À quelques jours de son soixantième anniversaire, Vincent Cassel incarne à l’écran un personnage aussi inattendu que celui qui a forgé sa légende : Charon, le passeur des Enfers dans Opera!, un film italien réalisé par Davide Livermore et Paolo Gep Cucco, sorti en salles ce mercredi 1er septembre 2026. Selon Le Figaro, l’acteur français a accepté ce rôle pour explorer un univers qui lui était jusqu’ici étranger, celui de l’opéra, tout en rendant hommage à une figure mythologique qui l’a toujours fasciné.
Ce qu'il faut retenir
- À 60 ans, Vincent Cassel endosse le rôle de Charon, le passeur des Enfers, dans Opera!, un film italien en salles depuis le 1er septembre 2026.
- L’acteur a accepté ce projet pour découvrir le milieu de l’opéra, un univers qu’il ne connaissait pas, tout en soulignant son admiration pour ce personnage mythologique.
- Cassel évoque un « rapport assez intime » avec la Descente d’Orphée aux Enfers de Marc-Antoine Charpentier, une œuvre qui a influencé sa décision.
- Le film Opera! marque l’un des rôles les plus atypiques d’une carrière déjà riche de plus de quatre décennies.
Un caméléon à l’écran, entre mythologie et modernité
Sur le tournage d’Opera!, Vincent Cassel a troqué son costume de star internationale contre celui d’un personnage aussi énigmatique que redouté. Charon, figure centrale de la mythologie grecque, guide les âmes vers le royaume d’Hadès. Pour l’acteur, ce rôle représente bien plus qu’un simple détour professionnel : il s’agit d’une immersion dans un univers qu’il a longtemps ignoré. « Je n’ai jamais eu d’affection particulière pour l’opéra, a-t-il expliqué au Figaro. Je ne connais absolument pas cet univers, mais j’ai accepté de tourner dans ce film pour en apprendre davantage et côtoyer ce milieu qui m’était jusqu’ici étranger. » Une démarche qui illustre, une fois de plus, la versatilité dont il a toujours fait preuve.
Ce n’est pas la première fois que Cassel se plonge dans des rôles exigeants, loin des stéréotypes qui ont parfois collé à sa peau. Après avoir marqué les esprits dans La Haine (1995), où son interprétation de Vinz lui avait valu une reconnaissance internationale, il a enchaîné les collaborations avec des réalisateurs de renom, comme Gaspar Noé ou François Ozon. Pourtant, à l’aube de ses 60 ans, c’est vers un personnage aussi ancien que l’humanité elle-même qu’il se tourne aujourd’hui.
L’opéra, un terrain de jeu inattendu
Le choix d’un film centré sur l’opéra peut surprendre, tant le milieu reste associé à une forme de classicisme. Pourtant, selon Le Figaro, Cassel a vu dans ce projet une occasion unique de repousser ses limites. « J’ai un rapport assez intime avec la Descente d’Orphée aux Enfers de Marc-Antoine Charpentier », a-t-il confié. Cette œuvre baroque, composée au XVIIe siècle, raconte le mythe d’Orphée tentant de ramener son épouse Eurydice des Enfers. Un parallèle évident avec le rôle de Charon, qui sépare les vivants des morts.
L’acteur, connu pour son engagement dans des projets ambitieux, a saisi cette opportunité pour explorer un pan culturel qui lui était inconnu. « Je ne connais pas l’opéra, mais j’ai envie d’apprendre », a-t-il souligné. Une approche qui tranche avec l’image d’un cinéma français parfois perçu comme figé dans ses codes. Et si ce rôle marquait le début d’une nouvelle ère pour Cassel ?
Une carrière entre ombres et lumières
Avec plus de quarante ans de carrière, Vincent Cassel a alterné entre rôles cultes et projets plus discrets. Après avoir été la star de La Haine, il a exploré des registres variés, du polar au drame psychologique, en passant par des collaborations internationales. Pourtant, certains observateurs estiment que sa filmographie récente s’est parfois éloignée des sommets qui ont fait sa renommée.
Cassel lui-même semble prendre cette remarque avec philosophie. « Je ne suis pas sûr d’avoir été mon meilleur film, mais je suis heureux de continuer à apprendre », a-t-il déclaré. Une déclaration qui résume bien son état d’esprit : l’important n’est pas tant la reconnaissance que le plaisir de la découverte. À 60 ans, il prouve que le cinéma reste un terrain de jeu infini, même pour ceux qui, comme lui, ont déjà tout connu.
Alors que le cinéma français traverse une période de mutations, avec l’essor des plateformes de streaming et la recherche de nouveaux talents, des profils comme celui de Cassel rappellent l’importance de la diversité des parcours. Reste à savoir si le public suivra ce caméléon dans ses choix les plus audacieux.