Le président chinois Xi Jinping a entamé mardi une visite officielle en Égypte, sa première depuis 2016, alors que les deux pays célèbrent les 70 ans de l’établissement de leurs relations diplomatiques. Comme le rapporte Euronews FR, cette rencontre s’inscrit dans un contexte d’élargissement significatif de leur coopération, dépassant désormais le cadre traditionnel des infrastructures et du commerce pour embrasser des domaines aussi variés que la technologie, la défense ou encore les industries de pointe.
Ce qu'il faut retenir
- Le président chinois Xi Jinping effectue une visite officielle en Égypte, sa première depuis 2016, pour marquer les 70 ans de relations diplomatiques entre les deux pays.
- Les échanges commerciaux bilatéraux ont progressé de 21,5 % au premier semestre 2026, atteignant 11,3 milliards de dollars.
- L’Égypte exporte désormais 840,8 millions de dollars vers la Chine, principalement des hydrocarbures, des fruits, des légumes et du coton.
- La Chine et l’Égypte organisent leur deuxième exercice aérien conjoint, « Eagles of Civilisation », du 15 août au 5 septembre 2026.
- Un programme quinquennal (2024-2028) vise à développer des partenariats dans les véhicules électriques, l’intelligence artificielle et les énergies renouvelables.
- L’Égypte ambitionne d’attirer des investissements chinois dans les technologies spatiales, les télécommunications et la construction navale.
Une visite symbolique pour un partenariat renforcé
Xi Jinping a posé le pied en Égypte mardi 2 septembre 2026, marquant ainsi son retour dans le pays plus de dix ans après sa dernière visite officielle. Comme l’indique Euronews FR, cette visite s’inscrit dans un cadre commémoratif, les deux nations célébrant sept décennies de relations diplomatiques établies dès 1956. Le chef de l’État chinois a souligné, avant son départ, le rôle clé de l’Égypte comme « maillon essentiel » entre le monde arabe et l’Afrique, appelant à un approfondissement de la coopération sino-arabe et sino-africaine via Le Caire.
Des infrastructures chinoises omniprésentes dans le paysage égyptien
Depuis la dernière visite de Xi en 2016, les projets portés par Pékin ont transformé durablement le territoire égyptien. Parmi eux, la construction du quartier d’affaires de la nouvelle capitale administrative, réalisée par China State Construction Engineering Corporation, se distingue. Ce complexe, qui regroupe une vingtaine de gratte-ciels, abrite notamment l’Iconic Tower, un édifice de 385,8 mètres – le plus haut bâtiment d’Afrique. Parallèlement, une ligne de métro léger relie désormais la périphérie est du Caire à de nouveaux pôles urbains, tandis qu’une zone industrielle sino-égyptienne située près du canal de Suez, à Aïn Sokhna, accueille plus de 200 entreprises. Selon les chiffres officiels chinois, ces projets ont généré plus de 10 000 emplois directs, avec des investissements estimés à 4,7 milliards de dollars (4,05 milliards d’euros).
Un commerce bilatéral en forte croissance, mais déséquilibré
Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 11,3 milliards de dollars (9,75 milliards d’euros) au premier semestre 2026, enregistrant une progression de 21,5 % en un an, selon les données de l’Agence centrale égyptienne pour la mobilisation et les statistiques. Si les exportations égyptiennes vers la Chine ont presque triplé, atteignant 840,8 millions de dollars (725,4 millions d’euros), elles restent largement dominées par des produits à faible valeur ajoutée comme les carburants, les huiles minérales, les fruits, les légumes et le coton. En revanche, les importations égyptiennes en provenance de Chine s’élèvent à 10,4 milliards de dollars (8,97 milliards d’euros) sur la même période, avec une part prépondérante pour les machines et équipements électriques (4,1 milliards de dollars), suivis des véhicules, de l’acier, des plastiques et des produits chimiques.
Vers une coopération technologique et militaire renforcée
Le renforcement des liens ne se limite plus aux infrastructures et au commerce. L’Égypte et la Chine explorent désormais des domaines stratégiques comme l’intelligence artificielle, les véhicules électriques, les énergies renouvelables ou encore la construction navale. Un programme quinquennal, couvrant la période 2024-2028, prévoit notamment des transferts de technologies dans ces secteurs, avec un accent particulier sur l’électronique, les panneaux solaires et les technologies agricoles modernes. Avant l’arrivée de Xi, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a précisé que son pays cherchait à attirer des investissements chinois dans le stockage par batteries, les télécommunications et les sciences spatiales, tout en développant une production locale dans ces filières.
Côté défense, les deux pays organisent depuis le 15 août et jusqu’au 5 septembre 2026 leur deuxième exercice aérien conjoint, baptisé « Eagles of Civilisation ». Cette édition, qui succède à celle de 2025, comprend des manœuvres de combat aérien, des opérations de supériorité aérienne et des missions de recherche et sauvetage. Si les États-Unis restent le principal partenaire militaire de l’Égypte, ce rapprochement avec Pékin s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des alliances, alors que Le Caire participe également aux BRICS, à la Nouvelle Banque de développement et à l’Organisation de coopération de Shanghai.
Un équilibre diplomatique délicat pour l’Égypte
Cette visite survient alors que l’Égypte cherche à concilier ses engagements régionaux avec ses partenariats économiques et sécuritaires. Les deux pays partagent des positions communes sur plusieurs dossiers, comme leur soutien à la création d’un État palestinien ou leur adhésion à la politique d’une seule Chine. Pour Pékin, l’Égypte représente un partenaire clé, offrant un marché de plus de 100 millions d’habitants, une position stratégique sur le canal de Suez et une influence politique majeure dans le monde arabe et en Afrique. Comme le souligne Euronews FR, les accords qui seront annoncés lors de cette visite devraient préciser les contours de cette coopération, notamment dans les technologies avancées, où l’Égypte souhaite dépasser le modèle historique centré sur les infrastructures.
Pour l’Égypte, l’enjeu est double : renforcer son attractivité auprès des investisseurs chinois tout en préservant ses alliances traditionnelles avec l’Occident. Pour la Chine, il s’agit de consolider sa présence au Moyen-Orient et en Afrique, où elle étend progressivement son influence économique et militaire. Une chose est sûre : cette visite marque une nouvelle étape dans une relation qui, après avoir été longtemps dominée par les grands projets d’infrastructure, s’oriente désormais vers des partenariats plus stratégiques et technologiques.
Parmi les projets les plus marquants figurent la construction de l’Iconic Tower dans la nouvelle capitale administrative, une ligne de métro léger reliant le Caire à de nouveaux pôles urbains, et la création d’une zone industrielle sino-égyptienne à Aïn Sokhna, qui emploie plus de 10 000 personnes et a attiré plus de 200 entreprises.
Au premier semestre 2026, les échanges bilatéraux ont progressé de 21,5 %, atteignant 11,3 milliards de dollars. Cependant, le déséquilibre persiste : l’Égypte exporte principalement des matières premières vers la Chine, tandis qu’elle importe des machines, des véhicules et des produits manufacturés.