À partir de ce mercredi 3 septembre 2026, la chaîne Arte diffuse en France la série espagnole en six épisodes « Les Secrets de la Saint-Jean », selon nos confrères de Courrier International. Réalisée par Quim Vives, cette production explore sans fard les thèmes de l’amitié adolescente, de la tradition catalane des castells et des violences sexistes au sein d’une communauté soudée. Le récit, qui s’inspire de faits réels, s’ouvre sur une soirée de fête qui bascule dans le drame.
L’histoire suit trois jeunes Catalans d’environ treize ans – Pol, Steven et Manuela –, amis inséparables et membres d’une association locale dédiée aux castells. Ces constructions humaines spectaculaires, emblèmes de la culture catalane, rythment leur quotidien et celui de leur entourage. Mais lors de la nuit de la Sant Joan, célébration estivale du solstice d’été, un événement va profondément ébranler cette micro-société.
Ce qu'il faut retenir
- Trois protagonistes âgés d’une quinzaine d’années, Pol, Steven et Manuela, sont au cœur de l’intrigue, aux côtés de leur association de castells en Catalogne.
- L’intrigue prend pour cadre la nuit de la Sant Joan, fête traditionnelle catalane célébrant le solstice d’été, où se mêlent castells et réjouissances collectives.
- Un signalement sur les réseaux sociaux révèle une agression sexuelle commise lors de cette soirée par trois garçons de l’association sur une adolescente du groupe.
- La série, diffusée sur Arte à partir du 3 septembre 2026 et déjà disponible en streaming, s’inscrit dans la lignée de productions comme « Adolescence », explorant les violences sexistes et sexuelles chez les jeunes.
- Les castells, au-delà de leur dimension festive, symbolisent l’ancrage culturel catalan et servent de toile de fond à cette confrontation avec la réalité des violences sexuelles.
- Cette fiction interroge les mécanismes de silence et de complicité au sein d’une communauté soudée par une pratique traditionnelle.
Des adolescents catalans liés par une tradition millénaire
Pol, Steven et Manuela incarnent la jeunesse catalane d’aujourd’hui, unis par une passion commune : l’art des castells. Chaque semaine, ils se retrouvent avec d’autres membres de leur association pour s’entraîner à ériger ces tours humaines, moment fort d’une pratique où la confiance et la cohésion d’équipe sont essentielles. Comme le souligne Courrier International, ces adolescents, âgés d’une quinzaine d’années, évoluent dans un environnement où la tradition catalane – les castells – côtoie les dynamiques sociales et les enjeux générationnels.
Le local de leur association devient bien plus qu’un lieu d’entraînement : c’est un espace de socialisation, où se croisent familles, voisins et enfants. La nuit de la Sant Joan, célébrée chaque 23 juin, transforme cette communauté en scène festive. Les castells, performés sous les étoiles, s’accompagnent de chants, de danses et de moments de convivialité. Mais c’est précisément lors de cette soirée, censée célébrer l’unité, que le drame va éclater.
L’alerte sur les réseaux sociaux et ses répercussions
Quelques jours après la fête, une adolescente brise le silence en publiant un message sur les réseaux sociaux : « Une fille de mon groupe a été victime d’une agression sexuelle lors de la nuit de Sant Joan, par trois garçons de l’association. » Ce témoignage, relayé en quelques heures, éclabousse l’ensemble de la communauté. Les trois amis au cœur de l’intrigue – Pol, Steven et Manuela – se retrouvent soudainement pris dans une tourmente médiatique et morale.
Selon nos confrères de Courrier International, cette révélation place les protagonistes face à un dilemme : rester fidèles à leur groupe, malgré l’horreur des faits, ou prendre position publiquement. La série explore ainsi les tensions entre loyauté envers ses pairs et devoir de solidarité envers une victime. Le récit s’inscrit dans une veine réaliste, proche des séries britanniques comme « Adolescence », qui aborde elle aussi les violences sexistes chez les adolescents.
Une fiction ancrée dans les enjeux sociétaux contemporains
« Les Secrets de la Saint-Jean » ne se contente pas de raconter une histoire personnelle : elle offre un miroir tendu vers les mécanismes de déni et de complicité qui entourent les violences sexuelles, notamment lorsqu’elles sont commises au sein de communautés soudées. Comme le rapporte Courrier International, la série questionne la manière dont une société – même réduite à une association locale – réagit face à une telle révélation. Faut-il protéger l’image du groupe ? Taire l’affaire pour préserver les traditions ? Ou, au contraire, briser l’omerta pour garantir justice et prévention ?
Le choix de situer l’intrigue en Catalogne, région marquée par un fort sentiment identitaire et des traditions collectives, n’est pas anodin. Les castells, classés au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2010, incarnent une fierté régionale qui peut, paradoxalement, étouffer les voix des victimes. La série interroge ainsi le poids des normes culturelles dans la gestion des violences sexuelles, un sujet particulièrement sensible dans les sociétés où l’honneur collectif prime souvent sur la parole individuelle.
Cette fiction arrive à un moment où les questions de consentement et de protection des mineurs sont au cœur des préoccupations sociétales, notamment après des affaires judiciaires impliquant des associations ou des institutions. Elle pourrait ainsi contribuer à une prise de conscience collective, bien au-delà des frontières catalanes.
La nuit de la Sant Joan, célébrée le 23 juin, est un moment fort de la culture catalane où se mêlent traditions païennes et festives. Dans la série, elle représente l’apogée de la cohésion communautaire, ce qui rend d’autant plus choquant l’éclatement du drame. Le contraste entre la joie collective et l’horreur individuelle sert de révélateur aux tensions internes du groupe.
Courrier International indique que le scénario s’inspire de témoignages et de dynamiques réelles, bien que les personnages et l’intrigue soient fictifs. La révélation d’une agression sexuelle lors d’une fête traditionnelle n’est malheureusement pas un cas isolé, ce qui confère une dimension documentaire à la fiction.