Dans l’Union européenne, le tabagisme reste un enjeu majeur de santé publique, malgré des avancées notables. Selon Euronews FR, en 2025, 16 % des personnes âgées de 16 ans ou plus fumaient ou utilisaient quotidiennement des produits dérivés, tels que les cigarettes électroniques ou les sachets de nicotine. Ces chiffres, issus d’Eurostat, confirment une légère baisse par rapport à 2022, où 22,2 % des hommes et 13,1 % des femmes déclaraient fumer quotidiennement.
Ce qu'il faut retenir
- En 2025, 16 % des Européens de plus de 16 ans consomment quotidiennement du tabac ou des produits associés, selon Eurostat.
- 20,8 % des hommes et 12,6 % des femmes déclarent fumer quotidiennement, soit une baisse par rapport à 2022.
- Le tabac est responsable de 71 % des décès par cancer du poumon chez les hommes et de 46 % chez les femmes dans l’UE.
- Les pays où la consommation est la plus élevée sont la Bulgarie (26,3 %), la Suède (23,9 %) et la Croatie (23,6 %).
- Seuls 80 % des Européens citent les maladies cardiaques parmi les risques liés au tabac, et moins encore connaissent ceux liés au tabac passif.
Une consommation en recul, mais toujours préoccupante
Le recul du tabagisme en Europe est une réalité, mais il reste lent. Entre 2022 et 2025, la proportion de fumeurs quotidiens a diminué dans 17 pays de l’UE. Cette baisse est particulièrement marquée en Espagne et au Luxembourg, où le taux a chuté de plusieurs points. À l’inverse, la Croatie et la Lituanie ont enregistré les plus fortes hausses.
Malgré ces évolutions, le tabac reste la première cause évitable de mortalité dans l’Union. Chaque année, 1,1 million de décès lui sont imputables en Europe, dont 153 000 liés au tabagisme passif, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les conséquences sanitaires du tabac ne se limitent pas au cancer du poumon. 71 % des décès par cancer du poumon chez les hommes et 46 % chez les femmes sont directement liés à cette consommation.
Les hommes davantage touchés que les femmes, mais des écarts qui se réduisent
Les hommes restent plus nombreux à fumer quotidiennement que les femmes, avec des taux respectifs de 20,8 % et 12,6 % en 2025. Ces chiffres marquent une légère diminution par rapport à 2022, où 22,2 % des hommes et 13,1 % des femmes fumaient quotidiennement. L’écart entre les sexes se réduit donc progressivement, même si les hommes restent plus exposés aux risques liés au tabac.
Les différences de consommation s’observent également selon les tranches d’âge. Les 35-49 ans sont les plus concernés, avec un taux de 21,3 % d’utilisateurs quotidiens de tabac ou de produits apparentés. Ils sont suivis de près par les 25-34 ans (19,9 %) et les 50-64 ans (19,8 %). Les jeunes adultes et les seniors sont donc les populations les plus exposées, même si la consommation reste répandue dans toutes les tranches d’âge.
La Bulgarie et la Suède en tête des pays où l’on fume le plus
La consommation de tabac varie fortement d’un pays à l’autre au sein de l’UE. Les taux les plus élevés sont observés en Bulgarie (26,3 %), en Suède (23,9 %) et en Croatie (23,6 %). Ces trois pays affichent des proportions bien supérieures à la moyenne européenne. À l’inverse, les Pays-Bas (9,9 %), l’Irlande (11,7 %), la Belgique (13,6 %) et le Luxembourg (13,8 %) enregistrent les taux les plus bas.
Cette disparité s’explique en partie par les politiques nationales de lutte contre le tabac. Certains pays, comme l’Irlande ou les Pays-Bas, ont mis en place des mesures strictes, tandis que d’autres, comme la Bulgarie ou la Croatie, peinent à réduire la consommation. Seuls 17 pays de l’UE ont vu leur taux de fumeurs quotidiens diminuer entre 2022 et 2025, preuve que les progrès restent inégaux.
Les Européens connaissent-ils vraiment les risques du tabagisme ?
Malgré des décennies de campagnes de sensibilisation, la connaissance des risques liés au tabac reste inégale dans la population. Selon une étude publiée dans la revue médicale BMJ Open, plus de 90 % des Européens savent que le tabagisme peut provoquer un cancer du poumon. En revanche, seulement 80 % citent les maladies cardiaques parmi les risques, et une part encore plus faible est consciente des dangers du tabac passif ou des AVC.
Les disparités sont également géographiques. Aux Pays-Bas, la proportion de personnes conscientes du lien entre tabac et cancer du poumon a fortement augmenté, tandis qu’elle a reculé en Allemagne, en France et en Roumanie. Ces écarts soulignent l’importance de cibler les campagnes de prévention en fonction des publics et des pays.
Des mesures européennes pour réduire la consommation à moins de 5 % d’ici 2040
Face à l’ampleur des conséquences sanitaires, l’Union européenne a adopté des mesures ambitieuses pour réduire la consommation de tabac. L’objectif est clair : atteindre une « génération sans tabac » d’ici 2040, avec un taux de fumeurs quotidiens inférieur à 5 % de la population. Cet objectif s’inscrit dans le cadre du plan européen « Vaincre le cancer », lancé pour lutter contre cette maladie, dont le tabac est l’une des principales causes.
Parmi les mesures envisagées figurent l’extension des zones non-fumeurs, l’augmentation des taxes sur les produits du tabac, et le renforcement des avertissements sanitaires sur les paquets. Cependant, la mise en œuvre de ces politiques varie selon les États membres, ce qui limite leur efficacité globale.
Pour les experts, la clé réside dans un renforcement des campagnes de prévention ciblées et une harmonisation des mesures entre États membres. L’objectif de 2040 est ambitieux, mais les résultats dépendront de la volonté politique et de l’engagement de chaque pays dans cette lutte.
Selon Eurostat, en 2025, les produits les plus consommés quotidiennement en Europe sont les cigarettes classiques, suivies des cigarettes électroniques et des sachets de nicotine. Ces trois catégories représentent l’essentiel de la consommation quotidienne de tabac et de produits apparentés.