Selon Le Figaro, les ventes de voitures électriques neuves ont progressé en août en France, représentant près de quatre immatriculations sur dix dans un marché automobile toujours en difficulté. Cette performance s’inscrit dans un contexte de soutien public accru, notamment via le leasing social, lancé le 16 juillet dernier pour faciliter l’accès aux véhicules électriques pour les ménages modestes.

Ce qu'il faut retenir

  • 38 % des voitures neuves immatriculées en août 2026 étaient électriques (100 % électrique et hydrogène), selon les chiffres de la Plateforme automobile (PFA).
  • Le marché automobile du neuf reste en retrait par rapport à la période pré-Covid, avec 94 351 unités vendues, en hausse de 2,3 % par rapport à août 2025.
  • Depuis janvier 2026, près de 1,1 million de voitures neuves ont été vendues en France, soit une progression de 3 % par rapport aux huit premiers mois de 2025.
  • Le leasing social, dispositif d’aide à l’acquisition, est présenté comme un soutien déterminant pour le marché, sans lequel « c’est plutôt un marché qui s’effondrerait globalement », selon une porte-parole de la PFA.
  • Les experts soulignent une « recomposition profonde » du marché, avec l’électrique devenant la motorisation la plus choisie par les acheteurs.

Un marché sous perfusion des aides publiques

Les chiffres publiés mardi par la Plateforme automobile (PFA) confirment une tendance déjà observée ces derniers mois : l’électrique s’impose comme le moteur du marché automobile français. En août 2026, 38 % des immatriculations neuves étaient des véhicules 100 % électriques ou à hydrogène, un niveau inédit qui reflète l’impact des dispositifs incitatifs. « C’est un marché sous perfusion, qui se maintient grâce aux ventes de véhicules électriques portées par le leasing social », a expliqué à l’AFP une porte-parole de la PFA, fédérant les constructeurs et équipementiers français. Sans ce soutien, « c’est plutôt un marché qui s’effondrerait globalement », a-t-elle ajouté, soulignant la fragilité du secteur dans un contexte économique toujours incertain.

Cette dépendance aux aides publiques est un phénomène récurrent depuis plusieurs années, mais elle s’accentue en 2026. Le gouvernement a renforcé les dispositifs d’accompagnement, notamment avec le lancement, le 16 juillet, de la troisième édition du leasing social. Ce programme, destiné aux ménages aux revenus modestes, permet de louer un véhicule électrique pour un loyer mensuel réduit, rendant l’achat accessible à des publics qui en étaient auparavant exclus. « Le mois d’août est toujours un petit mois, mais avant le Covid, on avait plutôt autour de 105 000 nouvelles immatriculations en été », rappelle la porte-parole de la PFA, un écart qui illustre le recul du marché par rapport à la période pré-pandémie.

L’électrique s’impose comme la motorisation préférée des Français

Cette progression des véhicules électriques ne s’explique pas uniquement par les aides financières. Elle reflète aussi une évolution des comportements d’achat, comme l’analyse Marie-Laure Nivot, analyste chez AAA Data, citée dans un communiqué. « Août 2026 illustre un marché des voitures neuves en profonde recomposition sous l’effet de la fiscalité et des aides publiques », souligne-t-elle. « L’électrique s’installe comme la première motorisation choisie par les acheteurs », observe-t-elle, un constat qui interroge sur l’avenir des motorisations thermiques, désormais minoritaires.

Pourtant, le marché automobile français reste globalement en retrait. Avec 94 351 unités vendues en août 2026, il affiche une hausse de 2,3 % par rapport à août 2025, mais cette progression reste insuffisante pour retrouver les niveaux d’avant-crise. « Le marché automobile du neuf est toujours à la peine », confirme Le Figaro, un constat partagé par les professionnels du secteur. Les immatriculations de voitures neuves toutes motorisations confondues restent bien en deçà des 105 000 unités enregistrées en moyenne lors des étés précédents, avant la crise sanitaire.

Une tendance qui se confirme sur l’année 2026

Sur les huit premiers mois de l’année, le bilan reste contrasté. Près de 1,1 million de voitures neuves ont été immatriculées depuis janvier 2026, soit une progression de 3 % par rapport à la même période en 2025. Une hausse qui, là encore, est portée en grande partie par les ventes de véhicules électriques. « La recomposition du marché se poursuit, et l’électrique en est le principal bénéficiaire », résume Marie-Laure Nivot. Les constructeurs traditionnels, confrontés à cette mutation accélérée, adaptent leurs stratégies pour répondre à une demande de plus en plus orientée vers l’électrique.

Cependant, cette transition ne se fait pas sans tensions. Les professionnels du secteur soulignent les défis logistiques et économiques liés à la production de véhicules électriques, notamment en termes d’approvisionnement en matières premières et de coûts de fabrication. « Le marché est en train de se transformer, mais cette transition doit être accompagnée par des politiques publiques cohérentes et durables », explique un expert du secteur sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient influencer l’évolution du marché dans les mois à venir. Le gouvernement doit prochainement annoncer les modalités de la quatrième édition du leasing social, prévue pour début 2027, tandis que les constructeurs automobiles finalisent leurs plans de production pour les prochaines années. Une chose est sûre : la part des véhicules électriques dans les immatriculations neuves devrait continuer à progresser, sous réserve que les aides publiques soient maintenues et que les infrastructures de recharge suivent la demande.

Cette recomposition du marché soulève également des questions sur l’avenir des motorisations thermiques, désormais minoritaires. Les professionnels s’interrogent sur la capacité des constructeurs à maintenir une offre diversifiée, tout en répondant aux exigences environnementales imposées par les réglementations européennes. Bref, le secteur automobile français est en pleine mutation, et l’électrique en est le fer de lance – une tendance qui devrait s’accentuer dans les années à venir.

Le leasing social est un dispositif public permettant aux ménages modestes de louer un véhicule électrique pour un loyer mensuel réduit. Lancé pour la troisième fois le 16 juillet 2026, il s’adresse aux foyers aux revenus inférieurs à un certain plafond, fixé en fonction de la composition familiale. Ce programme vise à faciliter l’accès à la mobilité électrique pour les publics les plus vulnérables, en réduisant le coût d’acquisition et d’usage du véhicule.