Quatre nouveaux talents français de MMA effectueront leur baptême de feu à l’UFC ce samedi 6 septembre à l’Accor Arena de Paris, selon nos confrères de RMC Sport. Salahdine Parnasse, Matthieu Letho Duclos, Michael Aljarouj et Delphine Benouaich représenteront pour la première fois les couleurs de l’organisation américaine lors de l’UFC Paris 2026. Leur arrivée s’inscrit dans une dynamique de renouvellement de la scène tricolore, alors que Ciryl Gane, Benoît Saint Denis ou encore Nassourdine Imavov ne seront pas au rendez-vous.

Ce qu'il faut retenir

  • Salahdine Parnasse (28 ans, -70 kg) affronte le Néo-Zélandais Dan Hooker, classé dans le top 15 mondial, lors de la soirée principale. Il est le seul à être tête d’affiche de l’événement.
  • Matthieu Letho Duclos (31 ans, -84 kg) tente de se relancer après deux défaites précoces, dont une devant 15 000 spectateurs au Bellator 280 en 2022.
  • Michael Aljarouj (29 ans, -57 kg) arrive invaincu sur sept combats après une victoire controversée requalifiée en no contest en avril 2025.
  • Delphine Benouaich (31 ans, -52 kg) ouvre la carte de la soirée contre Sofia Montenegro. Elle a été repérée lors de la saison 34 de The Ultimate Fighter.

Salahdine Parnasse, la star française qui force l’UFC à s’incliner

Salahdine Parnasse, 28 ans, est le visage médiatique de cette nouvelle génération. Pur produit du MMA français, il a bâti sa réputation au sein du KSW, une organisation européenne majeure où il a remporté les ceintures des -66 kg et -70 kg avant de s’incliner pour celle des -77 kg. Il totalise 23 victoires pour seulement 2 défaites, selon les données disponibles. Son parcours a convaincu l’UFC de lui offrir un contrat exceptionnel pour un débutant : un salaire supérieur à la moyenne, un adversaire classé dans le top 15 (-70 kg) et surtout le statut de tête d’affiche à Bercy. Une première pour un Français en solo dans l’organisation, succédant ainsi à des figures comme Ciryl Gane ou Benoît Saint Denis.

Son combat contre Dan Hooker, un vétéran expérimenté, sera son premier test face à la crème de la division. Les observateurs le voient déjà comme un prétendant sérieux au top 5 mondial, voire à un futur titre de champion des poids légers. Mais à Paris, il devra prouver que sa réputation n’est pas usurpée face à un adversaire rodé à ce niveau de compétition.

Matthieu Letho Duclos, de l’arbitrage clandestin aux lumières de Bercy

Matthieu Letho Duclos, 31 ans, a d’abord été connu du grand public comme arbitre des combats organisés par le YouTubeur IbraTV dans les années 2010. Mais c’est sur le ring qu’il entend désormais se faire un nom. Après un début de carrière professionnel marqué par des échecs précoces, dont une défaite au premier round lors de son premier combat en octobre 2019, il a su rebondir. Son parcours a pris un tournant en mai 2022, lorsqu’il s’est incliné par KO technique dès la première reprise devant 15 000 personnes au Bellator 280 à Bercy. « Mes premières défaites, il y a vraiment des moments où derrière je me suis dit que j’allais me pendre », a-t-il confié au Fighter Club Sunday de RMC Sport. « Après le Bellator, je me suis dit : ‘Tu viens de te faire KO-ter devant presque 15 000 personnes, tu es un sous-homme’. Mais depuis, j’ai appris à rationaliser. »

Recruté par Hexagone MMA fin 2022, il enchaîne quatre victoires avant de remporter la ceinture des -84 kg en février 2024. Son invitation aux Dana White’s Contender Series en août 2024 tourne court : il s’incline face au Brésilien Marco Tulio après avoir été mis KO au second round. Contre toute attente, l’UFC lui offre une seconde chance, non pas via un tournoi, mais directement par un contrat. Son adversaire à Paris, Luis Felipe Dias, a déjà évolué à l’UFC, ce qui lui donnera un aperçu des exigences de l’organisation.

