La situation à la centrale nucléaire de Zaporijia, située dans le sud de l’Ukraine, pourrait encore se dégrader d’ici à dix jours. Selon nos confrères du Monde, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a alerté samedi sur un risque accru de panne générale d’électricité, faute de rétablissement de l’alimentation externe ou de livraisons supplémentaires de gazole.
Ce qu'il faut retenir
- L’AIEA craint une panne générale d’électricité à Zaporijia dans un délai de dix jours, sans intervention.
- Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a confirmé ce scénario « probable » samedi.
- La centrale dépend actuellement soit de l’alimentation externe, soit de groupes électrogènes fonctionnant au gazole.
- Une interruption prolongée pourrait compromettre la sécurité des installations nucléaires.
Le site de Zaporijia, le plus grand complexe nucléaire d’Europe, est sous contrôle russe depuis mars 2022. Depuis cette date, son exploitation soulève des inquiétudes quant à la sécurité des opérations, notamment en raison des combats à proximité et des tensions persistantes entre les deux pays. Les autorités ukrainiennes et internationales ont régulièrement alerté sur les risques encourus, sans parvenir à une solution pérenne pour sécuriser l’approvisionnement énergétique du site.
Selon Rafael Grossi, « le scénario d’une panne générale est désormais probable si aucune mesure n’est prise rapidement ». Il a précisé que la centrale pourrait se retrouver privée de courant extérieur, ce qui la forcerait à recourir massivement à ses générateurs diesel. Or, ces derniers ne sont pas conçus pour une utilisation prolongée à pleine capacité, ce qui augmenterait significativement les risques d’incident technique ou d’accident.
« Sans rétablissement de l’alimentation électrique externe ou des livraisons supplémentaires de gazole, la situation pourrait devenir critique. »
— Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, samedi 30 août 2026
Les experts de l’AIEA rappellent que la centrale de Zaporijia compte six réacteurs, dont deux sont actuellement en fonctionnement. Une coupure prolongée de l’alimentation électrique pourrait entraîner une surchauffe des réacteurs, une perte de contrôle des systèmes de refroidissement et, in fine, un risque de rejet radioactif. Depuis le début du conflit, plusieurs rapports ont souligné la vulnérabilité de l’infrastructure, sans qu’aucune solution durable n’ait été trouvée pour stabiliser la situation.
Côté ukrainien, le gouvernement de Kiev a multiplié les appels à la communauté internationale pour qu’elle intervienne et garantisse la sécurité de la centrale. « La responsabilité de protéger cette installation incombe à la Russie, qui en a le contrôle, mais aussi à l’ensemble de la communauté internationale », a indiqué un porte-parole du ministère ukrainien de l’Énergie. De son côté, Moscou n’a pas réagi publiquement à ces alertes, se contentant de rappeler que les autorités locales assurent la gestion quotidienne du site.
Ce nouveau signal d’alarme intervient alors que les négociations entre Kiev et Moscou sur la démilitarisation de la zone restent au point mort. Autant dire que le temps presse, à la fois pour les équipes techniques sur place et pour les populations riveraines, qui vivent sous la menace permanente d’un accident nucléaire.
Une panne prolongée priverait la centrale de son système de refroidissement principal. Les réacteurs en fonctionnement pourraient alors surchauffer, entraînant une fusion du cœur, un relâchement de matières radioactives et une contamination environnementale. Les générateurs diesel de secours, conçus pour une utilisation limitée, pourraient tomber en panne faute de carburant ou de maintenance adéquate.