La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a annoncé dimanche 10 août 2026 son intention de retirer le nom d’Hernán Cortés, conquistador espagnol du XVIe siècle, à un col de montagne du pays, afin de rendre hommage aux peuples indigènes. Cette proposition s’inscrit dans une démarche plus large de réévaluation de l’héritage colonial et de reconnaissance des cultures autochtones, selon Ouest France.
La cheffe de l’État mexicaine a précisé que cette mesure visait à « réparer symboliquement les injustices historiques subies par les communautés indigènes », un engagement affiché lors de son discours à l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones. Elle a indiqué que le col en question, situé dans la chaîne de montagnes de l’Eje Volcánico Transversal, serait désormais rebaptisé en langue nahuatl, langue parlée par les Aztèques, l’un des peuples les plus emblématiques de l’histoire précolombienne du Mexique.
Ce qu’il faut retenir
- Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique depuis 2024, propose de renommer un col de montagne portant le nom du conquistador Hernán Cortés.
- Cette initiative s’inscrit dans une volonté de réhabilitation des peuples indigènes et de leur héritage culturel.
- Le col concerné se trouve dans la chaîne de l’Eje Volcánico Transversal, une région montagneuse centrale du pays.
- Le nouveau nom serait choisi en langue nahuatl, en hommage à la civilisation aztèque.
- L’annonce a été faite à l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones, le 9 août 2026.
Un symbole fort de réconciliation historique
La décision de Claudia Sheinbaum s’ajoute à une série de mesures symboliques prises par son gouvernement pour réévaluer la place de l’héritage colonial dans l’histoire mexicaine. Depuis le début de son mandat, elle a multiplié les gestes en direction des communautés indigènes, comme la création d’un ministère dédié aux affaires autochtones ou encore la restitution de terres ancestrales. « Le passé colonial ne doit plus être une source de fierté nationale, mais un rappel des violences commises », a-t-elle déclaré lors d’un discours à Mexico, cité par Ouest France.
Le col de Cortés, situé à plus de 3 000 mètres d’altitude, est un point de passage stratégique entre les États de Puebla et de Veracruz. Son renommage pourrait s’accompagner d’une campagne de sensibilisation sur l’histoire préhispanique du Mexique, afin de mettre en lumière les contributions des civilisations mésoaméricaines avant l’arrivée des Espagnols en 1519. Pour l’historien Guadalupe Loaeza, interrogé par Ouest France, cette initiative est « un pas nécessaire vers une mémoire nationale apaisée ».
Des réactions contrastées au sein de la société mexicaine
Si cette proposition a reçu le soutien de nombreuses associations indigènes et d’intellectuels, elle a également suscité des critiques, notamment parmi les défenseurs d’une vision plus nuancée de l’histoire. Certains historiens, comme Carlos Martínez Assad, ont souligné que Cortés, bien que figure controversée, avait également joué un rôle dans la formation du Mexique moderne. « Renommer des lieux ne suffira pas à effacer les complexités de notre passé », a-t-il nuancé dans un entretien accordé à Ouest France.
Du côté des communautés indigènes, la réaction est globalement positive. La coordinatrice du Conseil national indigène, María de Jesús Patricio Martínez, a salué une décision « historique » qui « reconnaît enfin la dignité de nos ancêtres ». Elle a toutefois appelé à aller plus loin en révisant les programmes scolaires pour inclure davantage d’enseignements sur les civilisations précolombiennes.
Cette annonce intervient alors que le Mexique commémore les 500 ans de la chute de l’Empire aztèque, un anniversaire qui a ravivé les débats sur la colonisation et ses conséquences. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si cette proposition de Claudia Sheinbaum fera date dans l’histoire du pays.
Le col a été nommé ainsi au XIXe siècle, à une époque où le conquistador était perçu comme un héros de la conquête espagnole. Cette appellation reflète une vision historiographique aujourd’hui largement remise en question, notamment en raison du rôle joué par Cortés dans la destruction des civilisations préhispaniques.