Selon nos confrères d'Euronews FR, le concurrent russe de Starlink vient de subir un nouveau revers technique majeur. Aucun des 16 satellites lancés par Moscou le 19 juillet dans le cadre de son programme Rassvet n’a atteint l’orbite opérationnelle prévue. L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) s’appuie sur les données du traqueur de satellites N2YO pour confirmer cette situation.
Ce qu'il faut retenir
- Les 16 satellites Rassvet lancés le 19 juillet 2026 n’ont pas atteint l’orbite prévue à 870 km, se situant entre 300 et 400 km d’altitude.
- Au moins deux satellites pourraient effectuer une rentrée atmosphérique, tandis que les autres subissent une dégradation accélérée de leur durée de vie.
- Les forces russes disposent déjà de 12 satellites fonctionnels à 550 km, offrant deux fenêtres quotidiennes de connectivité en Ukraine.
- Depuis février 2022, le conflit a fait 16 874 morts et 51 173 blessés parmi les civils ukrainiens, selon la HRMMU.
- L’Ukraine cible désormais l’infrastructure spatiale russe, comme en témoignent les frappes contre le Centre spatial Progress et le cosmodrome de Plessetsk en août 2026.
Un lancement raté aux conséquences opérationnelles limitées
Le 19 juillet dernier, Moscou a tenté de déployer 16 nouveaux satellites Rassvet, conçus pour concurrencer Starlink dans la conduite des frappes russes en Ukraine. Aucun de ces engins n’a atteint l’altitude opérationnelle de 870 km, comme le révèle l’ISW dans un rapport daté du 1er septembre 2026. La plupart évoluent entre 300 et 400 km, soit bien en deçà des attentes russes. Deux d’entre eux semblent même condamnés à une rentrée atmosphérique imminente.
À cette altitude, la résistance atmosphérique accélère la consommation de carburant et réduit la durée de vie des satellites. Même s’ils se stabilisent, leur efficacité opérationnelle sera fortement compromise. Pour Moscou, l’enjeu est double : compenser la perte d’accès à Starlink, dont les terminaux illégalement utilisés par les forces russes ont été désactivés début 2026 via un système de « liste blanche » mis en place par Kiev et SpaceX.
Une constellation Rassvet déjà partiellement opérationnelle
Malgré ce nouvel échec, le programme Rassvet n’est pas totalement à l’arrêt. Sur les 16 satellites lancés le 24 mars 2026, 12 ont atteint une orbite stable à 550 km et fournissent déjà aux forces russes deux plages quotidiennes de connectivité. Ces fenêtres, d’une durée totale pouvant atteindre 90 minutes, permettent de guider drones et missiles sur le territoire ukrainien. Un atout non négligeable, alors que la guerre s’intensifie.
L’ISW souligne toutefois que la Russie pourrait faire face à des retards supplémentaires. « La Russie n’était peut-être pas prête à accélérer le déploiement de la constellation à ce rythme », indique le rapport. Les satellites déjà en orbite pourraient néanmoins suffire à améliorer la précision des frappes russes, sans nécessiter une constellation pleinement opérationnelle.
Des objectifs encore lointains pour Moscou
Pour assurer une couverture stable, le Kremlin estime avoir besoin de 200 à 250 satellites en orbite. Un objectif difficile à atteindre, selon Serhii Beskrestnov, alors conseiller du ministre ukrainien de la Défense, qui déclarait fin mai que Moscou peinait à dépasser les 37,5 % de satellites Rassvet ayant atteint une altitude opérationnelle durable. Le rapport de l’ISW pointe du doigt la dépendance russe au lanceur Soyouz-2.1b, un engin coûteux et rare. Depuis 2022, la Russie n’a effectué que six à huit lancements de ce type, limitant fortement ses capacités de déploiement.
Bureau 1440, l’entreprise aérospatiale russe en charge du programme, évoque néanmoins « des dizaines » de nouveaux lancements à venir pour mettre en orbite plusieurs centaines de satellites supplémentaires. Une ambition qui contraste avec les réalités industrielles et logistiques actuelles.
L’Ukraine contre-attaque sur le front spatial
Face à cette menace persistante, Kiev a décidé de frapper au cœur de l’infrastructure russe. Dans la nuit du 14 au 15 août 2026, les forces ukrainiennes ont visé le Centre spatial de fusées Progress, principal producteur des lanceurs Soyouz. Une semaine plus tard, le 23 août, une frappe a été tentée contre le cosmodrome de Plessetsk, d’où sont lancés les satellites Rassvet. Ces attaques visaient également un Soyouz-2.1b censé emporter un satellite GLONASS-K1, alternative russe au GPS, deux jours après la tentative de frappe.
Pour l’ISW, ces actions menacent directement la capacité de la Russie à déployer sa constellation. « Elles affectent non seulement l’offre et la production limitées de lanceurs, mais aussi l’infrastructure de lancement nécessaire pour placer des satellites en orbite », peut-on lire dans le rapport. Une stratégie qui pourrait, à terme, réduire l’efficacité des frappes russes en Ukraine.
Le conflit, désormais entré dans sa cinquième année, illustre l’importance croissante de l’espace dans les stratégies de guerre modernes. Tant que les lancements Rassvet échoueront à atteindre leurs objectifs initiaux, la Russie devra composer avec des moyens limités pour guider ses frappes. Une situation qui, selon les experts, ne suffira pas à inverser le cours des opérations sur le terrain.
À 870 km d’altitude, les satellites Rassvet pourraient offrir une couverture stable et durable, essentielle pour guider avec précision drones et missiles sur de longues distances. À 300-400 km, leur durée de vie est réduite en raison de la résistance atmosphérique, et leur fenêtre de connectivité se limite à quelques minutes par orbite, ce qui limite fortement leur utilité opérationnelle.