D'après Frandroid, les autorités allemandes envisagent désormais de durcir leur réglementation concernant les onduleurs solaires d'origine chinoise. Ces équipements, essentiels au bon fonctionnement des installations photovoltaïques, suscitent des craintes croissantes quant à leur fiabilité et leur sécurité, notamment dans le cadre des réseaux électriques nationaux.

Ce qu'il faut retenir

  • L'Allemagne souhaite limiter l'utilisation des onduleurs solaires chinois dans ses infrastructures énergétiques, les considérant comme des points faibles potentiels.
  • Ces dispositifs, indispensables pour convertir le courant continu des panneaux solaires en courant alternatif utilisable, sont majoritairement importés de Chine.
  • Berlin craint des risques d'espionnage ou de cyberattaques liés à ces équipements.
  • Le gouvernement allemand étudie des mesures pour renforcer la sécurité des réseaux électriques nationaux.

Un enjeu de sécurité pour les réseaux électriques européens

Côté allemand, les autorités justifient cette volonté de restriction par la dépendance croissante aux équipements chinois. Plus de 80 % des onduleurs solaires installés en Europe proviennent de Chine, selon les estimations sectorielles. Or, ces dispositifs, bien que conformes aux normes techniques, soulèvent des questions sur leur intégrité à long terme. « Les onduleurs sont des composants critiques dans la chaîne de production d'énergie solaire, autant dire qu'un dysfonctionnement ou une faille de sécurité pourrait avoir des répercussions majeures sur l'ensemble du réseau », explique un expert en énergie, cité par Frandroid.

Cette méfiance s'inscrit dans un contexte plus large de tensions géopolitiques entre l'Union européenne et la Chine. Plusieurs États membres, dont l'Allemagne, ont déjà durci leur discours sur les risques liés à la dépendance technologique vis-à-vis de Pékin. En 2025, la Commission européenne avait d'ailleurs lancé un appel à la diversification des chaînes d'approvisionnement dans le secteur des énergies renouvelables.

Espionnage et cybermenaces : les craintes des autorités allemandes

Les craintes ne se limitent pas à des risques techniques. Selon des sources proches du dossier, les services de renseignement allemands (Bundesnachrichtendienst, BND) auraient identifié des vulnérabilités potentielles dans certains onduleurs chinois. Ces équipements pourraient, en théorie, être utilisés pour des opérations d'espionnage industriel ou des cyberattaques ciblant les réseaux électriques. «

Les onduleurs ne sont pas de simples boîtiers électroniques. Ils peuvent être des portes d'entrée pour des acteurs malveillants, surtout s'ils intègrent des composants conçus à des fins autres que leur fonction première.
» a déclaré un haut fonctionnaire du ministère fédéral de l'Économie, sous couvert d'anonymat.

Cette position s'aligne sur celle adoptée par d'autres pays européens, comme la France, qui a déjà renforcé ses contrôles sur les équipements électroniques sensibles. En 2024, Paris avait imposé des audits renforcés pour les onduleurs solaires installés dans les centrales nucléaires et les grands parcs photovoltaïques.

Quelles mesures concrètes pour remplacer les équipements chinois ?

Concrètement, le gouvernement allemand étudie plusieurs pistes pour réduire sa dépendance aux onduleurs chinois. Parmi les options envisagées figurent l'instauration de quotas pour les fabricants européens, l'obligation de certifications supplémentaires, ou encore le développement de filières locales. « Nous devons accélérer la production d'onduleurs made in Europe pour garantir la résilience de notre réseau », a indiqué le ministre fédéral de l'Économie, Robert Habeck, lors d'une conférence de presse en juin 2026.

Côté industriel, les acteurs européens tentent de réagir. Des entreprises comme SMA Solar Technology (Allemagne) ou Ingeteam (Espagne) ont déjà commencé à augmenter leurs capacités de production. Cependant, la transition prendra du temps. Selon les projections de l'association SolarPower Europe, il faudrait au moins deux à trois ans pour que l'Europe atteigne une autonomie partielle dans ce secteur.

Et maintenant ?

Si ces mesures sont adoptées, elles pourraient entrer en vigueur dès 2027, avec une période transitoire permettant aux installateurs et aux exploitants de réseaux de s'adapter. Reste à voir si cette stratégie suffira à écarter les risques identifiés par Berlin. Une chose est sûre : cette décision allemande pourrait faire boule de neige en Europe, où plusieurs pays pourraient emboîter le pas.

En attendant, la question des alternatives crédibles aux onduleurs chinois reste entière. Les industriels européens devront prouver leur capacité à livrer des équipements compétitifs, tant sur le plan technique que tarifaire. Et si l'Allemagne passe à l'acte, d'autres pays pourraient suivre — signe que l'énergie solaire, autrefois symbole de coopération internationale, devient aussi un terrain de rivalités technologiques.

Les autorités allemandes s'inquiètent de la domination chinoise dans ce secteur (plus de 80 % du marché européen). Outre les risques techniques, elles redoutent des failles de sécurité exploitables par des acteurs malveillants, notamment dans le cadre de tensions géopolitiques croissantes entre l'UE et la Chine.