilles – un choix technique qui, comme on le verra plus tard, présente des limites.

Des performances inégales selon les usages

Le premier contact avec les BV100 est globalement positif : légères (45 g) et confortables pour un port occasionnel, elles ont été testées dans des conditions variées, de la plage aux rues de Londres ou de Shenzhen. Leur certification IP54 leur permet même de résister à une légère pluie, un atout non négligeable pour un usage nomade. Cependant, le test révèle des faiblesses structurelles : l’un des deux haut-parleurs a été endommagé après une chute mineure, illustrant leur fragilité. « Le son rappelle celui d’un vieux lecteur cassette », précise le journaliste, qui regrette aussi une autonomie limitée à 40 minutes en vidéo et 5 heures en lecture audio – des chiffres qui, s’ils suffisent pour un usage occasionnel, deviennent rapidement insuffisants en cas d’utilisation intensive.

Côté photo et vidéo, les résultats sont contrastés. Les clichés, capturés au format paysage (6 560 x 4 928 pixels), offrent des couleurs vives et un rendu exploitable en plein jour, même si un léger déséquilibre vers les teintes bleutées est observable. En revanche, la qualité se dégrade nettement en basse lumière : les photos de nuit sont floues, et les vidéos, filmées en 1 600 x 1 200 pixels à 30 images/seconde, souffrent d’un manque de stabilisation et d’un micro de piètre qualité. « La compression des images avant traitement par l’IA rend les requêtes peu exploitables », souligne le testeur, qui note aussi l’absence de compatibilité portrait – un format pourtant dominant sur les réseaux sociaux.

Une intelligence artificielle perfectible et un transfert de données laborieux

Pour exploiter pleinement les BV100, il est nécessaire de télécharger l’application dédiée, HeyCyan, disponible sur iOS et Android. Une fois connectées en Bluetooth 5.4, les lunettes permettent de consulter leur niveau de batterie, de transférer les médias capturés et d’accéder à l’assistant vocal du même nom. Pourtant, l’expérience utilisateur est loin d’être fluide : le transfert des données depuis les 32 Go de stockage interne vers le smartphone est lent et peut échouer si d’autres applications sont en cours d’exécution. « HeyCyan ne brille pas par son utilité », commente le journaliste. « Il est amusant de lui demander d’identifier une console ou une plante, mais ses réponses deviennent rapidement approximatives dès que la complexité augmente. »

Les tests d’identification d’une carte Pokémon ou d’un texte en chinois se soldent par des échecs répétés, l’IA se retranchant derrière des justifications peu convaincantes comme la « netteté insuffisante de l’image ». Une déception d’autant plus notable que les photos, lorsqu’elles sont transférées sans passer par l’IA, révèlent une meilleure netteté – preuve que le problème vient bien du traitement logiciel.

Un gadget pour les balades, pas pour le quotidien

Malgré ces réserves, les Blackview BV100 remplissent leur rôle premier : offrir une première expérience des lunettes connectées sans investir des centaines d’euros. Leur autonomie, bien que limitée, s’avère suffisante pour des sorties de quelques heures, et leur design, inspiré des références du marché, séduit par son côté rétro. « Elles font parfaitement l’affaire pour capturer des souvenirs lors d’une balade ensoleillée », estime le journaliste, qui recommande toutefois de ne pas les utiliser en continu. Le prix de 79,99 € (ou 50 € en promotion) en fait en effet un produit jetable plutôt qu’un investissement durable.

Reste que la fragilité des composants – haut-parleurs fragiles, étui peu protecteur malgré sa rigidité – et la médiocrité des performances audio et vidéo en basse lumière tempèrent fortement l’enthousiasme. « On est très loin du niveau des Ray-Ban Meta », conclut le testeur, qui compare les BV100 à un « brouillon technologique sympathique », idéal pour s’initier au concept, mais peu adapté à un usage régulier.

Et maintenant ?

Avec l’arrivée prochaine de lunettes connectées signées Samsung et Apple, le marché devrait encore se structurer dans les mois à venir. Ces acteurs pourraient pousser les fabricants de produits low-cost comme Blackview à améliorer la qualité de leurs appareils pour rester compétitifs. D’ici là, les consommateurs à la recherche d’un gadget abordable et ludique pour des usages occasionnels pourraient se tourner vers des alternatives comme les BV100, tout en gardant à l’esprit leurs limitations. La question reste ouverte : ces modèles économiques parviendront-ils à évoluer suffisamment pour séduire un public plus large, ou resteront-ils cantonnés à un rôle de produit d’appel ?

Pour ceux qui hésitent encore, une solution intermédiaire pourrait être d’attendre les prochaines promotions ou les modèles reconditionnés, qui pourraient offrir un meilleur rapport qualité-prix. À l’heure où les lunettes connectées gagnent du terrain, le choix entre performance et budget ne fait que commencer.

Oui, selon Frandroid, les lunettes Blackview BV100 fonctionnent avec les smartphones sous iOS et Android, à condition de télécharger l’application HeyCyan dédiée. La connexion s’effectue en Bluetooth 5.4.

Oui, le bouton situé sur la branche gauche permet de recevoir ou passer des appels, mais la qualité audio est jugée médiocre par le testeur de Frandroid, qui compare le son à celui d’un « vieux lecteur cassette ».