Alors que le débat sur l’équilibre du système de retraites s’intensifie à l’approche du projet de budget 2027, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a dévoilé mardi 1er septembre 2026 ses intentions concernant la majoration de pension pour les parents de trois enfants ou plus. Selon nos confrères du Figaro, il souhaite réformer ce dispositif afin qu’il profite davantage aux mères, dont les pensions restent en moyenne inférieures à celles des hommes.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte où les inégalités persistantes entre les retraites masculines et féminines alimentent les discussions sur la justice sociale au sein du système de protection sociale. Le gouvernement, qui prépare activement le budget de la Sécurité sociale pour l’année prochaine, mise sur cette mesure pour corriger un déséquilibre jugé structurel.
Ce qu'il faut retenir
- Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, propose de réformer la majoration de pension de 10 % accordée aux parents de trois enfants ou plus pour mieux cibler les mères.
- Actuellement, cette majoration profite autant aux pères qu’aux mères, mais comme les pensions des femmes sont en moyenne plus basses, les hommes perçoivent les deux tiers des sommes versées.
- L’objectif affiché n’est pas une économie, mais une meilleure répartition de l’effort de solidarité en faveur des femmes, notamment celles aux carrières incomplètes ou aux petites retraites.
- Les arbitrages définitifs sur cette réforme ne sont pas encore rendus, et la mesure devra être débattue au Parlement dans le cadre du projet de loi de finances.
Une mesure pour corriger les inégalités structurelles
En prenant la parole sur Franceinfo TV, Jean-Pierre Farandou a souligné un paradoxe : « Comme la pension des hommes est supérieure à la pension des femmes en moyenne, en fait un enfant rapporte plus pour un homme que pour une femme. Ce n’est pas normal ». Selon lui, cette situation reflète une injustice dans la répartition des droits familiaux, d’autant que les carrières féminines sont plus souvent marquées par des interruptions ou des temps partiels.
D’après le cabinet du ministre, la majoration pour enfants, aujourd’hui universelle, avantage de fait davantage les pères, qui perçoivent 66 % des sommes versées au titre de ce dispositif. Les mères, dont les pensions sont globalement plus faibles, bénéficient pourtant du même nombre de droits. « Les hommes captent aujourd’hui les deux tiers de l’effort de solidarité du système de retraite envers les familles nombreuses », a précisé un conseiller du ministre.
Justice sociale plutôt qu’économies : l’argumentaire gouvernemental
Le gouvernement insiste sur le fait que cette réforme n’a pas pour but de réduire les dépenses, mais de mieux orienter les fonds publics. « L’objectif n’est pas de faire des économies, mais de mieux orienter l’effort vers celles qui en ont le plus besoin : les petites retraites et les carrières hachées », a expliqué un membre du cabinet de Jean-Pierre Farandou. La priorité serait donc donnée aux femmes aux revenus les plus modestes, dont les droits à la retraite sont souvent réduits en raison de périodes de chômage ou de travail à temps partiel.
Cette proposition s’inscrit dans une logique plus large de reconnaissance de la parentalité, souvent portée par des associations féministes. En ciblant les mères, le gouvernement entend aussi envoyer un signal fort sur la nécessité de mieux prendre en compte le travail domestique non rémunéré, qui pèse encore majoritairement sur les femmes.
D’autres sujets sensibles en suspens
Le débat sur les retraites ne se limite pas à la question de la majoration pour enfants. Toujours selon nos confrères du Figaro, la possibilité de désindexer les pensions de l’inflation, régulièrement évoquée pour réduire le déficit de la Sécurité sociale, reste un sujet ouvert. « Rien n’est tranché, rien n’est arrêté », a reconnu Jean-Pierre Farandou. La mesure, qui consisterait à geler ou ralentir l’indexation des pensions, devra être discutée au Parlement, où les positions risquent d’être divisées.
Par ailleurs, le ministre a rejeté d’un revers de main les propositions visant à rapprocher le salaire net du brut en réduisant les cotisations sociales. Une idée avancée notamment par Édouard Philippe, candidat à l’élection présidentielle et figure d’Horizons. « Tout le monde y va de sa proposition, salaire brut, salaire net, c’est l’argent magique, on a trouvé, il n’y a qu’à baisser les cotisations... », a-t-il ironisé. Pour lui, cette approche occulte la réalité financière : « Ce n’est pas si simple de réduire les cotisations, il faut regarder tout cela avec beaucoup d’attention. Et de toute façon, il faudra bien trouver qui paye par la fiscalité l’équivalent des sommes qu’on aura réduites ».
Une baisse de deux points des cotisations sociales sur le salaire brut, par exemple, rapporterait 30 euros net à un salarié au Smic, mais coûterait entre 10 et 15 euros supplémentaires en TVA pour le même travailleur. « On voit bien qu’il n’y a pas d’argent magique, ce sont des masses (financières) considérables », a-t-il conclu, rappelant que toute mesure de ce type aurait un impact budgétaire lourd à assumer.
En attendant, le gouvernement devra concilier ses ambitions de justice sociale avec les contraintes économiques, dans un contexte où le vieillissement de la population et les déséquilibres démographiques pèsent déjà lourdement sur les comptes des régimes de retraite.
La majoration de 10 % est accordée aux parents ayant élevé au moins trois enfants, quel que soit leur sexe. Elle s’ajoute au montant de la pension de retraite. Selon le cabinet du ministre du Travail, elle bénéficie aujourd’hui à un nombre équivalent de pères et de mères, mais comme les pensions des femmes sont en moyenne plus basses, les hommes perçoivent les deux tiers des sommes versées.
Si la réforme est adoptée, les mères aux petites retraites ou aux carrières incomplètes pourraient voir leur pension augmenter plus significativement que les pères. L’objectif affiché est de mieux reconnaître l’impact de la parentalité sur les carrières féminines, souvent marquées par des interruptions ou des temps partiels. Aucune estimation chiffrée n’a encore été communiquée par le gouvernement.