Alors que le cinéma mondial traverse une crise sans précédent depuis 2019, la France organise dès lundi 7 septembre à Saint-Paul-de-Vence un sommet inédit baptisé « Sommet Lumière ». Selon Franceinfo - Politique, cet événement rassemblera quelque 200 représentants de 65 pays, dont les dirigeants des plus grandes majors hollywoodiennes, des plateformes de streaming, des salles de cinéma et des acteurs du cinéma indépendant. L’objectif affiché : trouver des réponses « concrètes » aux bouleversements qui fragilisent une industrie en pleine mutation.
Ce qu'il faut retenir
- 65 pays représentés, avec des acteurs majeurs des États-Unis, de Corée du Sud, du Mexique, d’Afrique du Sud et d’Australie
- Une chute de 40 % de la fréquentation des salles depuis 2019, selon le CNC
- Des discussions sur l’intelligence artificielle, le financement et les coproductions internationales
- Une délégation américaine attendue, malgré les tensions commerciales avec l’administration Trump
- Une « initiative majeure » en faveur du cinéma indépendant, soutenue par Pedro Almodóvar, Juliette Binoche ou encore Isabelle Huppert
Présidé conjointement par le président français Emmanuel Macron et son homologue sud-coréen Lee Jae-myung, ce sommet se tiendra à la Fondation Maeght, un lieu emblématique de l’art moderne et contemporain situé dans les Alpes-Maritimes. Annoncé fin juillet par l’Élysée, l’événement s’inspire du format du Forum économique mondial de Davos, mais adapté au 7e art. « Ce n’est pas le sommet de l’ancien monde », a souligné le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), coorganisateur de la manifestation avec la présidence française. « C’est bien un sommet qui intègre l’ensemble de la chaîne de valeur, des acteurs historiques comme les nouveaux. »
La crise que traverse actuellement l’industrie cinématographique est multiforme. D’un côté, la fréquentation des salles a chuté de 40 % depuis 2019, selon les chiffres du CNC. Pourtant, certains blockbusters comme *Spider-Man* ou *L’Odyssée* ont connu un succès notable cet été. De l’autre, les modèles économiques traditionnels sont mis à mal par l’émergence de plateformes gratuites comme YouTube, TikTok ou Instagram, qui captent une partie croissante des audiences. « Aujourd’hui, c’est l’ensemble des modèles premium, cinéma, télévision, jeux vidéo, qui sont concurrencés par des modèles low cost », explique le CNC.
Une industrie en quête de nouveaux équilibres
Parmi les sujets qui seront abordés lors de ce sommet, la question de la création à l’ère des ruptures technologiques occupera une place centrale. L’intelligence artificielle, notamment, suscite à la fois des opportunités et des craintes dans le secteur. Les participants devront également se pencher sur le financement du cinéma, les moyens d’accélérer les coproductions internationales, l’avenir des salles de cinéma et la situation du cinéma indépendant. « Il est peut-être temps d’avoir une réponse qui soit le fait d’une démarche partagée et d’imaginer une nouvelle gouvernance globale de la filière, un multilatéralisme du cinéma », a déclaré Gaëtan Bruel, président du CNC.
Le secrétaire général du sommet, Vincent Florant, a promis des « annonces concrètes », notamment dans le domaine économique. Parmi les pistes évoquées : le rapatriement de tournages internationaux en France et la mise en place de nouveaux partenariats stratégiques. Une « initiative majeure » en faveur du cinéma indépendant devrait également être dévoilée, avec le soutien de plusieurs pays et de grandes figures du 7e art. Parmi les personnalités citées figurent Pedro Almodóvar, Juliette Binoche, Isabelle Huppert, ainsi que plusieurs réalisateurs récompensés par la Palme d’or, dont Jafar Panahi, Ruben Östlund et les frères Dardenne.
Hollywood et les tensions géopolitiques sous les projecteurs
La délégation américaine, attendue en nombre, constituera l’un des temps forts de ce sommet. Des dirigeants d’Universal, Sony et Netflix figurent parmi les participants. Leur présence intervient alors que Hollywood traverse une crise profonde, aggravée par les menaces de l’administration Trump de taxer massivement les productions étrangères. « La France entend profiter de ce sommet pour forger de nouvelles alliances et renforcer la coopération internationale dans le secteur », indique-t-on à l’Élysée. Paris mise sur son rôle de troisième marché mondial du cinéma, derrière la Chine et les États-Unis, pour peser dans les discussions.
La France met en avant sa position unique en Europe : les films français représentent 40 % de la fréquentation des salles dans l’Hexagone, une part « sans équivalent sur le continent ». Avec ce sommet, Paris entend rappeler son influence dans un secteur en pleine recomposition. « Il s’agit de montrer que la France reste un acteur clé, capable de fédérer autour d’enjeux communs », explique un conseiller de l’Élysée.
Le sommet s’annonce donc comme une plateforme de dialogue entre les différents acteurs d’une industrie en crise. « Ce n’est pas le sommet de l’ancien monde », rappelle le CNC. « C’est bien un sommet qui intègre l’ensemble de la chaîne de valeur, des acteurs historiques comme les nouveaux. » Une occasion, peut-être, de poser les bases d’une nouvelle organisation internationale du cinéma.
Pour conclure, ce Sommet Lumière intervient à un moment charnière pour le cinéma mondial. Entre crise des salles, montée en puissance des plateformes numériques et défis technologiques, l’industrie a plus que jamais besoin de trouver des réponses communes. À Saint-Paul-de-Vence, les dirigeants du secteur auront deux jours pour tenter de dessiner les contours d’un avenir encore incertain.
Comme le Forum économique mondial, le Sommet Lumière rassemble des décideurs politiques et économiques pour discuter des grands enjeux d’une industrie. La comparaison vient de son ambition : aborder des sujets structurels (financement, gouvernance, innovation) plutôt que des questions purement artistiques ou techniques. L’objectif est de proposer des solutions collectives à une crise qui dépasse les frontières nationales.