L’été s’annonce sous haute tension pour les amateurs de glaces au Japon. Alors que la saison chaude, propice à la consommation de crèmes glacées, bat son plein, les autorités japonaises ont frappé fort en perquisitionnant les sièges sociaux de six géants du secteur. Selon BFM Business, la Commission japonaise de la concurrence (JFTC) enquête sur une possible entente illicite entre ces entreprises pour augmenter leurs prix de concert.

Ce qu'il faut retenir

  • Six fabricants majeurs – Meiji, Morinaga Milk Industry, Lotte, Ezaki Glico, Morinaga & Co. et Akagi Nyugyo – visés par une perquisition de la JFTC.
  • Soupçons d’entente pour coordonner les hausses de prix depuis 2022, selon une source proche du dossier.
  • Les entreprises sont accusées d’avoir profité de l’inflation pour augmenter leurs tarifs au-delà des coûts des matières premières.
  • En 2025, le Japon a enregistré son été le plus chaud depuis 1989, avec des ventes de glaces atteignant un record de 660 milliards de yens (3,55 milliards d’euros).
  • Si le cartel est confirmé, les entreprises encourent des amendes et des injonctions à modifier leurs pratiques commerciales.

Les perquisitions menées mardi dernier ont ciblé les principaux acteurs du marché japonais des glaces, parmi lesquels figurent des marques emblématiques comme Meiji ou Ezaki Glico. Selon une source anonyme citée par BFM Business, ces entreprises sont soupçonnées de s’être entendues pour relever leurs prix de détail à des périodes similaires chaque année, et ce depuis environ 2022. Morinaga Milk Industry, Lotte, Morinaga & Co. et Akagi Nyugyo complètent cette liste de six géants du secteur.

Les enquêteurs de la JFTC suspectent que les responsables de ces entreprises aient échangé des courriels ou organisé des rencontres pour synchroniser leurs hausses de prix. Une coordination qui, si elle est avérée, constituerait une violation des règles de concurrence. BFM Business précise que l’autorité japonaise examine également si ces augmentations tarifaires ont été poussées plus loin que nécessaire, profitant de la flambée des coûts des matières premières pour gonfler les marges.

Cinq des six entreprises concernées ont réagi publiquement à cette enquête. Dans des communiqués publiés mardi ou mercredi, elles ont confirmé avoir été perquisitionnées par la JFTC et annoncé leur pleine collaboration avec les enquêteurs. Natsuyo Suzuki, porte-parole d’Akagi Nyugyo, a ainsi indiqué que l’entreprise se pliait à une « inspection sur place » et coopérerait pleinement avec les autorités. Aucune ne s’est exprimée pour contester les faits ou les soupçons pesant sur elles.

Un marché en pleine effervescence, dopé par des conditions climatiques exceptionnelles

Le timing de cette enquête n’est pas anodin. L’année dernière, le Japon a connu son été le plus chaud depuis le début des relevés météorologiques en 1989, un phénomène qui a propulsé les ventes de glaces à un niveau record. Selon les chiffres de l’Association japonaise des fabricants de glaces, les ventes ont dépassé les 660 milliards de yens (soit environ 3,55 milliards d’euros) pour l’exercice budgétaire clos en mars 2026. Autant dire que la période est particulièrement lucrative pour les industriels du secteur, ce qui pourrait expliquer l’intérêt des autorités pour d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles.

Les glaces occupent une place centrale dans l’alimentation estivale japonaise, avec une consommation massive de produits artisanaux comme les *kakigori* (glaces pilées) ou les glaces industrielles en bâtonnets. Les marques ciblées par l’enquête dominent ce marché, où la concurrence est féroce. Leur capacité à fixer des prix élevés en synchronisation, si elle est avérée, pourrait avoir un impact direct sur les consommateurs, alors que l’inflation reste une préoccupation majeure dans l’archipel.

Quelles suites pour les entreprises et les consommateurs ?

Si la JFTC parvient à démontrer l’existence d’un cartel, les sanctions pourraient être lourdes. La commission dispose en effet du pouvoir d’infliger des amendes aux entreprises fautives et de leur enjoindre de rectifier leurs pratiques commerciales. Une procédure qui, dans le cas présent, pourrait prendre plusieurs mois, voire années, avant d’aboutir à une décision définitive.

Pour l’heure, les entreprises visées adoptent une posture conciliante. Aucune ne conteste les faits, et toutes assurent coopérer avec les enquêteurs. Une attitude qui contraste avec la gravité des accusations portées contre elles. Reste à savoir si cette collaboration suffira à apaiser les soupçons ou si la JFTC découvrira des preuves accablantes d’une entente illicite.

Et maintenant ?

L’enquête de la JFTC devrait se poursuivre dans les prochains mois, avec des auditions approfondies des responsables des entreprises concernées. Une fois les investigations terminées, l’autorité japonaise pourrait rendre ses conclusions d’ici la fin de l’année 2026. Si un cartel est avéré, les consommateurs japonais pourraient bénéficier de baisses de prix ou d’indemnités, tandis que les entreprises encourraient des sanctions financières et une perte de réputation. Bref, l’affaire est loin d’être close.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’ampleur des pratiques reprochées aux fabricants de glaces. En attendant, les amateurs de *mochi ice cream* ou de *purple sweet potato soft serve* peuvent continuer à déguster leurs desserts préférés… à condition que leur portefeuille ne subisse pas de nouveaux chocs tarifaires.

Les six entreprises perquisitionnées sont Meiji, Morinaga Milk Industry, Lotte, Ezaki Glico, Morinaga & Co. et Akagi Nyugyo. Ces groupes figurent parmi les plus grands producteurs de glaces au Japon.

Les autorités japonaises suspectent ces fabricants de s’être entendus pour augmenter leurs prix de concert depuis 2022. Ils sont également accusés d’avoir profité de l’inflation pour gonfler leurs tarifs au-delà des coûts réels des matières premières.