Selon BFM Bourse, Nokia fera son retour dans l’indice Eurostoxx 50 dès le 21 septembre 2026, marquant ainsi la reconnaissance de son redressement boursier et stratégique. Le fabricant finlandais d’équipements télécoms remplacera Volkswagen, dont les difficultés persistantes en Chine et aux États-Unis ont conduit le groupe allemand à revoir ses perspectives à la baisse.

Cette réintégration dans l’élite des grandes capitalisations européennes s’accompagne de celle d’Engie, autre acteur français en forte progression. L’énergéticien a vu son action gagner 40 % sur un an, illustrant un recentrage réussi sur des activités génératrices de croissance.

Ce qu'il faut retenir

  • Nokia réintègre l’Eurostoxx 50 le 21 septembre 2026, remplaçant Volkswagen dans l’indice.
  • L’action Nokia a progressé de 56,3 % depuis le début de l’année et de 140 % sur un an.
  • Le groupe finlandais mise sur les infrastructures télécoms pour l’intelligence artificielle, avec des commandes en forte hausse dans ce segment.
  • Nokia collabore étroitement avec Nvidia, dont les résultats récents confirment l’essor des technologies liées à l’IA.
  • Volkswagen, évincé de l’indice, fait face à des défis structurels et à une restructuration massive.

Un retour symbolique dans l’élite boursière européenne

Ce retour de Nokia dans l’Eurostoxx 50 intervient un an après son exclusion, un parcours boursier qui reflète une transformation profonde. L’entreprise, autrefois associée aux téléphones mobiles emblématiques comme le Nokia 3310, s’est recentrée sur des activités bien différentes. Aujourd’hui, ses solutions pour centres de données et réseaux optiques sont devenues essentielles pour soutenir la demande croissante en infrastructures liées à l’intelligence artificielle.

L’indice Eurostoxx 50, qui regroupe les 50 plus grandes capitalisations de la zone euro, offre une visibilité accrue aux entreprises qui y figurent. Cette exposition est particulièrement précieuse pour Nokia, dont la performance boursière a été saluée par les investisseurs. Le groupe finlandais avait déjà intégré le Stoxx Europe 600, un autre indicateur paneuropéen, avant de franchir cette nouvelle étape.

L’IA au cœur de la dynamique de Nokia

La performance récente de Nokia est étroitement liée à son positionnement sur le marché des infrastructures pour l’intelligence artificielle. Le groupe propose des solutions de commutation, de routage IP et de réseaux optiques, conçues pour répondre aux besoins de connectivité des centres de données. Ces technologies sont devenues indispensables avec l’augmentation des charges de travail liées à l’IA.

Les chiffres récents confirment cette tendance. Lors du deuxième trimestre 2026, les prises de commandes d’IA et de Cloud ont atteint 2,8 milliards d’euros, tandis que les ventes ont plus que doublé par rapport à l’année précédente, a déclaré Justin Hotard, le directeur général du groupe. « Nous avons sécurisé des commandes à long terme dans les réseaux optiques et les réseaux IP. Nous nous attendons à ce que la moitié de ces commandes se convertissent en revenus au cours des douze prochains mois », avait-il précisé en juillet 2026.

Les analystes de Deutsche Bank vont encore plus loin. Selon eux, les commandes du segment IA & Cloud de Nokia pourraient plus que tripler en 2026, « ce qui témoigne d’une excellente dynamique dans les réseaux optiques et la commutation chez les principaux hyperscalers ».

Un partenariat stratégique avec Nvidia

La relation entre Nokia et Nvidia illustre cette dynamique. Les deux groupes ont développé ensemble la première plateforme commerciale AI-RAN, un réseau d’accès radio piloté par l’intelligence artificielle. Cette technologie permet déjà d’améliorer l’efficacité spectrale des réseaux sans fil de plus de 20 %, avec un objectif de 50 % d’ici 2027 et de plus de 100 % d’ici 2028.

Les perspectives commerciales sont ambitieuses. Nokia prévoit des installations pilotes d’ici la fin de l’année 2026, suivies d’un lancement commercial en 2027. Ce partenariat s’accompagne d’un investissement capitalistique : en octobre 2025, Nvidia avait injecté 1 milliard de dollars pour acquérir 2,9 % du capital de Nokia. À l’annonce de cette opération, l’action du groupe finlandais avait bondi de 20,9 %.

Les résultats récents de Nvidia confirment cette tendance. Le géant américain des puces a publié des résultats trimestriels exceptionnels, avec un chiffre d’affaires attendu de 108 milliards de dollars pour le troisième trimestre 2026, dépassant les prévisions des analystes. Jensen Huang, le PDG de Nvidia, a évoqué des perspectives « énormes » pour 2027, tandis que sa directrice financière, Colette Kress, table sur une progression de 70 % des revenus pour l’exercice fiscal 2028.

Un groupe en pleine mutation stratégique

Nokia n’est plus seulement un acteur des télécommunications. Le groupe a annoncé, le 1er septembre 2026, l’ouverture d’un nouveau centre de recherche et développement en Arabie saoudite. Ce site sera dédié au développement de logiciels d’automatisation pour les réseaux pilotés par l’IA, avec pour objectif de permettre aux infrastructures télécoms de s’auto-configurer et de s’auto-réparer.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification géographique et technologique. Jusqu’à fin 2025, Nokia était également coté à la Bourse de Paris, une cotation héritée du rachat d’Alcatel-Lucent en 2015. Le groupe avait alors intégré le CAC 40 avant d’en être exclu en 2017 au profit de STMicroelectronics.

Et maintenant ?

La réintégration de Nokia dans l’Eurostoxx 50 devrait renforcer son attractivité auprès des fonds indiciels, ce qui pourrait soutenir sa progression boursière à court terme. Les prochaines étapes clés incluront le déploiement des installations pilotes de la plateforme AI-RAN d’ici la fin de l’année, ainsi que l’évolution des commandes dans le segment IA & Cloud. Les investisseurs surveilleront également les annonces de Nvidia, dont les résultats continueront d’influencer la dynamique de Nokia.

Quant à Volkswagen, évincé de l’Eurostoxx 50, le constructeur allemand devra poursuivre sa restructuration, notamment en Chine et aux États-Unis, où la concurrence et les droits de douane restent des défis majeurs. Sa capacité à redresser ses perspectives sera déterminante pour son avenir boursier.

Nokia avait été exclue de l’indice en 2025 en raison de sa sous-performance relative par rapport aux autres grandes capitalisations européennes. Son redressement récent, porté par son positionnement sur l’intelligence artificielle et les infrastructures télécoms, a justifié son retour cette année.

L’investissement de 1 milliard de dollars de Nvidia en octobre 2025, représentant 2,9 % du capital de Nokia, a renforcé la crédibilité du partenariat entre les deux groupes. Il a également eu un effet immédiat sur le cours de l’action, qui a progressé de 20,9 % à l’annonce de l’opération.