Selon BFM Business, le Medef a dévoilé une série de mesures visant à réaliser 100 milliards d’euros d’économies d’ici 2030, un plan qui pourrait ramener le déficit public à 4,2 % du PIB dès 2027. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a qualifié ces propositions de « très positives » lors d’une intervention sur BFM Business le 3 juillet 2026.
Ce qu’il faut retenir
- Un plan de 100 milliards d’euros d’économies d’ici 2030, dont 44 milliards dès 2027, selon le Medef.
- Le déficit public serait réduit à 4,2 % du PIB en 2027, contre 5 % visé par le gouvernement pour cette année.
- 50 % des économies proviendraient des fonctionnaires et des retraités : gel des salaires, âge de départ à 65 ans, retraites sous-indexées jusqu’en 2030.
- Le Medef propose une hausse de 2,3 points de la TVA en échange d’un allègement des cotisations sociales pour les entreprises.
- Roland Lescure se dit « très positif » sur ces propositions, tout en soulignant les défis politiques à venir.
Un plan ambitieux pour réduire le déficit
Le Medef, première organisation patronale en France, a détaillé une cinquantaine de mesures pour réaliser 100 milliards d’économies d’ici 2030, dont 44 milliards dès 2027. Parmi les pistes évoquées, on retrouve une hausse de la TVA, un relèvement de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, ou encore un gel des prestations sociales. Ces économies permettraient de faire baisser le déficit public à 4,2 % du PIB en 2027, contre 5 % actuellement visés par le gouvernement cette année, après 5,1 % en 2025.
Le document du Medef, cité par Les Échos, prévoit également un retour sous la barre des 3 % de déficit en 2029, conformément aux objectifs fixés par l’exécutif. Cependant, les deux tiers des efforts reposeraient sur les ménages, les retraités et les fonctionnaires, avec des mesures comme la baisse des effectifs dans la fonction publique ou le gel du point d’indice salarial.
Les entreprises épargnées, mais la TVA en question
Le Medef défend aussi des mesures avantageuses pour les entreprises, comme la fin de la surtaxe sur les bénéfices des grandes sociétés ou une baisse des impôts de production. En revanche, les ménages seraient davantage sollicités : hausse de la TVA de 2,3 points, gel des remboursements de santé, ou encore durcissement des droits au chômage. Roland Lescure a salué ces propositions, estimant que « les idées qui sont mises en avant sur les économies de dépenses, notamment de dépenses de santé, sont bienvenues ».
Pour le ministre de l’Économie, la question de la TVA « va se poser pour l’élection présidentielle de 2027 ». Il tempère cependant en soulignant : « Je ne vois pas une Assemblée qui adopte une hausse de la TVA alors qu’on vient de vivre un choc inflationniste. » Une réserve qui reflète les tensions politiques à venir.
« Je l’avais dit aux chefs d’entreprise, depuis l’automne dernier : "Mettez vos idées, votre courage sur la table et dites-nous ce dont vous rêvez". Ensuite, est-ce que du rêve à la réalité de l’Assemblée nationale, il y a un chemin ? Franchement, je n’en sais rien. »
— Roland Lescure, ministre de l’Économie
Le ministre a par ailleurs appelé à une « responsabilité collective » pour avancer ensemble, rejetant l’idée d’opposer entreprises, ménages et fonctionnaires. « Je ne souhaite pas opposer les entreprises aux ménages, aux fonctionnaires qui sont peut-être parfois un peu montrés du doigt », a-t-il précisé.
Répartition des efforts : qui paie ?
D’après le document du Medef, la moitié des économies proviendrait des fonctionnaires et des retraités. Pour les premiers, il est question d’une baisse des effectifs et d’un gel du point d’indice. Pour les seconds, l’âge légal de départ serait relevé à 65 ans, avec des retraites de base gelées dès l’année prochaine puis sous-indexées jusqu’en 2030. Les prestations sociales seraient également concernées par un gel, tandis que les subventions de l’État aux associations pourraient être réduites.
Côté entreprises, les mesures proposées incluent une suppression de la surtaxe sur les bénéfices des plus grandes sociétés et une baisse des impôts de production. En échange, les employeurs bénéficieraient d’un allègement des cotisations sociales, compensé par une hausse de la TVA. Une piste qui, selon le Medef, permettrait de préserver la compétitivité des entreprises tout en redressant les comptes publics.
Un débat politique qui s’annonce tendu
Alors que le gouvernement affiche une réduction progressive du déficit, les propositions du Medef pourraient alimenter les discussions budgétaires à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Roland Lescure a beau qualifier ces mesures de « très positives », leur adoption par l’Assemblée nationale reste incertaine. « Je ne sais pas si le chemin entre le rêve et la réalité parlementaire est facile », a-t-il reconnu, évoquant les clivages politiques à venir.
Les économies proposées par le Medef s’inscrivent dans un contexte de tensions sociales et de mécontentement persistant autour du pouvoir d’achat. Le ministre a d’ailleurs tenu à rappeler que « dans ce monde de bouleversements, [il croit] beaucoup à notre responsabilité collective à avancer ensemble ». Une déclaration qui sonne comme un appel au dialogue, alors que les négociations budgétaires s’annoncent complexes.
En attendant, le gouvernement devra trancher : faut-il suivre le plan du Medef, le modifier, ou proposer une alternative ? Les prochains mois seront déterminants pour savoir si ces propositions, saluées comme une « contribution positive », pourront se concrétiser.
Le Medef propose notamment une hausse de 2,3 points de la TVA, un relèvement de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, un gel des salaires des fonctionnaires et des prestations sociales, ainsi qu’une baisse des subventions de l’État aux associations. Les entreprises, elles, bénéficieraient d’un allègement des cotisations sociales et d’une suppression de la surtaxe sur les bénéfices des grandes sociétés.
Le ministre de l’Économie salue le fait que le Medef ait proposé des pistes concrètes pour réduire le déficit public, notamment en ciblant les dépenses de santé et en envisageant une hausse de la TVA. Cependant, il reste prudent sur leur adoption, soulignant que « du rêve à la réalité parlementaire, il y a un chemin ».