Un curé de la paroisse de Paulhaguet, dans la Haute-Loire, a disparu après avoir quitté la France pour Madagascar en mars 2026. Selon Le Figaro, il est soupçonné d’avoir emporté avec lui environ 6 000 euros, principalement issus de dons récoltés lors des quêtes. L’évêché du Puy-en-Velay a confirmé ces informations, évoquant une « faiblesse humaine » tout en renonçant à porter plainte.

Ce qu'il faut retenir

  • Le père Michel, curé de Paulhaguet depuis deux ans, a quitté la France en mars 2026 pour Madagascar et n’est jamais revenu.
  • Il est soupçonné d’avoir détourné environ 6 000 euros de la paroisse, selon les comptes de l’évêché.
  • Des anomalies budgétaires ont été détectées dès le début du mois de mars par des bénévoles en charge des finances.
  • L’évêque, Monseigneur Yves Baumgarten, a convoqué le curé, qui n’a fourni aucune explication satisfaisante avant d’être relevé de ses fonctions.
  • L’évêché a choisi de ne pas porter plainte, évoquant la précarité du prêtre et la difficulté à établir des preuves formelles.

Un départ en congé devenu une disparition

Le père Michel, missionnaire de la communauté Notre-Dame de la Salette, exerçait depuis six ans dans le diocèse du Puy-en-Velay. Il assurait notamment la messe dans plusieurs paroisses rurales de la région, dont celle de Paulhaguet, un village de 850 habitants situé en Haute-Loire, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Son départ pour Madagascar, son pays d’origine, était prévu pour un congé de printemps en mars 2026. Pourtant, une fois sur place, il n’est jamais revenu en France, et les responsables de la paroisse ont rapidement suspecté un détournement de fonds.

Dès le début du mois de mars, des bénévoles en charge de la gestion des comptes de la paroisse de Paulhaguet ont remarqué des anomalies. « On s’est aperçu qu’il y avait des sommes détournées. Les témoignages des comptables nous ont conduits à penser qu’il y avait suffisamment d’éléments qui menaient au père Michel », a expliqué Monseigneur Yves Baumgarten au Figaro.

Une disparition après une convocation infructueuse

Face à ces irrégularités, l’évêque a convoqué le père Michel pour lui demander des explications. « Je lui ai demandé de s’expliquer. Il n’a pas reconnu les faits et ne m’a donné aucune justification satisfaisante », a précisé Monseigneur Baumgarten. Sans attendre, l’évêque a relevé le curé de toutes ses fonctions et lui a interdit de revenir dans le diocèse. Ce dernier contact officiel entre le diocèse et le père Michel remonte à la fin du mois de mars, quelques jours avant son départ pour Madagascar. Depuis, aucune nouvelle ne lui est parvenue.

À son arrivée à Madagascar, le père Michel n’a donné aucun signe de vie à sa hiérarchie. Les responsables de la paroisse de Paulhaguet ont alors réalisé que plusieurs milliers d’euros avaient disparu des caisses. L’évêché du Puy-en-Velay estime à « environ 6 000 euros » le montant détourné, principalement constitué de dons récoltés lors des quêtes.

Un diocèse qui choisit le pardon malgré le détournement

Face à cette situation, l’évêché a fait le choix de ne pas engager de poursuites judiciaires. « Nous n’avons pas porté plainte », a annoncé Monseigneur Yves Baumgarten. « Les preuves étaient compliquées à établir, et nous avons fait un autre choix. Ce prêtre venait d’un pays très pauvre. L’argent liquide peut représenter une tentation. » L’évêque a ajouté que le pardon primait dans ce dossier, malgré la gravité des faits reprochés.

De leur côté, les paroissiens de Paulhaguet ne semblent pas vouloir jeter l’opprobre sur leur ancien curé. Le diacre permanent de la paroisse s’est confié au Figaro : « C’est un prêtre qui a fait beaucoup pour le développement de la paroisse. Les gens sont surtout désolés de son départ. L’argent, ce n’est que de l’argent ! » Les fidèles semblent davantage marqués par l’absence prolongée de leur pasteur que par les sommes détournées.

« Les preuves étaient compliquées à établir, et nous avons fait un autre choix. Ce prêtre venait d’un pays très pauvre. L’argent liquide peut représenter une tentation. »
— Monseigneur Yves Baumgarten, évêque du Puy-en-Velay

Un nouveau curé attendu pour septembre

Malgré cette affaire, la vie de la paroisse de Paulhaguet doit reprendre son cours. L’évêché a d’ores et déjà annoncé qu’un nouveau curé serait nommé pour prendre la relève du père Michel. Sa prise de fonction est prévue pour le 1er septembre 2026. En attendant, les messes et les activités paroissiales continuent d’être assurées par d’autres prêtres du diocèse.

Cette situation rappelle que les détournements de fonds dans les paroisses, bien que rares, peuvent toucher des communautés modestes. Les paroisses rurales, souvent gérées par des bénévoles, peuvent être particulièrement vulnérables face à de telles irrégularités financières.

Et maintenant ?

L’affaire du père Michel soulève des questions sur les dispositifs de contrôle au sein des paroisses, notamment dans les petites structures où les moyens humains et financiers sont limités. L’évêché du Puy-en-Velay pourrait renforcer les procédures de vérification des comptes pour éviter de nouvelles dérives. Pour l’instant, aucune plainte n’a été déposée, et le père Michel reste introuvable. Son retour en France, s’il devait avoir lieu, ne semble pas envisagé à court terme.

Une affaire qui interroge sur la gestion des paroisses

Cette affaire met en lumière les défis liés à la gestion des finances dans les paroisses rurales, où les dons en espèces restent fréquents. Les responsables diocésains pourraient être amenés à réfléchir à des mesures de transparence supplémentaires, comme la digitalisation des comptes ou la mise en place d’audits réguliers. Aucune décision n’a encore été prise à ce stade, mais le diocèse du Puy-en-Velay a confirmé qu’il suivait la situation de près.

Par ailleurs, la disparition du père Michel laisse planer un mystère sur ses motivations réelles. Si l’argent semble avoir joué un rôle dans sa décision, son départ précipité et son silence depuis mars 2026 restent inexpliqués. Les autorités religieuses comme les fidèles de Paulhaguet espèrent désormais un retour à la normale, même si le souvenir de cette affaire pourrait persister dans les esprits.

L’évêque du Puy-en-Velay a justifié ce choix par la difficulté à établir des preuves formelles et par la précarité du père Michel, originaire d’un pays pauvre. Il a évoqué la « faiblesse humaine » et a privilégié une approche compassionnelle plutôt que judiciaire.