L’usine historique d’Alstom à Belfort, berceau du TGV, va produire une nouvelle gamme de locomotives de manœuvre. Cette décision stratégique, annoncée mardi par la mairie de la ville de Franche-Comté, intervient dans un contexte de renouvellement accéléré du parc ferroviaire européen, majoritairement composé de machines diesel. Selon nos confrères de BFM Business, le constructeur ferroviaire a informé le maire de Belfort, Damien Meslot, de ce choix par courrier le 26 août 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Localisation stratégique : L’usine Alstom de Belfort, déjà productrice des TGV, fabriquera les nouvelles locomotives de manœuvre.
  • Objectif écologique : Le renouvellement du parc vise à accélérer la décarbonation du secteur ferroviaire en Europe.
  • Chiffres clés : Plusieurs milliers de locomotives diesel devront être remplacées dans les années à venir selon les objectifs de l’UE.
  • Emploi et perspectives : Alstom mise sur ce projet pour consolider l’activité et l’emploi sur le site belfortain.
  • Contexte industriel : Le groupe emploie plus de 13 000 salariés en France, répartis sur 14 sites.

Un site historique au cœur de la transition ferroviaire

L’usine de Belfort, symbole de l’innovation ferroviaire française, voit son rôle renforcé avec cette nouvelle mission. Après avoir produit les TGV de nouvelle génération, comme le TGV « M » dont les premiers exemplaires ont été assemblés en 2024, le site belfortain confirme son statut de pôle industriel majeur. Frédéric Wiscart, président d’Alstom France et Benelux, a souligné dans son courrier à la mairie que ce choix « confirme la confiance d’Alstom dans les compétences du site belfortain ». La mairie, dans un communiqué, s’est réjouie de cette décision, la qualifiant de « perspective d’activité et d’emploi pour les années à venir ».

Des locomotives de manœuvre pour répondre à un enjeu environnemental et économique

Les locomotives de manœuvre, utilisées pour déplacer et repositionner des wagons sur de courtes distances dans les gares de fret, les dépôts ou les ports, représentent un marché en pleine mutation. Aujourd’hui, la majorité des engins en service en Europe fonctionnent encore au diesel, un mode de propulsion en contradiction avec les objectifs de décarbonation fixés par l’Union européenne. Selon les estimations, plusieurs milliers de ces locomotives devront être remplacées dans les prochaines années pour respecter les nouvelles normes environnementales. Alstom mise sur cette transition pour s’imposer comme un acteur clé du secteur.

Un parc ferroviaire à moderniser en urgence

Le renouvellement du parc de locomotives de manœuvre s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du réseau ferroviaire européen. En France, par exemple, près d’un train sur quatre de la SNCF fonctionne encore au diesel, malgré les annonces de transition énergétique lancées il y a six ans. Les premiers trains régionaux à batteries commencent seulement à circuler, illustrant la lenteur du processus. L’Union européenne, consciente de l’urgence, accélère les cadences pour atteindre ses objectifs de neutralité carbone d’ici 2050. Dans ce contexte, la production à Belfort prend tout son sens.

« Cette décision stratégique confirme la confiance d'Alstom dans les compétences du site belfortain et ouvre de nouvelles perspectives d'activité et d'emploi pour les années à venir. »
Communiqué de la mairie de Belfort

Un projet industriel aux retombées économiques attendues

Pour Alstom, ce projet représente une opportunité de stabiliser et d’étendre son activité en France. Le groupe, qui emploie plus de 13 000 salariés sur 14 sites en France, mise sur cette nouvelle gamme pour renforcer sa position sur le marché des locomotives de manœuvre. La décision de Belfort intervient alors que le secteur ferroviaire européen connaît une période de transformation majeure, avec une demande croissante pour des solutions moins polluantes. Les retombées locales pourraient également être significatives, avec des créations d’emplois ou des investissements dans la formation des salariés.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes devraient concerner la finalisation des spécifications techniques des nouvelles locomotives et la planification de leur production. Alstom devrait également préciser les modalités de recrutement ou de formation des équipes nécessaires à ce projet. D’ici 2027, les premiers engins pourraient sortir des chaînes de montage de Belfort, en attendant leur déploiement sur le réseau européen. Reste à voir si ce calendrier sera respecté, dans un contexte industriel où les retards sont fréquents.

La transition vers des locomotives plus propres s’inscrit dans une logique plus globale de modernisation des transports en Europe. Si Belfort se positionne comme un acteur central de cette mutation, d’autres sites industriels français pourraient suivre son exemple dans les années à venir.

Une locomotive de manœuvre est conçue pour déplacer des wagons sur de très courtes distances, généralement dans des gares de triage, des dépôts ou des ports. Contrairement aux locomotives classiques, qui assurent le transport de voyageurs ou de marchandises sur de longues distances, les engins de manœuvre sont optimisés pour des opérations de précision et une faible vitesse.