D'après France 24, la ville de Bharatpur, dans le sud du Népal, accueille désormais des cimetières temporaires pour inhumer les victimes des crues dévastatrices survenues le 26 août 2026. Face à l'afflux massif de corps, les morgues locales sont saturées, contraignant les autorités à recourir à ces sites improvisés en pleine forêt.

Ce qu'il faut retenir

  • 300 corps ont été retrouvés depuis le 26 août, selon les derniers bilans disponibles.
  • Seulement neuf victimes ont pu être identifiées à ce jour, malgré les efforts des autorités.
  • Des prélèvements ADN sont systématiquement réalisés avant chaque enterrement provisoire, afin de faciliter une identification future.
  • Les corps, parfois transportés sur des centaines de kilomètres par les eaux, arrivent en grand nombre dans les centres de Bharatpur.
  • Un numéro est attribué à chaque tombe pour servir de repère aux familles en quête de leurs proches.

Une situation sanitaire et logistique sous pression

La crue survenue le 26 août a submergé les infrastructures locales, rendant impossible la gestion classique des dépouilles. « Les morgues sont saturées, et les autorités n'ont d'autre choix que de recourir à des inhumations temporaires », explique un responsable local cité par nos confrères de France 24. Les corps, emportés par les flots sur de longues distances, arrivent dans un état souvent méconnaissable, compliquant davantage leur identification.

Sur place, les équipes médicales et les forces de l'ordre tentent de maintenir un minimum d'ordre dans ce chaos. Chaque cadavre est photographié, un numéro est inscrit sur une plaque provisoire, et un échantillon d'ADN est prélevé avant l'enterrement. « Ces mesures visent à préserver une trace pour les familles, le temps que les analyses permettent une identification », précise un médecin légiste en poste à Bharatpur.

Une identification difficile malgré les moyens déployés

Avec seulement neuf identifications confirmées sur 300 corps retrouvés, le processus reste long et incertain. Les autorités népalaises ont sollicité l'aide d'experts internationaux en médecine légale, mais les obstacles logistiques et la dégradation des corps freinent considérablement les avancées. « Les corps arrivent souvent sans aucun élément d'identification, comme des vêtements ou des effets personnels », souligne un responsable du ministère de l'Intérieur à Katmandou.

Les familles des disparus se pressent dans les centres d'accueil pour consulter les registres des victimes. Certaines reconnaissent des proches grâce aux descriptions fournies, mais la plupart repartent sans réponse. « On nous dit de garder espoir, mais après trois semaines, les chances s'amenuisent », confie une habitante de Bharatpur, dont le frère fait partie des disparus.

Un bilan humain encore incertain

Si les autorités évoquent un bilan provisoire de 300 corps retrouvés, le nombre réel de victimes pourrait être bien plus élevé. Les pluies de mousson, particulièrement intenses cette année, ont détruit des villages entiers, rendant l'accès à certaines zones impossible. « Les équipes sur le terrain estiment que des centaines d'autres corps pourraient encore être découverts », indique un porte-parole des Nations unies en poste au Népal.

Par ailleurs, la crise sanitaire s'aggrave avec la multiplication des inhumations improvisées, risquant de contaminer les sols et les nappes phréatiques. Les autorités ont mis en garde contre les risques de propagation de maladies, tout en insistant sur la priorité absolue donnée à l'identification des victimes.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour tenter d'identifier les victimes restantes. Les autorités népalaises, soutenues par des experts internationaux, devraient intensifier les analyses ADN et élargir les recherches aux zones encore inaccessibles. Une conférence de presse est prévue le 10 septembre à Katmandou pour faire un point sur l'avancée des opérations.

En attendant, les familles des disparus continuent d'espérer, malgré l'incertitude qui plane sur l'issue de cette tragédie.

Un prélèvement ADN est systématiquement réalisé sur chaque corps avant son inhumation provisoire. Les échantillons sont ensuite comparés aux registres des personnes disparues ou à des bases de données internationales. Les familles peuvent également fournir des éléments d'identification, comme des photos ou des objets appartenant à la victime.