On sait depuis plusieurs années que les appareils électroniques hors d’usage renferment des quantités non négligeables d’or, mais les méthodes traditionnelles de récupération, souvent artisanales et basées sur l’utilisation d’acides concentrés, présentent des risques majeurs pour la santé des opérateurs et pour l’environnement. Selon Journal du Geek, une solution innovante pourrait désormais contourner ces écueils en s’appuyant sur un sous-produit inattendu : le lactosérum, un résidu de la fabrication fromagère.
Ce qu’il faut retenir
- Les déchets électroniques contiennent des quantités significatives d’or, mais leur extraction par des méthodes artisanales pose des problèmes sanitaires et écologiques.
- Une équipe de chercheurs propose d’utiliser le lactosérum, un déchet de l’industrie fromagère, pour extraire l’or des cartes mères et composants électroniques.
- Cette méthode permettrait de réduire l’usage d’acides dangereux tout en valorisant un sous-produit industriel souvent jeté.
- Les premiers tests en laboratoire montrent une efficacité prometteuse, mais des défis logistiques restent à surmonter avant une application industrielle.
Une méthode respectueuse de l’environnement pour récupérer l’or des déchets électroniques
Chaque année, des millions de tonnes de déchets électroniques sont générées dans le monde, contenant selon les estimations entre 250 et 350 tonnes d’or par an, selon l’Université des Nations unies. Pourtant, seulement 15 à 20 % de ces déchets sont recyclés, le reste étant souvent enfoui ou incinéré, ce qui entraîne une perte de ressources précieuses et une pollution des sols et des eaux. Les méthodes actuelles d’extraction de l’or reposent majoritairement sur l’utilisation de cyanure ou d’acides forts comme l’eau régale, des procédés toxiques et difficiles à mettre en œuvre en toute sécurité, surtout dans des contextes informels ou peu réglementés. D’après Journal du Geek, une équipe de scientifiques a mis au point une alternative moins nocive en s’appuyant sur le lactosérum, un liquide résiduel issu de la fabrication du fromage, riche en protéines et en composés capables de fixer l’or.
Le lactosérum, une piste prometteuse mais encore expérimentale
Le lactosérum, souvent considéré comme un déchet par l’industrie fromagère, pourrait ainsi devenir une matière première stratégique. Dans une étude publiée en 2025, des chercheurs ont démontré que des nanoparticules d’or présentes dans des cartes mères broyées pouvaient être extraites efficacement en utilisant une solution à base de lactosérum, chauffée à une température contrôlée. Les résultats, publiés dans la revue Green Chemistry, indiquent un taux de récupération de l’or de 90 % dans des conditions optimales, sans recourir à des produits chimiques dangereux. « Cette méthode offre un double avantage : elle réduit la toxicité des procédés d’extraction tout en valorisant un sous-produit laitier », a expliqué le Dr. Anna Kowalski, auteure principale de l’étude, lors d’un entretien avec Journal du Geek. — Autant dire que cette approche pourrait révolutionner le recyclage des déchets électroniques, surtout dans les pays où l’accès aux technologies de pointe est limité.
Des défis logistiques et économiques à surmonter
Malgré son potentiel, cette innovation se heurte à plusieurs obstacles. D’abord, la collecte et le traitement du lactosérum nécessitent une logistique adaptée, car ce sous-produit est souvent produit en petites quantités et dispersé géographiquement. Ensuite, l’industrie électronique, habituée à des procédés standardisés, pourrait se montrer réticente à adopter une méthode aussi différente, d’autant que les coûts de mise à l’échelle restent à évaluer. Selon les projections, une unité pilote pourrait voir le jour d’ici 2027, mais son déploiement à grande échelle dépendra de la capacité des acteurs du recyclage à s’adapter. « Le principal frein n’est pas technique, mais économique », a précisé un porte-parole du projet, cité par Journal du Geek. — Reste à savoir si les recycleurs seront prêts à investir dans cette nouvelle filière, alors que les méthodes traditionnelles restent dominantes.
Cette avancée rappelle que les solutions aux problèmes environnementaux peuvent parfois émerger de domaines inattendus. En transformant un déchet fromager en outil de recyclage high-tech, les chercheurs ouvrent une piste qui pourrait, à terme, réduire la dépendance aux procédés toxiques tout en donnant une seconde vie à des ressources précieuses.
Le lactosérum contient des protéines et des peptides capables de se lier aux nanoparticules d’or. En chauffant la solution, ces composés forment des complexes stables avec l’or, facilitant sa séparation des autres matériaux présents dans les déchets électroniques. Cette méthode évite l’utilisation d’acides ou de cyanure, réduisant ainsi les risques toxiques.