Michael Aljarouj, du chaos de la guerre civile à la cage de l’UFC

L’histoire de Michael Aljarouj, 29 ans, est celle d’une résilience hors norme. Né à Alep, en Syrie, il a fui la guerre civile, les exactions de Daesh et les bombardements avant de quitter son pays en 2013 avec son frère. Arrivé en France comme réfugié, il s’installe à Créteil et découvre les arts martiaux, puis le MMA. Il lance sa carrière professionnelle en 2017 et gravit les échelons malgré un palmarès difficile dans la catégorie des -57 kg, réputée pour sa rudesse.

Son ascension s’accélère en 2024 lorsqu’il signe à Hexagone MMA et remporte le titre des poids mouches dès son premier combat. Cependant, sa deuxième défense de titre tourne au drame : blessé au genou lors de son affrontement contre Romero dos Reis en avril 2025, il perd le combat mais obtient la requalification du résultat en no contest en raison d’une erreur d’arbitrage. Depuis, il reste invaincu sur sept combats. À Paris, il affrontera l’Espagnol Fabia Sintes, champion du WOW, pour son entrée en scène à l’UFC. Son objectif ? Prouver qu’il peut rivaliser avec les meilleurs de la plus petite division de l’organisation.

Delphine Benouaich, la professeure d’EPS qui frappe fort

Delphine Benouaich, 31 ans, incarne une autre forme de parcours : celui d’une athlète tard venue aux sports de combat. Ancienne athlète de bon niveau, elle découvre le muay thaï puis le grappling avant de se tourner vers le MMA à 26 ans. Deux mois plus tard, elle dispute son premier combat amateur. Son talent éclate rapidement : elle remporte une médaille de bronze aux Mondiaux amateurs (IMMAF) en 2022, puis l’argent en 2023, avant de passer professionnelle.

À côté de sa carrière sportive, elle exerce comme professeure d’EPS dans un lycée d’Évry. Son profil séduit les recruteurs de l’UFC lors de la saison 34 de The Ultimate Fighter. Bien qu’elle n’ait pas remporté le tournoi, son combat perdu contre Valesca Machado a marqué les esprits. Son charisme et sa détermination ont convaincu Dana White de lui offrir un contrat. À Paris, elle ouvrira la carte de l’UFC Paris 2026 contre Sofia Montenegro, une Argentine expérimentée. Pour elle, ce sera l’occasion de montrer qu’une Française peut briller dans la plus petite catégorie de poids de l’organisation.

Et maintenant ?

Ces quatre combattants devront confirmer leur statut lors de leurs débuts à l’UFC Paris. Salahdine Parnasse, en tête d’affiche, aura la pression supplémentaire de représenter une génération en quête de reconnaissance. Pour Matthieu Letho Duclos et Michael Aljarouj, l’enjeu sera de prouver qu’ils peuvent rivaliser avec les meilleurs mondiaux. Quant à Delphine Benouaich, son combat pourrait marquer l’émergence d’une nouvelle figure féminine du MMA français. La soirée s’annonce comme un test grandeur nature pour la relève tricolore.

Reste à voir si ces débuts augureront d’une intégration durable dans l’élite de l’UFC ou s’ils resteront des passages éclair. Une chose est sûre : leurs performances à Paris seront scrutées avec attention par les observateurs et les fans, qui espèrent voir émerger de nouveaux visages capables de porter les couleurs de la France au plus haut niveau.

Ciryl Gane, Benoît Saint Denis et Nassourdine Imavov ne seront pas présents à l’UFC Paris 2026. Leur absence s’explique par des raisons contractuelles ou de préparation pour d’autres combats.

Michael Aljarouj a fui la Syrie en 2013 en tant que réfugié avant de s’installer en France. Il a découvert le MMA après son arrivée et a bâti son palmarès malgré un contexte personnel et sportif difficile, notamment dans une catégorie réputée pour sa violence.