La ville de New York a annoncé mercredi l’interdiction temporaire de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) par les élèves dans les établissements publics jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire, soit jusqu’en troisième. Cette mesure, qui entrera en vigueur dès la rentrée 2026, s’inscrit dans une volonté de réguler l’accès aux outils numériques jugés trop peu encadrés à ce jour, comme le rapporte Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Interdiction de l’IA pour les élèves des écoles publiques new-yorkaises jusqu’en troisième, à partir de la rentrée 2026.
- Cette décision vise à limiter l’accès à des outils numériques dont l’usage pédagogique reste insuffisamment encadré.
- La mesure s’appliquera à l’ensemble des 1 800 écoles publiques de la métropole.
- Les enseignants et le personnel éducatif seront également concernés par des restrictions similaires.
- Une évaluation de l’impact de cette interdiction est prévue pour 2027.
Une décision motivée par des craintes éducatives et éthiques
Selon les autorités municipales, cette restriction repose sur plusieurs inquiétudes majeures. D’abord, l’absence de contrôle suffisant sur les outils d’IA utilisés par les élèves, qui pourraient générer des réponses erronées ou biaisées sans que les enseignants ne puissent les identifier. Ensuite, le risque de dépendance précoce à ces technologies, au détriment de l’apprentissage des compétences fondamentales comme la réflexion critique ou la rédaction.
« Nous devons protéger l’intégrité de l’éducation publique », a déclaré David Banks, chancelier du département de l’Éducation de New York. « L’IA a un rôle à jouer, mais pas à ce stade de la scolarité, où les bases doivent être solides. » La mesure s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’équilibre entre innovation et tradition pédagogique, a précisé Banks lors d’une conférence de presse mardi.
Des outils numériques déjà présents dans les salles de classe
Malgré cette interdiction, l’IA reste utilisée à New York dans certains contextes éducatifs, notamment pour l’aide administrative ou la personnalisation des parcours d’apprentissage. Cependant, son usage direct par les élèves — comme pour rédiger un devoir ou résoudre un exercice — sera désormais prohibé jusqu’en troisième. Les établissements devront désactiver l’accès aux plateformes génératives telles que les chatbots ou les outils de rédaction automatisée sur leurs réseaux.
Les défenseurs de la mesure soulignent que cette décision pourrait inspirer d’autres grandes villes américaines. « New York montre l’exemple en matière de protection des jeunes contre les dérives de l’IA », a commenté Cynthia Breazeal, experte en éducation technologique au MIT, dans un entretien accordé au New York Times. « Mais le vrai défi sera de former les enseignants à un usage raisonné de ces outils quand l’interdiction sera levée. »
Cette initiative s’ajoute à d’autres régulations récentes aux États-Unis, où plusieurs États ont commencé à encadrer l’usage de l’IA dans l’éducation. À titre d’exemple, la Californie a adopté en 2025 un cadre similaire pour les lycées, tandis que l’État de Washington travaille sur une loi plus large visant à protéger les données des élèves.
Les autorités new-yorkaises estiment que les élèves de moins de 15 ans, encore en phase d’acquisition des fondamentaux (lecture, écriture, calcul), sont les plus vulnérables aux dérives de l’IA. Les outils génératifs pourraient, selon elles, fausser leur apprentissage en leur fournissant des réponses toutes faites sans compréhension réelle. La mesure vise donc à préserver cette période clé du développement intellectuel.