La coalition au pouvoir en Allemagne a annoncé, jeudi 3 juillet 2026, un compromis historique sur un ensemble de réformes économiques visant à sortir le pays de la stagnation. Selon BFM Business, ce plan, qui mêle baisse d’impôts pour les classes moyennes, report de l’âge de la retraite et durcissement commercial face à la Chine, intervient dans un contexte économique particulièrement tendu pour Berlin.

Ce qu'il faut retenir

  • Baisse de dix milliards d’euros d’impôts pour les revenus faibles et moyens, compensée par une fiscalité accrue sur les hauts revenus dépassant 250 000 euros par an.
  • Report de l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 67 ans, avec introduction d’une dose de capitalisation dans le système.
  • Obligation d’un arrêt de travail dès le premier jour de maladie et interdiction des certificats médicaux délivrés après une simple consultation téléphonique.
  • Lutte renforcée contre les pratiques commerciales « déloyales » de la Chine, accusée de menacer l’emploi et la compétitivité allemande.
  • Prévisions de 0,4 point de PIB en moins en 2026 et 2027 en raison de la hausse des prix de l’énergie, notamment après la fermeture du détroit d’Ormuz.

Un compromis difficile pour relancer une économie en berne

Face à une croissance atone et une industrie exportatrice en difficulté, la coalition CDU-CSU/SPD a finalement trouvé un terrain d’entente après des mois de dissensions. Le chancelier Friedrich Merz, dont la popularité s’effrite dans les sondages, mise sur ce plan pour redonner un souffle à l’économie allemande. « Nous veillons à préserver notre État providence et nous veillons à alléger la charge qui pèse sur les salariés et les entreprises en baissant les impôts », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée dans les jardins de la chancellerie.

Le gouvernement a également promis d’accroître la flexibilité des entreprises et de réduire la bureaucratie. Pour compenser la baisse d’impôts pour les classes populaires et moyennes, une augmentation des subventions fiscales et une fiscalité plus lourde sur les hauts revenus ont été actées. « Les plus hauts revenus contribueront davantage. C’est une question d’équité si nous voulons faire avancer le pays », a précisé le ministre social-démocrate des Finances, Lars Klingbeil.

Retraites et santé au cœur des réformes

La réforme des retraites, adoptée après les travaux d’une commission indépendante, prévoit un report progressif de l’âge légal de départ au-delà de 67 ans. Elle inclut également l’élargissement de l’assiette des cotisants et l’introduction d’une dose de capitalisation. Autant dire que le gouvernement cherche à concilier viabilité du système et adaptation aux nouvelles réalités démographiques.

Côté santé, le gouvernement durcit les règles pour lutter contre l’absentéisme. Dès maintenant, un arrêt de travail sera obligatoire dès le premier jour de maladie, et les certificats médicaux ne pourront plus être délivrés après une simple consultation téléphonique. Une mesure qui vise à responsabiliser les salariés tout en limitant l’impact économique des arrêts maladie.

L’Allemagne face à la concurrence chinoise et aux défis énergétiques

Outre ces réformes internes, Berlin entend adopter une ligne plus agressive face à la Chine, premier client et concurrent de l’Allemagne. « Nous avons besoin d’une ligne plus robuste face à la Chine, accusée de détruire, avec des moyens déloyaux, des emplois et des modèles économiques », a souligné Lars Klingbeil. Le gouvernement évoque des pratiques commerciales déloyales, des surcapacités de production, des subventions étatiques et une monnaie artificiellement faible.

Par ailleurs, la flambée des prix du carburant, consécutive à la fermeture du détroit d’Ormuz, devrait peser sur la croissance allemande. Selon l’institut économique allemand Ifo, cette hausse coûtera 0,4 point de PIB en 2026 et en 2027. Un choc que Berlin espère compenser par les centaines de milliards d’euros déjà investis dans la défense et les infrastructures l’an dernier.

« Nous savons que vous (...) souhaitez des décisions et ne voulez pas de querelles. Et c’est exactement ce que nous avons fait. »
Friedrich Merz, chancelier allemand

Un enjeu politique majeur avant les régionales de septembre

Friedrich Merz, critiqué des deux côtés de l’échiquier politique et affaibli dans les sondages avec plus de 80 % d’opinions défavorables, mise sur ce plan pour redonner confiance. L’enjeu est de taille : les régionales de septembre dans deux Länder de l’Est pourraient voir l’extrême droite (AfD) accéder au pouvoir pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. « Une telle situation serait un séisme politique pour un chancelier déjà très contesté », analyse un observateur politique.

« Nous avons également une demande à vous adresser. Rejoignez-nous. Soutenez-nous dans les réformes », a lancé Merz, appelant les Allemands à se mobiliser. « Nous ferons tout pour sortir le pays de la faiblesse structurelle de sa croissance », a-t-il ajouté. Ce plan économique s’inscrit donc autant dans une logique de redressement que de survie politique pour le chancelier.

Et maintenant ?

La coalition espère que ces réformes, adoptées avant la fin de l’année, permettront de relancer la croissance d’ici 2027. Les prochaines échéances politiques, avec les élections régionales de septembre dans deux Länder de l’Est, seront déterminantes pour évaluer l’impact de ce plan. Reste à voir si les mesures annoncées suffiront à inverser la tendance économique et à redonner une légitimité à Friedrich Merz.

Pour l’heure, le gouvernement mise sur une baisse progressive du chômage et une reprise des investissements, malgré un contexte international toujours incertain. La capacité des entreprises à s’adapter aux nouvelles règles et la réaction des ménages aux réformes fiscales seront scrutées de près.

Le plan repose sur trois piliers : une baisse d’impôts de dix milliards d’euros pour les classes moyennes, un report de l’âge de la retraite au-delà de 67 ans avec introduction d’une dose de capitalisation, et un durcissement des règles commerciales face à la Chine.

La coalition a prévu une fiscalité accrue sur les revenus dépassant 250 000 euros par an, ainsi qu’une réduction des subventions fiscales pour les plus aisés. Ces mesures doivent générer des recettes supplémentaires pour équilibrer le budget.