La photojournaliste française Élise Blanchard, qui a vécu sept ans en Afghanistan, a présenté ce mardi 1er septembre 2026 au festival international de photojournalisme Visa pour l’Image, à Perpignan, une série de clichés intitulée « Les fillettes vendues pour survivre aux sécheresses ». Selon RFI, ces images illustrent la détresse croissante des femmes et des jeunes filles afghanes, prises au piège d’un système où la sécheresse et la pauvreté poussent les familles à des décisions extrêmes sous le régime taliban.
Ce qu'il faut retenir
- La série photographique d’Élise Blanchard, exposée à Visa pour l’Image, met en lumière le sort des fillettes afghanes vendues pour survivre aux crises climatiques et économiques.
- La photojournaliste a passé sept ans en Afghanistan, documentant la situation des femmes sous le régime des talibans.
- Le festival, qui en est à sa 38e édition, met à l’honneur les crises humanitaires et géopolitiques mondiales.
- Les photographies révèlent l’impact des sécheresses et de la pauvreté sur les familles afghanes, souvent contraintes de se séparer de leurs enfants.
Un reportage au cœur des crises afghanes
Installé dans le sud de la France, Visa pour l’Image consacre chaque année une partie de son programme aux conflits, aux crises humanitaires et aux bouleversements géopolitiques. Comme le rapporte RFI, l’édition 2026 ne déroge pas à la règle, avec une attention particulière portée sur l’Afghanistan, pays dirigé par les talibans depuis 2021. Élise Blanchard, qui a couvert la région pendant près d’une décennie, y expose un travail qui dépasse la simple photographie pour devenir un témoignage brut des conditions de vie imposées aux Afghanes. Ses images, réalisées dans des zones rurales et urbaines, montrent des visages d’enfants et de femmes dont les destins basculent sous la pression des sécheresses répétées et de l’effondrement économique.
La sécheresse, un fléau aggravé par le régime taliban
Le régime taliban, au pouvoir depuis le retrait des forces internationales en 2021, impose des restrictions strictes aux droits des femmes, notamment l’accès à l’éducation et au travail. Mais ces mesures s’ajoutent à une crise climatique qui frappe le pays de plein fouet. D’après RFI, les sécheresses prolongées, aggravées par des décennies de conflits et une gestion défaillante des ressources, réduisent les terres arables et plongent des millions de familles dans une précarité sans précédent. Dans ce contexte, les mécanismes traditionnels de survie, comme le mariage précoce ou la vente d’enfants, resurgissent, notamment dans les provinces les plus touchées par la famine. Les photographies d’Élise Blanchard captent cette réalité, où des fillettes sont échangées contre des ressources vitales, parfois à des âges où elles devraient être scolarisées.
« Ces images ne sont pas des scènes de fiction, mais le reflet d’une réalité que l’on préfère souvent ignorer. Les sécheresses ont vidé les campagnes, et le régime taliban n’a rien fait pour endiguer cette catastrophe humaine. »
Visa pour l’Image : un miroir des crises mondiales
Visa pour l’Image, qui se tient du 1er au 15 septembre 2026 à Perpignan, reste l’un des rares événements à offrir une plateforme internationale aux photojournalistes pour documenter les conflits et les urgences humanitaires. Selon nos confrères de RFI, cette édition met notamment l’accent sur les situations où les populations civiles paient le prix fort des crises climatiques et politiques. Outre l’Afghanistan, d’autres pays en proie à des tensions ou à des catastrophes naturelles sont mis en lumière, comme la Corne de l’Afrique ou certaines régions du Sahel. Le festival, créé en 1989, rappelle chaque année que l’image peut être un outil puissant pour alerter l’opinion publique et susciter des prises de conscience.
Parmi les autres invités de cette 38e édition figurent des photographes ayant couvert la guerre en Ukraine, les inondations au Pakistan ou encore les crises migratoires en Méditerranée. Mais le travail d’Élise Blanchard se distingue par son approche intime et sans fard, plongeant le spectateur au cœur des mécanismes de survie dans un pays où l’État n’a plus les moyens de protéger sa population.
À Perpignan, comme dans d’autres villes européennes, le festival reste un espace où l’art et le journalisme se rencontrent pour rappeler que certaines crises ne connaissent pas de trêve. Quant à Élise Blanchard, elle a d’ores et déjà annoncé son intention de poursuivre son travail en Afghanistan, malgré les risques encourus.
Les sécheresses répétées, combinées à des décennies de conflits et à une gestion défaillante des ressources, ont réduit les terres arables et les récoltes. Dans un pays où plus de 90 % de la population dépend de l’agriculture, la famine guette. Les familles, incapables de subvenir à leurs besoins, recourent alors à des mécanismes de survie extrêmes, comme le mariage précoce ou la vente d’enfants, souvent à des trafiquants ou à des familles plus aisées. Ces pratiques, bien que traditionnellement existantes, se sont intensifiées sous le régime taliban, qui a supprimé les filets sociaux et restreint l’accès des femmes au travail.