Plusieurs grands groupes, dont Ubisoft et Deloitte, ont récemment annoncé leur intention de revenir sur les modalités du télétravail telles qu’elles étaient appliquées jusqu’ici. Cette remise en cause intervient alors que le travail à distance reste perçu comme une solution privilégiée face aux contraintes climatiques ou sécuritaires, selon nos confères de Ouest France.

Le mécontentement des salariés pourrait, dans certains cas, se traduire par des départs en cascade. Une situation qui interroge : ces entreprises ne jouent-elles pas, sans le vouloir, contre leurs propres intérêts ?

Ce qu'il faut retenir

  • Les entreprises Ubisoft et Deloitte figurent parmi celles qui souhaitent durcir les règles du télétravail.
  • Le retour en arrière pourrait provoquer un vent de contestation parmi les employés.
  • Le télétravail reste une solution privilégiée en cas de fortes chaleurs ou de menaces sécuritaires.
  • Un durcissement des règles pourrait entraîner des démissions massives.
  • La question du télétravail est devenue un sujet central dans les négociations sociales.

Des géants de l’industrie et du conseil en première ligne

Le géant du jeu vidéo Ubisoft et le cabinet de conseil Deloitte font partie des entreprises qui ont récemment fait part de leur volonté de réviser les accords actuels en matière de télétravail. Cette évolution s’inscrit dans un contexte où la pratique était jusqu’alors largement plébiscitée par les salariés.

Selon les dernières données disponibles, près de 30 % des actifs français travaillaient à distance au moins deux jours par semaine avant cette annonce. Une tendance qui s’était encore renforcée depuis la crise sanitaire de 2020, transformant durablement les attentes des travailleurs en matière d’organisation professionnelle.

Le télétravail, une solution face aux aléas climatiques et sécuritaires

Alors que certaines entreprises cherchent à restreindre cette modalité, elle reste mobilisée comme une solution d’urgence. Les fortes chaleurs, par exemple, ont conduit de nombreux employeurs à autoriser le télétravail ponctuel pour préserver la santé des salariés. C’est notamment le cas lors des épisodes caniculaires estivaux, où la température dans les open spaces peut devenir difficilement supportable.

Les risques sécuritaires, qu’ils soient liés à des grèves, des attentats ou des crises sanitaires, constituent un autre motif récurrent d’activation du télétravail. Dans ces circonstances, il permet de garantir la continuité de l’activité tout en assurant la sécurité des employés.

Des salariés prêts à démissionner plutôt qu’à renoncer à leur flexibilité

Le retour à un modèle plus rigide pourrait bien se heurter à une résistance farouche. Selon une enquête interne menée par Deloitte en 2026, près de 40 % des collaborateurs interrogés ont indiqué qu’ils étaient prêts à quitter l’entreprise en cas de suppression du télétravail.

Les syndicats et les représentants du personnel ont d’ailleurs saisi cette opportunité pour alerter sur les risques d’un tel revirement. «

Les salariés ont intégré cette flexibilité comme un acquis. Leur en retirer brutalement l’accès reviendrait à saboter la relation de confiance avec l’employeur
», a expliqué Sophie Moreau, déléguée syndicale CFDT chez Deloitte. Une position qui reflète le malaise grandissant au sein des entreprises engagées dans cette voie.

Un équilibre à trouver entre exigences managériales et attentes des salariés

Pour les employeurs, la difficulté réside dans la conciliation entre leurs propres contraintes opérationnelles et les nouvelles aspirations des travailleurs. Les entreprises qui imposent un retour massif au bureau sans compromis risquent de se priver d’un levier essentiel en matière de recrutement et de rétention des talents.

Côté salariés, la question dépasse désormais le simple cadre du confort. Elle touche à la santé mentale, à l’équilibre vie professionnelle-vie privée, et même à la productivité. Plusieurs études récentes ont montré que le télétravail, lorsqu’il est bien encadré, pouvait améliorer la performance individuelle tout en réduisant l’absentéisme.

Et maintenant ?

Plusieurs rendez-vous sociaux sont attendus dans les prochains mois pour tenter d’apaiser les tensions. Les négociations en cours chez Ubisoft et Deloitte pourraient servir de test pour l’ensemble du secteur privé. D’ici la fin de l’année 2026, les premières conclusions de ces discussions devraient permettre d’éclairer la voie à suivre pour les autres entreprises envisagent un revirement similaire.

Reste à voir si les employeurs parviendront à trouver un terrain d’entente avec leurs salariés, ou si cette crise ne fera qu’accélérer une tendance de fond vers une réduction drastique des effectifs en présentiel.

Si la question divise, une chose est sûre : le télétravail n’est plus une option, mais un paramètre central des relations de travail en France.

Les secteurs de l’industrie, du conseil et des services, notamment ceux où la présence physique est traditionnellement requise, sont les plus concernés. Les entreprises comme Ubisoft (jeux vidéo) ou Deloitte (conseil) figurent parmi les premières à avoir annoncé un durcissement des règles.