La sonde européenne BepiColombo, en route vers Mercure depuis près de huit ans et après avoir parcouru plus de 12 milliards de kilomètres, doit effectuer ce jeudi 3 septembre 2026 une manœuvre historique : se séparer en deux modules distincts à l’approche de la planète la plus proche du Soleil. Une étape aussi délicate que risquée, comme l’a souligné l’Agence spatiale européenne (ESA) auprès de Numerama.

Ce qu'il faut retenir

  • La séparation de BepiColombo en deux modules est prévue pour le 3 septembre 2026, après un voyage de huit ans et 12 milliards de kilomètres parcourus.
  • Cette manœuvre marque le début de l’une des arrivées planétaires les plus complexes jamais tentées par l’ESA.
  • Les deux modules, MPO (Mercury Planetary Orbiter) et MMO (Mercury Magnetospheric Orbiter), doivent s’insérer en orbite autour de Mercure début 2027.
  • La mission, lancée en octobre 2018, vise à étudier la composition, la géophysique et l’exosphère de Mercure.
  • Le coût total de la mission s’élève à près de 1,7 milliard d’euros, financés principalement par l’ESA et l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA).

Une séparation cruciale pour la réussite de la mission

L’opération, programmée pour ce jeudi, consistera à détacher le module de transfert MTM (Mercury Transfer Module) de la sonde, puis à séparer les deux orbiteurs scientifiques. « La séparation est une étape critique, car elle conditionne toute la suite de la mission », a précisé un porte-parole de l’ESA à Numerama. Le module MTM, chargé de propulser les orbiteurs jusqu’à Mercure, sera désorbité pour éviter toute contamination de la planète. Les deux modules restants, MPO et MMO, poursuivront leur trajectoire autonome avant de s’insérer en orbite autour de Mercure en décembre 2026.

Mercure, une planète encore méconnue

Mercure reste l’une des planètes les moins explorées du système solaire. Sa proximité avec le Soleil en fait un objectif scientifique majeur, mais aussi un défi technologique. Les températures y varient entre -180°C et 430°C, et son champ magnétique, bien que faible, intrigue les chercheurs. « Comprendre Mercure, c’est en apprendre davantage sur la formation et l’évolution des planètes telluriques », a expliqué un astrophysicien cité par Numerama. La mission BepiColombo, fruit d’une collaboration entre l’ESA et la JAXA, doit permettre d’étudier la surface, l’intérieur et l’environnement magnétique de la planète.

Un voyage semé d’embûches

Pour atteindre Mercure, BepiColombo a dû effectuer neuf survols planétaires (un de la Terre, deux de Vénus et six de Mercure) afin de réduire sa vitesse et ajuster sa trajectoire. Chaque manœuvre a été calculée au millimètre près pour éviter de tomber dans le champ gravitationnel du Soleil. « Nous avons dû composer avec des températures extrêmes et des contraintes énergétiques inédites », a rappelé un ingénieur de l’ESA. Le coût total de la mission, estimé à 1,7 milliard d’euros, inclut le développement, le lancement et les opérations en vol.

Et maintenant ?

Si la séparation de ce jeudi se déroule sans encombre, les deux modules devraient commencer leur insertion en orbite autour de Mercure en décembre 2026, avant d’entamer leur mission scientifique en mars 2027. Les données collectées pendant deux ans permettront de répondre à des questions fondamentales sur la formation de Mercure et, par extension, du système solaire. Les résultats pourraient également éclairer les stratégies futures d’exploration des planètes proches de leur étoile. Reste à voir si la manœuvre de séparation, bien que maîtrisée en simulation, se déroulera comme prévu dans l’environnement hostile de l’espace interplanétaire.

La réussite de cette étape sera un soulagement pour l’ESA, après des années de préparation et des milliards de kilomètres parcourus. Si tout se passe bien, Mercure livrera enfin quelques-uns de ses secrets.