Le site de téléchargement illégal YggTorrent, l’un des plus importants en France avec **6,6 millions d’utilisateurs** avant sa fermeture, a été définitivement démantelé par la gendarmerie nationale. Réduite à néant par une cyberattaque dans la nuit du 3 au 4 mars 2026, la plateforme est désormais « inopérante », selon un communiqué publié ce jeudi 7 juillet par les forces de l’ordre. Douze personnes ont été interpellées et **45 000 euros de matériel informatique**, ainsi que des cryptoactifs, ont été saisis. Le préjudice pour les ayants droit est estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros, comme le rapporte Le Figaro.
Ce qu'il faut retenir
- Le site YggTorrent, actif depuis 2017, était l’un des **35e sites les plus visités en France en 2020** avec **6,6 millions d’utilisateurs** avant son démantèlement.
- Une cyberattaque en mars 2026 a rendu la plateforme « inopérante », avant son démantèlement définitif par la gendarmerie nationale.
- Douze individus ont été interpellés, dont des administrateurs, modérateurs et analystes, dans le cadre d’une enquête pour « contrefaçon en bande organisée », « blanchiment aggravé » et « administration d’une plateforme facilitant des transactions illicites ».
- **45 000 euros de matériel informatique** et des cryptoactifs ont été saisis, tandis que le préjudice pour les ayants droit est estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros.
- La plateforme avait été inscrite en 2023 sur la liste noire de la Sacem pour « atteinte grave et répétée aux droits d’auteur ».
Un démantèlement en deux temps : l’impact de la cyberattaque de mars 2026
YggTorrent, lancé en 2017, s’était imposé comme une référence du téléchargement illégal en France. En 2020, il figurait même parmi les **35 sites les plus visités** dans l’Hexagone. Pourtant, son activité a basculé en mars 2026, lorsqu’une cyberattaque ciblée a réduit à néant ses serveurs. Selon les autorités, cette opération a rendu la plateforme « inopérante », avant que les cyber-enquêteurs de la gendarmerie nationale ne procèdent à son démantèlement définitif. Les investigations ont révélé que cette attaque avait été revendiquée par un hacker sous le pseudonyme « Gr0lum », qui dénonçait notamment l’introduction d’une fonctionnalité payante fin 2025, en contradiction avec l’esprit initial de gratuité du site.
Dans un message publié en ligne, « Gr0lum » avait accusé YggTorrent de pratiques criminelles : « 6,6 millions d’utilisateurs. Des années de mensonges. Un empire bâti sur le racket. C’est fini. Les serveurs ont été vidés, puis détruits. » L’enquête a confirmé que la plateforme hébergeait majoritairement des œuvres protégées par des droits d’auteur, comme des films, de la musique ou des jeux vidéo, partagées illégalement via des torrents. Ces révélations ont marqué le début d’une procédure judiciaire qui a conduit à l’arrestation de douze personnes, dont certains administrateurs et modérateurs.
Une enquête pour « contrefaçon en bande organisée » et « blanchiment aggravé »
L’enquête ouverte contre YggTorrent s’inscrit dans un cadre juridique précis. Les autorités ont retenu plusieurs chefs d’accusation : « contrefaçon en bande organisée », « blanchiment aggravé » et « administration d’une plateforme en ligne facilitant des transactions illicites ». Ces qualifications font suite à une plainte déposée en 2023 par la Sacem, suivie de celles de l’ALPA (Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle) et du Syndicat de l’édition vidéo numérique. Ces organisations avaient inscrit YggTorrent sur une liste noire en raison de « l’atteinte, de manière grave et répétée, aux droits d’auteur ».
Depuis fin 2023, douze personnes ont été interpellées et mises en cause dans l’enquête. Parmi elles figurent des administrateurs, des modérateurs, des contrôleurs qualité, des analystes, ainsi que des individus directement rétribués pour leurs activités au sein de la plateforme. Les forces de l’ordre ont saisi **45 000 euros de matériel informatique**, mais aussi des cryptoactifs, dont la valeur exacte n’a pas été précisée. Le préjudice pour les ayants droit, quant à lui, est estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros, bien que ce chiffre reste à préciser lors des futures audiences.
Un modèle économique basé sur le téléchargement illégal
YggTorrent fonctionnait selon un modèle économique reposant sur le partage de fichiers protégés par des droits d’auteur, principalement via la technologie des torrents. Ce système permettait aux utilisateurs d’échanger des contenus sans frais, mais en violation flagrante de la législation. En décembre 2025, la plateforme avait tenté d’introduire une fonctionnalité payante, une décision qui avait provoqué la colère de nombreux utilisateurs et, selon « Gr0lum », révélé une dérive vers des pratiques mafieuses. Le hacker avait dénoncé un « empire bâti sur le racket », suggérant que certains administrateurs extorquaient des fonds aux utilisateurs en échange d’un accès privilégié ou de la suppression de restrictions.
Ce modèle avait fait de YggTorrent une cible privilégiée pour les ayants droit, qui dénonçaient depuis des années les pertes financières colossales engendrées par le piratage. En 2023, la Sacem avait officiellement inscrit le site sur sa liste noire, une première étape avant les poursuites judiciaires. Malgré les tentatives de modération et de régulation interne, la plateforme est restée active jusqu’à son démantèlement en mars 2026, après l’intervention des autorités.
Ce démantèlement rappelle également l’importance de l’éducation et de l’accès légal à la culture, alors que les services de streaming et de VOD se multiplient. Les autorités pourraient aussi promouvoir des alternatives légales pour dissuader les utilisateurs de se tourner vers des plateformes illégales, souvent risquées en termes de sécurité informatique et de légalité.
Enfin, la question des cryptoactifs saisis soulève des enjeux juridiques inédits. Leur liquidation et leur affectation à des fonds de réparation pour les ayants droit pourraient faire jurisprudence dans les prochaines années.
Une audience judiciaire est prévue dans les prochains mois pour statuer sur le sort des douze personnes interpellées. Les chefs d’accusation retenus contre eux sont « contrefaçon en bande organisée », « blanchiment aggravé » et « administration d’une plateforme facilitant des transactions illicites ». Les ayants droit devraient également réclamer des indemnisations pour les préjudices subis.
YggTorrent a été lancé en 2017 et a fonctionné pendant près de neuf ans avant son démantèlement en mars 2026. La plateforme était particulièrement active entre 2020 et 2025, période durant laquelle elle comptait parmi les sites les plus visités en France.