Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat à la présidentielle, a présenté lundi soir son projet de transformation de l’école, lors d’une rencontre avec des parents d’élèves et des professionnels de l’éducation. Selon le Figaro – Politique, cette initiative s’articule autour de quatre valeurs fondamentales, cinq priorités stratégiques et dix mesures concrètes, marquant ainsi une volonté de rupture avec les politiques éducatives passées.

Ce qu'il faut retenir

  • Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat à l’élection présidentielle, a dévoilé lundi soir son projet de transformation de l’école.
  • Ce projet repose sur quatre valeurs, cinq priorités et dix mesures précises.
  • Il insiste sur la responsabilité parentale, tout en reconnaissant les difficultés liées à son exercice dans une société aux repères brouillés.
  • Il qualifie la situation actuelle de « système abîmé par des années de renoncements » et appelle à un relèvement « crucial pour le prochain quinquennat ».
  • Max Brisson, sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques, a joué un rôle central dans l’élaboration de ce projet.

Dès l’ouverture de son intervention, Bruno Retailleau a mis l’accent sur la nécessité d’une responsabilité parentale renforcée, tout en reconnaissant les défis auxquels sont confrontés les familles dans une société où les repères traditionnels se sont « brouillés ». Pour le parlementaire, cette transformation doit s’inscrire dans une logique de profondeur, car le système éducatif français, bien que soutenu par « le dévouement de ses maîtres », porte les stigmates de « décennies de renoncements ».

« Le premier point pour moi, c’est qu’une nation qui ne transmet plus est une nation qui s’effondre. »
— Bruno Retailleau, selon le Figaro – Politique

Max Brisson, sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques et figure majeure du projet, a joué un rôle clé dans son élaboration. Lors de cette soirée, Bruno Retailleau a rappelé que le relèvement de l’école constituait l’un des chantiers « les plus cruciaux du prochain quinquennat », soulignant que l’enjeu dépasse largement le cadre éducatif pour toucher aux fondements mêmes de la nation.

Un constat alarmant sur l’école française

Selon Bruno Retailleau, l’école française traverse une crise profonde, alimentée par « plus de dix ans de politiques éducatives marquées par des renoncements ». Le candidat des Républicains dénonce une situation « insupportable », où les résultats scolaires se dégradent et où les inégalités persistent, voire s’aggravent. Pour lui, cette dégradation est le symptôme d’un système qui a perdu de vue sa mission première : la transmission des savoirs et des valeurs républicaines.

Il a également pointé du doigt l’affaiblissement du rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants, un phénomène qu’il attribue en partie à une société où les repères moraux et culturels sont de plus en plus flous. « On ne peut pas demander à l’école de tout porter, a-t-il souligné, il faut que les parents reprennent leur place. »

Quatre valeurs, cinq priorités et dix mesures pour une école refondée

Le projet de Bruno Retailleau s’articule autour d’un socle de quatre valeurs : l’exigence, l’autorité, la transmission et l’égalité des chances. Ces principes doivent, selon lui, guider la refonte du système éducatif. Côté priorités, cinq axes majeurs ont été identifiés : la revalorisation du métier d’enseignant, la lutte contre l’illettrisme, le renforcement de l’autonomie des établissements, l’adaptation des programmes aux besoins du terrain et, enfin, la promotion d’une éducation civique ambitieuse.

Pour concrétiser cette ambition, dix mesures phares ont été détaillées. Parmi elles figurent notamment la création de 10 000 postes d’enseignants supplémentaires sur cinq ans, la généralisation des classes à effectifs réduits dans les zones les plus défavorisées, ou encore l’instauration d’un « contrat de confiance » entre l’État et les établissements scolaires, permettant une plus grande autonomie pédagogique et financière.

Autre mesure phare : la mise en place d’un système de mentorat pour les jeunes enseignants, afin de les accompagner dans les premières années de leur carrière. Bruno Retailleau a également évoqué la nécessité de revoir les programmes scolaires pour les recentrer sur les fondamentaux — français, mathématiques et histoire-géographie — tout en intégrant davantage d’enseignement moral et civique.

Un projet qui s’inscrit dans la durée

Bruno Retailleau a insisté sur le fait que ce projet ne se limiterait pas à des annonces ponctuelles, mais s’inscrirait dans une vision de long terme. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de corriger les dysfonctionnements actuels, mais de bâtir une école « qui prépare les élèves à affronter les défis du XXIe siècle ». Il a rappelé que cette refonte serait l’une des priorités de son éventuel quinquennat, aux côtés de la sécurité ou de la souveraineté économique.

Le candidat a également souligné que ce projet s’appuierait sur un dialogue constant avec les acteurs de terrain — enseignants, parents, élus locaux — afin d’éviter les erreurs du passé, où les réformes étaient souvent imposées sans concertation. « On ne peut plus se contenter de demi-mesures ou de réformes successives qui s’annulent les unes les autres », a-t-il affirmé.

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera à formaliser ce projet dans un document programmatique, qui devrait être présenté d’ici la fin de l’année. Bruno Retailleau a indiqué que des consultations élargies seraient organisées avec les syndicats enseignants et les fédérations de parents d’élèves, afin d’affiner certaines mesures. Si sa candidature à la présidentielle venait à être confirmée, ce plan pourrait devenir le socle de sa politique éducative pour 2027.

Reste à voir comment ce projet sera reçu par l’opinion publique et les autres forces politiques. Pour l’heure, Bruno Retailleau mise sur une dynamique de rupture, affirmant que « l’école française mérite mieux que des ajustements marginaux ».

Les prochains mois s’annoncent donc décisifs pour ce projet, qui pourrait bien redéfinir les contours du débat éducatif en vue de la prochaine élection présidentielle.

Les quatre valeurs mises en avant sont l’exigence, l’autorité, la transmission et l’égalité des chances. Selon le Figaro – Politique, ces principes doivent guider la refonte du système éducatif dans son ensemble.