À peine neuf jours après la finale de la Coupe du monde 2026 remportée par l’Espagne contre l’Argentine (1-0 après prolongation) au MetLife Stadium de New Jersey, le président de la Fifa Gianni Infantino a déclenché une tempête dans le monde du football. Selon Le Figaro, le milliardaire italo-suisse a révélé mardi 28 juillet un projet visant à ouvrir le capital de l’organisation à des investisseurs privés via la création d’une société commerciale baptisée Fifa Forward Entreprise (FFE). Une initiative présentée comme un moyen de « libérer le potentiel commercial » de l’institution, mais qui soulève déjà des critiques virulentes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 28 juillet 2026, la Fifa a annoncé vouloir vendre des parts minoritaires du Mondial à des investisseurs privés via la société Fifa Forward Entreprise (FFE).
  • Cette proposition, révélée par le Times, est perçue par de nombreux acteurs comme une « mise en vente » de la Coupe du monde.
  • L’UEFA menace à l’unanimité de boycotter les Coupes du monde si le projet aboutit, selon plusieurs médias européens.
  • Le gouvernement français a convoqué une réunion d’urgence des instances européennes du football pour discuter de ce plan.
  • Le projet intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par l’ingérence politique de figures comme Donald Trump, proche allié d’Infantino.

Un projet présenté comme une révolution commerciale

Lors d’un discours tenu en amont de la finale de la Coupe du monde 2026, Gianni Infantino avait esquissé sa vision d’un football « libéré de ses chaînes », promettant de « maximiser les revenus » de la Fifa. Quelques heures après les propos tenus par l’Italien, le Times révélait l’ampleur du dispositif : la création d’une société commerciale, la FFE, permettrait à des « investisseurs de long terme » d’acquérir des parts minoritaires. Ces actionnaires pourraient ensuite percevoir une partie des bénéfices générés par l’organisation des compétitions, à commencer par la Coupe du monde.

Dès l’annonce officielle, les réactions ne se sont pas fait attendre. Pour ses détracteurs, le projet ressemble à une privatisation déguisée du tournoi le plus prestigieux du football mondial. « C’est une mise en vente de la Coupe du monde », résumait un responsable européen sous couvert d’anonymat, cité par Le Figaro. La Fifa, de son côté, justifie cette démarche par la nécessité de « moderniser » ses sources de financement et d’accélérer ses investissements dans le développement du football.

L’UEFA et les fédérations européennes en première ligne

L’Union des associations européennes de football (UEFA) est en première ligne pour dénoncer ce qu’elle considère comme une atteinte aux valeurs du sport. Lors d’une réunion exceptionnelle, les dirigeants européens ont menacé à l’unanimité de boycotter les Coupes du monde si le projet de la Fifa aboutissait. Une position ferme, relayée par plusieurs médias, qui pourrait prendre la forme d’un retrait des clubs et des sélections des compétitions organisées par la Fifa à partir de 2028.

La menace est d’autant plus sérieuse qu’elle intervient dans un contexte de tensions déjà fortes entre la Fifa et les fédérations européennes. Ces dernières reprochent à Infantino ses liens étroits avec des figures politiques controversées, comme l’ancien président américain Donald Trump. Le Figaro rappelle que l’Italien a souvent affiché son soutien à l’homme d’affaires, allant jusqu’à le qualifier de « stratège » dans un discours public, malgré les polémiques entourant son mandat.

Les États aussi s’emparent du dossier

Le gouvernement français, par la voix de la ministre des Sports, a annoncé la tenue d’une réunion d’urgence des instances européennes du football pour « évaluer les conséquences » du projet. Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de coordonner une réponse au niveau continental, alors que d’autres pays, comme l’Allemagne et l’Italie, ont également fait part de leur inquiétude. Les discussions devraient porter sur les risques juridiques et financiers liés à une ouverture du capital de la Fifa, mais aussi sur les implications pour les fédérations nationales.

Pour les observateurs, l’enjeu dépasse la simple question commerciale. Il touche à l’identité même du football, souvent présenté comme un sport « du peuple », financé par des revenus partagés entre toutes les nations. L’idée que des fonds d’investissement privés puissent influencer l’attribution des Coupes du monde ou orienter les décisions stratégiques de la Fifa alimente les craintes d’une dérive élitiste du sport le plus populaire au monde.

« C’est une vente à la découpe du patrimoine collectif du football. La Fifa joue avec le feu en ouvrant ainsi son capital. »
Un responsable de l’UEFA, sous couvert d’anonymat

Quelles suites pour le projet de la Fifa ?

La Fifa a jusqu’à présent minimisé les critiques, affirmant que les investisseurs ne pourront détenir qu’une minorité des parts et que leur participation restera encadrée. Pourtant, les incertitudes persistent quant à l’avenir du projet. Plusieurs scénarios sont envisagés : un retrait pur et simple du plan, une modification de ses modalités, ou une adoption progressive malgré les oppositions.

Une chose est sûre : la bataille ne fait que commencer. Les prochaines semaines seront décisives, avec notamment la tenue de l’assemblée générale de la Fifa prévue en décembre 2026. D’ici là, les fédérations nationales, les ligues professionnelles et les gouvernements devront trancher : faut-il accepter une évolution du modèle économique du football, quitte à en modifier profondément les équilibres ?

Et maintenant ?

Plusieurs réunions d’urgence sont prévues au cours du mois d’août entre les instances européennes du football, tandis que des discussions informelles pourraient avoir lieu en marge des compétitions de qualification pour la Coupe du monde 2030. La Fifa, de son côté, a indiqué qu’elle « prendrait en compte les remarques » des différentes parties prenantes avant de finaliser son projet. Reste à savoir si les menaces de boycott de l’UEFA et des fédérations nationales suffiront à faire reculer Gianni Infantino.

Ce dossier laisse en suspens plusieurs questions majeures : les investisseurs privés pourront-ils réellement influencer l’attribution des compétitions ? Comment les revenus générés seront-ils répartis entre les différentes nations ? Enfin, le football parviendra-t-il à concilier modernisation économique et préservation de ses valeurs traditionnelles ? Autant de réponses que le monde du ballon rond attend avec impatience.

Selon Le Figaro, la Fifa présente ce projet comme un moyen de « libérer le potentiel commercial » de l’organisation et d’accélérer ses investissements dans le développement du football. Les revenus supplémentaires pourraient notamment servir à financer des programmes de formation et des infrastructures dans les pays émergents.

Les opposants au projet craignent une influence accrue des investisseurs privés sur les décisions de la Fifa, notamment concernant l’attribution des Coupes du monde. Une privatisation partielle pourrait aussi réduire la part des revenus redistribués aux fédérations nationales, au détriment des petites nations.