Selon Futura Sciences, une étude récente montre que le tour de taille pourrait se révéler presque aussi efficace que des méthodes bien plus complexes pour détecter un excès de graisse corporelle et identifier certains risques pour la santé. Alors que l’indice de masse corporelle (IMC) reste la mesure la plus couramment utilisée, les chercheurs soulignent que cette approche ne suffit pas à elle seule à refléter fidèlement l’état de santé d’une personne.
Comme le rapporte Futura Sciences, en France, près d’un adulte sur deux est en surpoids ou obèse, un phénomène qui ne cesse de s’aggraver à l’échelle mondiale. Face à ce constat, une équipe de chercheurs du Rutgers Health-RWJBarnabas Health Center for Climate, Health, and Healthcare a comparé différentes méthodes de mesure de l’obésité afin d’en déterminer la fiabilité et la simplicité d’application.
Ce qu'il faut retenir
- En France, 17 % des adultes sont obèses, soit plus de 8 millions de personnes, et 30 % sont en surpoids, selon les données disponibles.
- Le tour de taille seul offre une sensibilité comparable à l’association IMC/tour de taille pour détecter les risques liés à l’obésité, d’après l’étude publiée dans JAMA Network.
- L’IMC utilisé isolément est le moins précis des indicateurs évalués, avec une sensibilité de 51,3 %, contre 87,7 % pour la méthode combinant plusieurs critères.
- La méthode de référence, l’absorptiométrie biphotonique à rayons X (DEXA), bien que précise, reste inapplicable en routine médicale.
- Une personne sur huit dans le monde est obèse, un chiffre qui souligne l’urgence de disposer d’outils de dépistage accessibles.
L’obésité, un fléau aux conséquences sous-estimées
L’obésité est aujourd’hui reconnue comme un facteur de risque majeur pour de nombreuses maladies chroniques, dont le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, les AVC et certains cancers. Pourtant, son évaluation reste souvent approximative. Selon nos confrères de Futura Sciences, l’indice de masse corporelle (IMC), calculé en divisant le poids par le carré de la taille, ne permet pas de distinguer la masse grasse de la masse musculaire ou osseuse. Pire, il ne tient pas compte de la localisation des graisses, un critère pourtant déterminant pour la santé.
Les experts de la The Lancet Diabetes & Endocrinology Commission on Obesity recommandent d’intégrer plusieurs indicateurs pour une évaluation plus fine : l’IMC, le tour de taille, le rapport tour de taille/taille (RTT) et le rapport tour de taille/tour de hanches (RTH). Cependant, cette approche multiplie les mesures et complexifie le diagnostic en pratique clinique courante.
Le tour de taille, un outil simple et efficace
Pour déterminer quelle méthode est à la fois la plus fiable et la plus pratique, les chercheurs ont analysé les données de 1 900 adultes américains âgés de 20 à 59 ans, issues de la National Health and Nutrition Examination Survey. Leurs résultats, publiés dans JAMA Network, révèlent que le tour de taille seul présente une sensibilité de 76 %, presque équivalente à celle de l’association IMC/tour de taille (78,9 %).
« Nos résultats montrent qu’il n’est pas nécessaire d’effectuer de multiples mesures complexes pour identifier les risques pour la santé liés à l’obésité », a déclaré Aayush Visaria, auteur principal de l’étude et chercheur au Rutgers Health-RWJBarnabas Health Center. « La mesure du tour de taille fournit une grande partie des informations nécessaires et est réalisable tant pour les cliniciens que pour les patients. » Cette simplicité pourrait s’avérer déterminante dans le cadre des soins primaires, où le temps et les ressources sont souvent limités.
L’IMC, un indicateur dépassé ?
L’étude met en lumière les limites de l’IMC, qui ne permet d’identifier qu’une partie des personnes souffrant d’obésité fondée sur la masse grasse. « L’IMC ne tient pas pleinement compte des différences de composition corporelle ou de la localisation du stockage des graisses », précise Aayush Visaria. Autrement dit, une personne musclée peut être classée en surpoids, tandis qu’une autre, avec un ventre proéminent, peut avoir un IMC normal et pourtant présenter des risques élevés pour sa santé.
Les chercheurs rappellent que la graisse viscérale, accumulée au niveau abdominal, est particulièrement nocive. Elle est associée à un risque accru de mortalité toutes causes confondues, comme l’a confirmé une méta-analyse récente. Pour les auteurs de l’étude, « prêter attention au besoin de desserrer sa ceinture ou d’acheter des pantalons d’une taille supérieure » peut constituer un signe avant-coureur utile, même si cette observation ne remplace pas une mesure précise.
Des recommandations cliniques en évolution
Le tour de taille est déjà reconnu dans certaines recommandations médicales, mais il reste sous-utilisé en pratique courante. Contrairement au tour de hanches, plus rarement mesuré, le tour de taille est simple à relever et ne nécessite qu’un mètre ruban. Cette méthode s’inscrit dans une tendance plus large visant à simplifier le diagnostic des risques métaboliques, notamment face à l’augmentation constante des cas d’obésité.
En France, où près de 50 % des adultes sont concernés par le surpoids ou l’obésité, cette approche pourrait faciliter le dépistage précoce et permettre d’agir plus rapidement pour réduire les risques de complications. Les auteurs de l’étude insistent sur l’importance d’intégrer le tour de taille dans les bilans de santé réguliers, en complément du poids et de la taille.
Cette avancée s’inscrit dans un contexte où la prévention de l’obésité est devenue une priorité de santé publique. Les prochaines étapes pourraient inclure des campagnes de sensibilisation visant à promouvoir cette méthode auprès du grand public, ainsi que des formations pour les professionnels de santé afin d’harmoniser les pratiques.
Pour mesurer son tour de taille, il faut placer un mètre ruban horizontalement autour de l’abdomen, au niveau du nombril, après avoir expiré normalement. La mesure doit être prise sans serrer la peau ni appuyer sur les muscles. Il est recommandé de répéter la mesure à plusieurs reprises pour obtenir une valeur moyenne.