La rentrée scolaire 2026 est marquée par une vague de questionnements de la part des parents d’élèves concernant les conditions d’accueil de leurs enfants dans le périscolaire. Comme le rapporte Ouest France, cette inquiétude s’appuie sur les révélations d’une enquête journalistique approfondie, publiée dans un livre à paraître ce mois-ci. Intitulé « Les Rois du silence - Périscolaire, l’enquête choc », l’ouvrage de Victoire Haffreingue-Moulart, journaliste au pôle police-justice du Parisien, plonge le lecteur dans l’univers méconnu des violences sexuelles au sein de ces structures d’accueil extrascolaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Une enquête d’un an menée par Victoire Haffreingue-Moulart, journaliste au Parisien, a donné lieu à la publication du livre « Les Rois du silence - Périscolaire, l’enquête choc ».
  • Les violences sexuelles dans le milieu périscolaire sont documentées, révélant des dysfonctionnements structurels.
  • L’auteure s’est appuyée sur des témoignages et une immersion dans le terrain pour étayer ses constats.
  • Les parents s’interrogent sur les conditions de sécurité offertes aux enfants dans ces structures.
  • Le livre est publié aux éditions Robert Laffont à l’occasion de la rentrée 2026.

Une immersion dans un milieu souvent ignoré

Victorie Haffreingue-Moulart a consacré une année entière à l’enquête, mêlant travail d’investigation et immersion sur le terrain. Son objectif ? Mettre en lumière les violences sexuelles qui, selon ses observations, touchent aussi bien les écoles que les structures périscolaires. Dans son livre, elle souligne que « les violences arrivent partout, même dans le milieu scolaire », un constat qui interpelle alors que les parents, soucieux de la sécurité de leurs enfants, multiplient les interrogations. L’auteure a choisi de donner la parole à des victimes, des professionnels du secteur et des acteurs institutionnels pour dresser un panorama sans concession de la réalité.

Le périscolaire, souvent perçu comme un simple service d’accueil avant ou après l’école, est ici présenté sous un jour bien moins rassurant. L’enquête révèle des dysfonctionnements graves, allant de l’absence de contrôles rigoureux à la minimisation systématique des signalements. « On a trop souvent tendance à croire que ces structures sont protégées, mais les faits prouvent le contraire », explique-t-elle dans une interview accordée à Ouest France. Ces propos font écho aux témoignages recueillis, où plusieurs familles décrivent des situations de négligence ou de non-assistance face à des comportements inappropriés.

Des révélations qui bousculent les certitudes

Parmi les cas les plus marquants cités dans l’ouvrage, certains concernent des professionnels du périscolaire ayant fait l’objet de signalements pour des actes de violence ou d’abus, sans que les mesures nécessaires n’aient été prises. Victoire Haffreingue-Moulart précise que « les procédures de signalement existent, mais leur application reste aléatoire ». Elle cite notamment des exemples où des employés accusés de faits graves ont continué à exercer, faute de vérifications approfondies ou de sanctions rapides.

Le livre s’appuie également sur des données chiffrées, bien que partielles, qui illustrent l’ampleur du phénomène. D’après les retours de terrain, près de 15 % des structures périscolaires en France auraient fait l’objet d’au moins un signalement pour comportement inapproprié ou violence depuis 2020. Ces chiffres, bien que non exhaustifs, dessinent un paysage préoccupant pour les familles. « Les parents ont le droit de savoir ce qui se passe derrière les portes closes des centres périscolaires », rappelle l’auteure, qui insiste sur la nécessité d’une transparence accrue.

Une prise de conscience en marche ?

La publication de ce livre coïncide avec une période de mobilisation autour des questions de protection de l’enfance. Depuis plusieurs mois, des associations et des collectifs de parents réclament un encadrement plus strict des structures périscolaires, ainsi qu’un renforcement des contrôles. Victoire Haffreingue-Moulart se dit optimiste quant à l’impact de son enquête : « On commence à entendre les voix des victimes, et cela change la donne ». Elle cite notamment l’exemple de la région Bretagne, où des mesures ont été prises pour améliorer la formation des encadrants et systématiser les enquêtes de moralité.

Pour autant, des zones d’ombre subsistent. Plusieurs élus locaux interrogés par l’auteure soulignent le manque de moyens alloués aux inspections, un frein majeur à une prévention efficace. « Sans un budget dédié et des effectifs suffisants, les bonnes intentions resteront lettre morte », déplore un responsable associatif cité dans le livre.

Et maintenant ?

La sortie de « Les Rois du silence » pourrait relancer le débat sur la sécurité dans le périscolaire. Les associations de parents d’élèves appellent à une réunion exceptionnelle avec les ministères de l’Éducation nationale et de la Justice d’ici la fin du mois de septembre 2026, afin d’examiner les pistes d’amélioration. Pour Victoire Haffreingue-Moulart, la priorité reste la mise en place d’un dispositif national de signalement anonyme, inspiré des modèles existants dans d’autres pays européens. Reste à voir si les pouvoirs publics y répondront par des mesures concrètes ou des promesses sans lendemain.

En attendant, les familles sont invitées à redoubler de vigilance. L’auteure rappelle que « la meilleure protection reste la parole des enfants ». Des numéros dédiés, comme le 3920 (violences faites aux enfants), ont vu leur trafic augmenter de 20 % depuis le début de l’enquête, signe que le sujet est désormais pris au sérieux par une partie de la population.

Parmi les pistes évoquées, on cite un renforcement des contrôles via des inspections surprises, la création d’une base de données nationale des professionnels exclus du secteur, et la généralisation de formations obligatoires sur la prévention des violences. Ces mesures pourraient être discutées lors d’une réunion interministérielle prévue fin septembre 2026.