Avec un mercato estival sans aucun recrutement et une masse salariale réduite de moitié, l’Olympique de Marseille traverse la crise financière la plus profonde de son histoire récente. Cette situation, selon nos confrères de RMC Sport, résulte des choix d’une ancienne direction désormais pointée du doigt par Christophe Dugarry, ancien joueur emblématique du club. Dans l’émission « Rothen s’enflamme » diffusée sur RMC ce mercredi 2 septembre 2026, l’ancien international français a formulé des critiques acerbes envers Pablo Longoria, Frank McCourt et l’ensemble de l’ancienne gouvernance marseillaise.
Ce qu'il faut retenir
- Christophe Dugarry accuse l’ancienne direction de l’OM d’avoir « menti aux supporters » sur la réalité financière du club.
- L’ancien directeur sportif Pablo Longoria, devenu président, a bénéficié d’une liberté totale pour appliquer une stratégie jugée hasardeuse par Dugarry.
- Frank McCourt, propriétaire du club, est également visé pour ne pas avoir freiné une politique de transferts anarchique.
- L’OM a dû vendre 15 joueurs cet été pour tenter d’équilibrer ses comptes, sans parvenir à recruter.
- Stéphane Richard, nouveau président, reconnaît un modèle économique « non soutenable » basé sur des recrutements coûteux.
- Medhi Benatia, ancien directeur du football, rejette toute responsabilité exclusive dans la crise actuelle.
Une ancienne direction sous le feu des critiques
Christophe Dugarry n’a pas mâché ses mots pour décrire la gestion de l’Olympique de Marseille sous la mandature de Pablo Longoria, passée de directeur sportif à président avec des pouvoirs étendus. Selon lui, cette stratégie reposait sur des « coups de poker avec l’argent des autres », une accumulation de transferts sans cohérence et des salaires surévalués. « Ce qui me frappe le plus, et la responsabilité revient aussi à McCourt, c’est que les dirigeants précédents se sont engouffrés dans une stratégie qui ne pouvait pas fonctionner », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Que des coups de poker avec l’argent des autres. Et ça c’est quand même terrible. »
Pour Dugarry, la qualification en Ligue des champions obtenue lors de la saison précédente n’aurait rien changé à la donne. Il estime que même avec une balance positive de 50 millions d’euros lors du dernier mercato, le club n’aurait pas pu recruter durablement sans vendre davantage. « Même en se qualifiant pour la Ligue des champions l’année dernière, ça n'aurait absolument rien changé du tout. Les 50 millions d'euros, ça aurait ramené un peu de beurre dans les épinards, mais tu aurais dû vendre, tu n'aurais pas pu recruter en achetant des joueurs pour être performant en Ligue des champions. »
Frank McCourt et la responsabilité du propriétaire américain
Christophe Dugarry n’épargne pas non plus Frank McCourt, propriétaire de l’OM depuis 2016. Bien qu’il reconnaisse les investissements massifs réalisés par l’homme d’affaires américain, il lui reproche de ne pas avoir freiné une politique sportive et financière qu’il jugeait trop risquée. « McCourt, il a mis beaucoup d’argent, il a perdu beaucoup d’argent mais il a fait beaucoup de conneries », a-t-il résumé, critiquant notamment les 30 transferts par saison opérés par le club phocéen.
Cette analyse rejoint celle de Stéphane Richard, nouveau président nommé cet été. Dans « Rothen s’enflamme », il a décrit une stratégie fondée sur un « pari » coûteux : recruter des joueurs stars en espérant se qualifier pour la Ligue des champions, un pari qui a échoué. « En étant gentil, je peux dire qu'il y a eu un pari fait (avant son arrivée) par des gens un peu trop joueurs. Un pari a consisté à dire : "on va recruter, on va avoir des cadors, on va les payer cher pour aller en Ligue des champions." »
Un modèle économique « non soutenable » reconnu par la nouvelle direction
Stéphane Richard, qui a pris ses fonctions en juillet 2026, a confirmé la fragilité du modèle économique construit par ses prédécesseurs. Selon lui, l’OM était connu pour « payer des salaires élevés » sans que cette politique soit viable à long terme. « Cette politique a consisté à recruter des joueurs assez chers. Le modèle n'était pas soutenable », a-t-il admis, tout en refusant de désigner Pablo Longoria comme seul responsable. « Est-ce que c'est la faute de Longoria ? Je ne sais pas. »
Cette reconnaissance publique des erreurs passées contraste avec les déclarations de Medhi Benatia, ancien directeur du football de l’OM. Dans un entretien accordé à France Football il y a quelques semaines, il avait contesté l’idée selon laquelle il serait responsable de la situation financière actuelle. « Pour ceux contents d'écrire que c'est Benatia qui a laissé l'OM dans cette situation financière, avec 15 joueurs sur 23 à vendre, j'y suis pour quoi ? Les 35 mouvements par mercato, ça existait avant mon arrivée », avait-il souligné, rappelant que les dysfonctionnements dataient d’avant son arrivée.
« Que des coups de poker avec l’argent des autres. Et ça c’est quand même terrible. Que McCourt n'a pas eu la lucidité de dire : "Stop ! À un moment vous faites n’importe quoi". »
— Christophe Dugarry, dans « Rothen s’enflamme » sur RMC Sport
Une crise financière aux conséquences sportives immédiates
Les conséquences de cette gestion se font déjà sentir sur le terrain. Avec une masse salariale réduite de moitié et un effectif vidé de ses joueurs clés, l’OM aborde la nouvelle saison en Ligue 1 avec un effectif rajeuni et peu expérimenté. Bruno Genesio, nouvel entraîneur, a d’ailleurs frôlé le « point de rupture » cet été face à l’ampleur de la tâche. Côté recrutement, le club n’a enregistré aucun mouvement entrant, une première depuis des années pour un club de cette envergure.
La situation financière de l’OM est d’autant plus préoccupante que le club phocéen, malgré ses investissements passés, peine à rivaliser avec les autres géants européens. Les ventes massives de joueurs cet été — 15 joueurs sur 23 — illustrent l’urgence à rétablir l’équilibre, sans pour autant garantir une stabilité durable.
La question reste entière : une gouvernance plus rigoureuse et une politique de recrutement plus mesurée permettront-elles de sortir durablement le club de cette impasse ? Les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir sportif et financier de l’Olympique de Marseille.
La nouvelle direction, dirigée par Stéphane Richard, a réduit la masse salariale de moitié et vendu 15 joueurs cet été pour tenter d’équilibrer les comptes. Elle a également reconnu un modèle économique « non soutenable » basé sur des recrutements coûteux et des salaires surévalués, promettant une refonte complète de la politique sportive et financière.
Christophe Dugarry reproche à Frank McCourt de ne pas avoir freiné une politique sportive qu’il jugeait risquée, notamment en autorisant une accumulation de transferts coûteux et incohérents. Selon lui, le propriétaire américain aurait dû « dire stop » face à une stratégie fondée sur des « coups de poker avec l’argent des autres ».