Selon Ouest France, la plateforme américaine Netflix juge les obligations imposées par la France en matière de soutien à la création audiovisuelle française comme trop contraignantes. Dans un contexte où les géants du streaming sont sous haute surveillance en Europe, Netflix appelle à une réforme en profondeur de ces règles, qu’elle qualifie d’« insoutenables ». Une prise de position qui pourrait relancer le débat sur la régulation de l’audiovisuel en Europe.

Ce qu'il faut retenir

  • Netflix considère que les règles françaises de soutien à la création sont trop contraignantes et demande une réforme à l’échelle européenne.
  • Ces obligations, encadrées par des quotas de production locale, sont jugées par la plateforme comme insoutenables dans leur forme actuelle.
  • La demande de réforme émane directement de Netflix, qui n’exclut pas de saisir la Commission européenne pour faire évoluer ces dispositifs.
  • Ce positionnement intervient alors que la France renforce ses exigences en matière de production locale pour les plateformes de streaming.

Des règles françaises contestées par Netflix

Les obligations imposées par la France aux plateformes de streaming, comme Netflix, en matière de production locale sont au cœur du conflit. Depuis plusieurs années, le pays a instauré des quotas stricts pour soutenir l’industrie audiovisuelle française, exigeant notamment qu’une partie significative des contenus diffusés proviennent de productions locales. Pour Netflix, ces règles, bien que conçues pour protéger la culture française, deviennent insoutenables dans leur application actuelle. « Ces obligations limitent notre capacité à proposer une offre diversifiée et adaptée à nos abonnés », a déclaré un porte-parole de la plateforme à Ouest France.

Une réforme réclamée auprès de la Commission européenne

Face à ce qui est perçu comme un déséquilibre, Netflix a choisi de monter au créneau et de réclamer une réforme en profondeur de ces dispositifs. La plateforme américaine mise sur l’intervention de la Commission européenne pour faire évoluer le cadre réglementaire. Selon des sources internes citées par Ouest France, Netflix pourrait engager des démarches formelles auprès des instances européennes pour contester la légalité de certaines mesures françaises. « Nous croyons en l’importance de soutenir la création locale, mais les règles actuelles doivent être repensées », a précisé un responsable de Netflix.

Un débat qui dépasse Netflix et la France

Ce différend s’inscrit dans un débat plus large sur la régulation des plateformes de streaming en Europe. Plusieurs pays, comme l’Allemagne et l’Espagne, ont également mis en place des quotas similaires pour protéger leurs industries culturelles. Cependant, ces mesures sont souvent critiquées par les géants du numérique, qui y voient des freins à leur développement. « Le modèle actuel, qui repose sur des obligations nationales, risque de fragmenter le marché européen », a souligné un expert du secteur interrogé par Ouest France.

Et maintenant ?

La prochaine étape pourrait être une saisine formelle de la Commission européenne par Netflix, voire par d’autres plateformes de streaming. Une décision de Bruxelles sur ces quotas nationaux est attendue d’ici la fin de l’année 2026, ce qui pourrait donner lieu à un réexamen des règles en vigueur. En attendant, le dialogue entre les autorités françaises et les plateformes internationales risque de s’intensifier.

Dans ce contexte, la France pourrait être amenée à ajuster ses exigences pour concilier soutien à la création locale et attractivité des plateformes étrangères. Reste à voir si les deux parties parviendront à trouver un terrain d’entente avant que la Commission européenne ne tranche.