Près d’un Britannique sur cinq envisage désormais d’utiliser des outils d’intelligence artificielle pour gérer ses investissements, révèle une enquête publiée par Journal du Coin. Cette tendance reflète l’essor des technologies financières et l’appétence croissante pour des solutions automatisées, malgré les risques inhérents à ce type de pratiques.

Ce qu’il faut retenir

  • Un 20 % des Britanniques seraient prêts à confier la gestion de leurs investissements à une IA, selon Journal du Coin.
  • Cette proportion s’inscrit dans un contexte d’automatisation accélérée des services financiers, portée par l’évolution des outils technologiques.
  • Les plateformes de crypto-monnaies et les acteurs traditionnels intègrent progressivement ces solutions, attirant une clientèle en quête de simplicité et d’efficacité.
  • Les régulateurs britanniques, comme la Financial Conduct Authority (FCA), observent ce phénomène avec attention, sans pour autant émettre de recommandations contraignantes pour l’instant.

Une adoption progressive mais marquée

L’enquête menée par Journal du Coin montre que l’intérêt pour l’IA dans la gestion de portefeuille ne se limite pas aux seuls passionnés de cryptomonnaies. Près d’un quart des sondés, soit 20 % des Britanniques interrogés, déclarent être prêts à utiliser des algorithmes pour piloter leurs actifs, qu’il s’agisse d’actions, d’obligations ou de crypto-actifs. Les jeunes générations, notamment les 18-34 ans, apparaissent comme les plus enclines à adopter ces outils, avec un taux d’adhésion dépassant les 30 % dans cette tranche d’âge.

Côté secteur, les plateformes spécialisées dans les actifs numériques sont les premières à intégrer ces solutions. Des acteurs comme Bitstack, Kraken ou Crypto.com proposent déjà des outils d’analyse et de gestion automatisée, souvent couplés à des fonctionnalités de trading algorithmique. Ces services séduisent une clientèle en quête de rendement, mais aussi de temps, alors que la gestion passive gagne en popularité.

Des freins persistants malgré l’engouement

Malgré cette tendance, des réticences subsistent. Un tiers des sondés citent la méfiance envers la technologie et le manque de transparence des algorithmes comme principaux obstacles. Les craintes portent notamment sur la volatilité des marchés, amplifiée par des décisions automatisées. La FCA, l’autorité britannique de régulation financière, a rappelé à plusieurs reprises que l’utilisation d’outils d’IA pour investir ne garantissait en rien des performances positives, tout en soulignant l’importance de l’éducation financière pour les utilisateurs.

Les risques juridiques et éthiques sont également pointés du doigt. En cas d’erreur ou de perte liée à un algorithme, la responsabilité reste floue : incombe-t-elle à l’utilisateur, au développeur du logiciel, ou à la plateforme qui le propose ? Pour l’heure, aucun cadre réglementaire spécifique n’encadre ces pratiques au Royaume-Uni, laissant le champ libre aux acteurs du secteur.

Les acteurs du marché surfent sur la vague

Face à cette demande, les entreprises du numérique et de la finance accélèrent leurs investissements. Bitstack, par exemple, a lancé en 2025 une fonctionnalité baptisée « AI Portfolio Manager », capable de proposer des stratégies d’investissement personnalisées en temps réel. L’offre s’accompagne d’un système de notation des actifs, alimenté par des modèles d’apprentissage automatique. Selon les données communiquées par la plateforme, plus de 12 % de ses utilisateurs actifs en Europe ont activé cette option depuis son lancement.

De son côté, Kraken mise sur l’intégration d’outils d’analyse prédictive, capables d’anticiper les tendances du marché des cryptomonnaies avec un taux de précision annoncé à 68 % sur les trois derniers mois. La société précise que ces outils restent « complémentaires » à l’analyse humaine et ne remplacent pas les conseils d’un expert.

« L’IA transforme en profondeur la gestion d’actifs, mais elle doit s’inscrire dans une démarche responsable. Notre rôle est d’accompagner nos clients sans leur faire miroiter des rendements miracles »
Jesse Powell, cofondateur de Kraken (déclaration rapportée par Journal du Coin).

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année, plusieurs acteurs majeurs devraient annoncer de nouvelles fonctionnalités basées sur l’IA, notamment pour les portefeuilles traditionnels. La FCA a indiqué qu’elle publierait d’ici décembre 2026 des lignes directrices sur l’utilisation de ces outils, sans pour autant les interdire. Dans le même temps, les associations de consommateurs appellent à une meilleure information des utilisateurs, afin d’éviter les dérives.

Cette adoption progressive de l’IA dans la gestion d’actifs interroge : les Britanniques sont-ils prêts à confier leur épargne à des algorithmes, ou cette tendance restera-t-elle marginale ? Une chose est sûre : le débat sur la régulation et la transparence des outils automatisés ne fait que commencer.