Alors que les débats sur l’avenir du système de retraites en France s’intensifient à moins d’un an de la présidentielle de 2027, une voix s’élève pour remettre en cause l’architecture actuelle. Prisca Thévenot, députée Renaissance (ex-LREM) et membre du groupe « Ensemble pour la République », a réaffirmé lors d’un passage médiatique la nécessité d’une refonte profonde du système, et non d’une simple adaptation.

Selon nos confrères de BFM – Politique, la parlementaire a estimé que « « Il faut changer complètement notre système » ». Une déclaration qui s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes autour de la question des retraites, alors que plusieurs rapports parlementaires et propositions gouvernementales ont déjà été présentés ces dernières années, sans aboutir à une réforme consensuelle.

Ce qu'il faut retenir

  • Prisca Thévenot, députée Renaissance, a jugé nécessaire de réformer en profondeur le système de retraites français.
  • La déclaration s’inscrit dans un débat en cours depuis plusieurs années, marqué par l’absence de consensus politique.
  • La présidentielle de 2027 pourrait relancer les discussions, dans un contexte où la gauche et l’extrême droite proposent leurs propres modèles.
  • Le système actuel repose sur le principe de la répartition, avec des ajustements réguliers, mais sans remise en cause structurelle depuis des décennies.
  • La députée n’a pas détaillé les modalités de cette refonte, mais son intervention relance le débat sur la viabilité à long terme du modèle français.

Un système à bout de souffle ?

Les critiques sur le système de retraites français ne datent pas d’hier. Avec un âge légal de départ fixé à 62 ans et un système de calcul des pensions basé sur le nombre de trimestres cotisés, le modèle est régulièrement pointé du doigt pour son manque de durabilité financière. Les projections démographiques, marquées par un vieillissement de la population et un ratio actifs/retraités en baisse, soulèvent des interrogations sur l’équilibre des comptes.

Prisca Thévenot, qui n’a pas précisé si sa proposition impliquait un passage à un système par capitalisation ou une autre forme de réforme, a simplement indiqué que l’architecture actuelle devait être « complètement changée ». Une prise de position qui tranche avec les ajustements marginaux discutés jusqu’ici, comme l’allongement progressif de la durée de cotisation ou le report de l’âge légal.

Le débat politique s’enflamme à l’approche de 2027

La question des retraites figure parmi les sujets les plus clivants de la vie politique française, et la présidentielle de 2027 n’échappera pas à cette règle. Plusieurs forces politiques ont déjà dévoilé leurs intentions. À gauche, François Ruffin (LFI) et d’autres élus écologistes ou socialistes prônent le retour à un âge légal de 60 ans, assorti de mesures pour les carrières longues ou les métiers pénibles. À l’inverse, Dominique de Villepin, figure de l’opposition, a récemment défendu l’idée d’inscrire la neutralité carbone dans la Constitution d’ici 2050, mais sans proposer de réforme spécifique sur les retraites.

Du côté de la majorité présidentielle, le gouvernement n’a pas encore officialisé de nouvelle proposition, malgré les discussions en cours au sein de la majorité. Emmanuel Macron avait engagé une réforme en 2023, reportée en raison des mouvements sociaux, mais celle-ci portait davantage sur des ajustements techniques que sur une refonte globale. L’intervention de Prisca Thévenot pourrait donc relancer le débat sur une remise à plat du système, au risque de raviver les tensions sociales.

Quelles pistes pour une refonte ?

Les options pour une refonte complète du système de retraites sont multiples, mais chacune comporte des risques politiques et sociaux. Plusieurs économistes plaident pour un mélange de mesures :

  • Un relèvement progressif de l’âge légal, couplé à des incitations pour les carrières longues.
  • L’introduction d’un volet par capitalisation, comme en Suède ou aux Pays-Bas, pour diversifier les sources de financement.
  • Une harmonisation des régimes spéciaux, souvent pointés du doigt pour leur coût élevé.
  • Une prise en compte accrue des inégalités entre hommes et femmes, dont les carrières sont souvent marquées par des interruptions.

Pourtant, comme le rappelle Prisca Thévenot, « changer complètement le système » suppose aussi de convaincre les Français, attachés à un modèle qui garantit une relative sécurité financière pour les retraités. Bref, le chantier s’annonce aussi technique que politique.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient être décisifs. D’ici la fin de l’année 2026, plusieurs rapports parlementaires ou gouvernementaux devraient être rendus publics, tandis que les partis politiques affineront leurs propositions en vue de la présidentielle. Une chose est sûre : le système actuel, déjà fragilisé par les réformes partielles des dernières décennies, ne pourra plus être sauvé par des ajustements cosmétiques. Reste à savoir si une majorité politique émergera pour porter une refonte ambitieuse, ou si le statu quo l’emportera une fois de plus.

En attendant, le débat sur les retraites reste un marqueur fort de la campagne à venir. Les électeurs devraient y être confrontés dès les primaires, puis lors des débats télévisés de 2027. Pour Prisca Thévenot et ses partisans, il est temps d’en finir avec les demi-mesures. Pour ses détracteurs, au contraire, une refonte radicale pourrait aggraver les inégalités et fragiliser davantage les plus modestes. L’équation, on le voit, est loin d’être simple.

Le système français est régulièrement critiqué pour son manque de pérennité financière, avec un ratio actifs/retraités en baisse en raison du vieillissement démographique. Les régimes spéciaux, coûteux et jugés inéquitables, ainsi que l’absence de prise en compte suffisante des carrières incomplètes (notamment pour les femmes), sont aussi pointés du doigt. Enfin, le système repose sur un équilibre fragile entre cotisations et pensions, sensible aux aléas économiques.