Le tribunal correctionnel de Paris a rendu, mardi 7 juillet 2026, son verdict dans l’affaire opposant David G., un animateur de centre de loisirs, à neuf enfants de maternelle qui l’accusaient d’agressions sexuelles. Contre toute attente, le tribunal a relaxé l’homme de ces accusations, ne le condamnant qu’à une peine pour harcèlement sexuel commis sur deux de ses collègues.
Selon Libération, cette décision a plongé les familles des enfants concernés dans l’incompréhension, voire le choc.
Ce qu'il faut retenir
- Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict mardi 7 juillet 2026, relaxant David G. des faits d’agressions sexuelles dénoncés par neuf enfants de maternelle.
- L’accusé a en revanche été condamné pour harcèlement sexuel sur deux de ses collègues.
- Les familles des enfants, à l’origine des accusations, ont exprimé leur stupeur après cette décision.
- Les enfants avaient initialement témoigné avoir été victimes d’agressions sexuelles de la part de l’animateur, alors qu’ils fréquentaient le même centre de loisirs.
- La défense avait plaidé l’absence de crédibilité des témoignages des enfants, évoquant des déclarations influencées par des pressions parentales.
Une affaire remontant à plusieurs années
L’enquête avait été ouverte après que les parents de neuf enfants, tous scolarisés dans le même établissement de maternelle à Paris, avaient signalé des comportements suspects de la part de David G., alors animateur dans leur centre de loisirs. Les enfants avaient décrit, lors d’auditions, des gestes et des propos à caractère sexuel commis par l’homme à leur encontre, entre 2022 et 2023. Certains avaient évoqué des attouchements, tandis que d’autres parlaient de pressions psychologiques.
Les investigations menées par les forces de l’ordre et la justice avaient conduit à l’inculpation de David G. pour agressions sexuelles sur mineurs en mars 2025. Pourtant, après plusieurs mois de procédure et une instruction approfondie, le tribunal a finalement retenu uniquement les faits de harcèlement sexuel sur deux collègues, pour lesquels il a écopé d’une amende.
Des témoignages sous influence, selon la défense
Lors du procès, qui s’est tenu en juin et juillet 2026, la défense de David G. a mis en avant un argument central : les enfants auraient menti ou exagéré leurs déclarations sous la pression de leurs parents. L’avocat de l’accusé a insisté sur le fait que les enfants, âgés de 4 à 6 ans au moment des faits présumés, avaient été influencés par leurs familles, soucieuses de protéger leurs progénitures.
« Les enfants ont parlé pour satisfaire leurs parents », a affirmé l’avocat lors de sa plaidoirie, citant des expertises psychologiques présentées par la défense. Ces dernières suggéraient que les mineurs avaient pu être conditionnés par des questions répétées ou des interprétations erronées de leur part.
Les familles dénoncent un « manque de crédibilité » de la justice
Côté parties civiles, l’émotion est vive. Plusieurs parents ont exprimé leur colère et leur incompréhension face à la décision du tribunal, qu’ils jugent « incomplète » et « injuste ». « On a l’impression que la parole des enfants ne compte pas face à celle d’un adulte », a déclaré une mère de famille à l’issue du procès. D’autres familles ont annoncé leur intention de faire appel, estimant que la justice n’a pas pris en compte la gravité des faits dénoncés.
Un père, dont l’enfant faisait partie des plaignants, a souligné : « Les enfants ont décrit des scènes précises, répétitives. Comment croire qu’ils aient pu tout inventer ? » La défense, elle, maintient que les témoignages des enfants étaient trop vagues pour être pris au sérieux, évoquant des « incohérences » dans leurs déclarations.
Une question persiste : dans quelle mesure la parole des enfants est-elle prise au sérieux dans les procédures judiciaires, quand bien même leur parole a été recueillie et analysée par des professionnels ?
Les familles ont annoncé leur intention de faire appel de la décision du tribunal correctionnel de Paris. Elles pourraient déposer un recours devant la cour d’appel dans les six mois à venir, espérant obtenir une révision du procès et une condamnation pour les faits d’agressions sexuelles initialement retenus.