Chaque année, la rentrée scolaire s’accompagne pour les enfants d’un mélange d’excitation et d’appréhension, parfois difficile à gérer. Selon Le Figaro, Becky Kennedy, psychologue clinicienne diplômée de l’université de Columbia et auteure du best-seller mondial Good Inside (traduit en français sous le titre Parents attentifs), propose des pistes concrètes pour aider les parents à accompagner leur enfant lors de cette journée chargée d’émotions. Dans une vidéo publiée sur son compte Instagram le 15 août 2026, elle partage trois phrases clés à utiliser avant, pendant et après la séparation.

Ce qu'il faut retenir

  • Les enfants s’appuient sur la réaction de leurs parents pour évaluer leur propre niveau de stress ou de sérénité en période de rentrée scolaire.
  • Becky Kennedy recommande trois phrases précises à utiliser à des moments précis de la journée.
  • Reconnaître la difficulté sans l’amplifier, comme le suggère la psychologue, aide l’enfant à mieux traverser l’épreuve.
  • Les parents ne doivent pas hésiter à verbaliser leur propre confiance en leur enfant, qui en a besoin pour se rassurer.
  • À la sortie de l’école, il est préférable de laisser l’enfant décompresser plutôt que de l’interroger immédiatement.

Une journée de rentrée entre excitation et stress

Pour certains enfants, la rentrée est une fête : l’occasion de retrouver ses amis, de raconter ses vacances ou de découvrir une nouvelle classe. Pour d’autres, c’est une source d’angoisse, liée à la peur de l’inconnu, des nouveaux enseignants ou même de la cantine. Le Figaro rappelle que cette journée, souvent présentée comme un passage obligé, reste un moment charnière où l’enfant observe la réaction de ses parents pour jauger l’importance de ses propres émotions. Une dynamique que la psychologue américaine Becky Kennedy a analysée dans une vidéo diffusée le 15 août 2026.

Dans son intervention, elle insiste sur le rôle clé du parent dans la transmission de cette confiance. « Les enfants ne savent pas encore s’ils sont bons à l’école. Ils le découvrent en vous regardant, en empruntant la confiance que vous avez en eux », explique-t-elle. Autant dire que les mots choisis par les adultes ce jour-là peuvent peser plus lourd que tout autre encouragement.

Avant de partir : une phrase pour insuffler la confiance

La première étape se joue à la maison, avant même que l’enfant ne franchisse le seuil de l’école. Becky Kennedy conseille d’utiliser une phrase simple, mais dont la portée est essentielle : « Ça va être une super année scolaire pour toi. Je le sais, c’est tout. » Selon la spécialiste, ces mots transmettent à l’enfant une certitude rassurante. Ils lui rappellent que l’adulte croit en sa capacité à réussir, une notion qui n’est pas encore acquise dans son esprit. « Partagez cette confiance avec eux », souligne la psychologue.

Cette recommandation prend tout son sens lorsque l’on considère que les enfants de moins de 10 ans, particulièrement sensibles aux émotions de leurs parents, s’appuient sur ces signaux pour construire leur propre sentiment de sécurité. Autrement dit, une phrase anodine peut devenir un ancrage précieux dans une journée où tout est nouveau.

Au moment de la séparation : reconnaître sans dramatiser

Le passage le plus redouté de la journée reste souvent la séparation devant le portail ou dans la cour de l’école. Pour Becky Kennedy, l’enjeu est double : nommer la difficulté vécue par l’enfant tout en évitant de l’amplifier. Elle propose ainsi une formule adaptée : « C’est le moment le plus difficile, je sais. Tu peux le faire. »

Cette approche, qui consiste à valider l’émotion sans la minimiser ni la transformer en catastrophe, permet à l’enfant de se sentir compris. La psychologue précise que cette reconnaissance de la difficulté – « difficile, oui, mais pas insurmontable » – aide l’enfant à relativiser sans nier son ressenti. Une subtile ligne de conduite que les parents peuvent difficilement improviser sans s’y être préparés.

À la sortie : le silence comme réponse

Une fois l’école terminée, le réflexe de beaucoup de parents est d’interroger leur enfant sur sa journée : « Comment était ton enseignant ? As-tu mangé à la cantine ? As-tu des nouveaux copains ? » Pourtant, Becky Kennedy recommande une attitude bien différente. Elle suggère de saluer son enfant avec une phrase qui, en apparence, semble anodine mais qui est en réalité fondamentale : « Je suis tellement contente de te voir. »

Surtout, la psychologue insiste sur un point souvent négligé : après avoir prononcé ces mots, il faut se taire. « C’est essentiel, arrêtez de parler. Gardez toutes vos questions pour plus tard, dans quelques heures. Laissez simplement votre enfant décompresser. » Cette recommandation s’appuie sur l’idée que l’enfant a besoin de temps pour évacuer le stress accumulé, sans être immédiatement soumis à un interrogatoire. Bref, la patience devient ici un outil d’apaisement.

Pour les parents aussi : l’autorisation de ne pas être parfait

Becky Kennedy ne s’adresse pas uniquement aux enfants. Elle rappelle également aux parents qu’il est normal de ne pas toujours se sentir parfaitement serein face à cette journée de rentrée. Selon ses observations, la pression parentale peut parfois aggraver celle de l’enfant. Autant dire que se donner le droit à l’imperfection est déjà une forme de soutien pour toute la famille.

Cette nuance est d’autant plus importante que les attentes sociales autour de la réussite scolaire pèsent souvent sur les épaules des parents. En validant leur propre droit à l’erreur, Becky Kennedy invite à une approche plus humaine et moins culpabilisante de la rentrée.

Et maintenant ?

À l’approche de la rentrée des classes, prévue chaque année début septembre, les conseils de Becky Kennedy pourraient inspirer des ateliers ou des formations pour les parents. Plusieurs associations spécialisées dans la petite enfance ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt pour intégrer ces recommandations dans leurs programmes. Reste à voir si ces bonnes pratiques se diffuseront largement dans les mois à venir, notamment via les réseaux sociaux ou les publications grand public.

En attendant, une chose est sûre : la rentrée scolaire reste un moment unique, où le lien entre parent et enfant peut être renforcé par quelques mots bien choisis. Et si l’école ne s’arrête pas après le 1er septembre, l’accompagnement émotionnel, lui, devrait se poursuivre bien au-delà.

Selon Le Figaro, Becky Kennedy explique que les enfants construisent leur perception de la rentrée scolaire en observant leurs parents. Les trois phrases proposées – avant le départ, au moment de la séparation et à la sortie de l’école – agissent comme des repères émotionnels. La première insuffle de la confiance, la seconde reconnaît la difficulté sans l’amplifier, et la troisième offre un espace de décompression. Ensemble, elles permettent de créer un cadre rassurant pour l’enfant.