Un nouvel incident violent a éclaté en Cisjordanie occupée. Selon nos confrères de 20 Minutes - Politique, des colons israéliens ont tenté d’incendier une mosquée dans la nuit de lundi à mardi dans le village de Bazariya, situé près de Naplouse, dans le nord du territoire palestinien.

Ce qu'il faut retenir

  • Une mosquée a été visée dans la nuit du 25 août 2026 à Bazariya, près de Naplouse, où des colons israéliens ont tenté d’incendier des parties du bâtiment.
  • Un incendie a été provoqué par une petite explosion dans une pièce située sous la mosquée, mais les dégâts ont été limités grâce à l’intervention rapide des habitants.
  • Des inscriptions menaçantes en hébreu ont été découvertes sur les murs extérieurs de la mosquée, confirmant l’intention malveillante des auteurs.
  • Depuis le début de l’année, treize mosquées ont été profanées ou prises pour cible en Cisjordanie, selon le ministère palestinien des Affaires religieuses.
  • Les violences de colons contre les Palestiniens se sont intensifiées depuis l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.
  • La présidence palestinienne accuse Israël d’adopter une « politique systématique » de profanation des lieux saints, risquant de déclencher un conflit religieux régional.
  • Huit Israéliens âgés de 16 à 20 ans ont été arrêtés mardi par la police israélienne pour leur implication présumée dans des incendies et agressions à Hébron.

Une attaque nocturne visant une mosquée dans le nord de la Cisjordanie

Dans la soirée du 25 août 2026, aux alentours de 23 h 45, un groupe de colons israéliens a tenté de mettre le feu à la mosquée Nour al-Din al-Zanki, située dans le village de Bazariya. Selon le ministère palestinien des Affaires religieuses, une petite explosion a provoqué un départ de feu dans une pièce située sous le bâtiment. Les habitants du village, dont Majed Nasr, un riverain, sont parvenus à maîtriser l’incendie avant qu’il ne se propage au reste de la mosquée, située à l’étage supérieur. Les dégâts restent cependant importants : le contenu de la pièce touchée a été endommagé, et des traces de passage ont été relevées.

Des vidéos et photographies circulant sur les réseaux sociaux montrent les dégâts causés à l’intérieur de la mosquée, ainsi que des inscriptions en hébreu, jugées menaçantes, tracées sur les murs extérieurs du bâtiment. L’armée israélienne, contactée par les médias, n’a pour l’heure fait aucun commentaire sur cet incident.

Une escalade des violences contre les lieux de culte musulmans

Cet événement s’inscrit dans une série d’attaques ciblant les mosquées en Cisjordanie depuis le début de l’année. Toujours selon le ministère palestinien des Affaires religieuses, treize mosquées ont été profanées ou prises pour cible depuis janvier 2026. Ces actes, souvent attribués à des colons ou à l’armée israélienne, s’ajoutent à une recrudescence générale des violences dans le territoire.

La présidence palestinienne a réagi mardi en dénonçant une « politique systématique adoptée et protégée par le gouvernement d’occupation israélien ». Dans un communiqué, elle affirme que « ces attaques systématiques ont franchi toutes les lignes rouges et menacent de déclencher un conflit religieux aux conséquences graves pour la région et le monde ».

Contexte : des violences en hausse depuis octobre 2023

La Cisjordanie, où vivent environ trois millions de Palestiniens, compte également plus de 500 000 Israéliens installés dans des colonies, considérées comme illégales au regard du droit international. Les tensions entre les deux populations se sont fortement aggravées depuis l’attaque menée par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché une riposte militaire israélienne à Gaza et une montée des violences en Cisjordanie.

Depuis cette date, les raids de colons contre les villages palestiniens, ainsi que les actes d’intimidation et de harcèlement, se sont multipliés. Les forces israéliennes sont régulièrement accusées de complicité ou d’inaction face à ces exactions. Mardi, la police israélienne a annoncé l’arrestation de huit Israéliens âgés de 16 à 20 ans, soupçonnés d’avoir participé à des incendies criminels et à des agressions à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.

Les réactions internationales et locales

Les autorités palestiniennes n’ont pas manqué de condamner cet incident, soulignant que « chaque attaque contre un lieu saint aggrave les divisions et menace la stabilité régionale ». Les organisations de défense des droits humains, tant locales qu’internationales, alertent régulièrement sur la détérioration des conditions de vie des Palestiniens en Cisjordanie, où les restrictions de mouvement, les démolitions de maisons et les violences de colons sont monnaie courante.

Côté israélien, le gouvernement n’a pas réagi officiellement à cette nouvelle attaque, malgré les demandes répétées de la communauté internationale pour une protection accrue des populations civiles et des lieux de culte. Les colons israéliens, dont une partie vit dans des avant-postes considérés comme illégaux, bénéficient d’une protection militaire et policière, selon les observateurs.

Et maintenant ?

Il reste à voir si les autorités israéliennes vont ouvrir une enquête sur cet incident et prendre des mesures pour empêcher de nouvelles attaques contre les lieux saints musulmans. Les organisations de défense des droits humains appellent à une intervention rapide pour protéger les populations civiles et mettre fin à l’impunité dont bénéficient certains colons. Une escalade des tensions pourrait en effet avoir des répercussions bien au-delà des frontières de la Cisjordanie.

Les huit Israéliens arrêtés mardi par la police israélienne pour leur implication présumée dans des incendies et agressions à Hébron sont actuellement détenus en attendant leur jugement. Les charges retenues contre eux pourraient conduire à des peines de prison, mais les procédures judiciaires en Israël pour les actes commis par des colons sont souvent longues et aboutissent rarement à des condamnations lourdes, selon les observateurs.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’évolution de la situation en Cisjordanie. Une intensification des violences ou une absence de réaction des autorités israéliennes pourrait en effet aggraver les tensions communautaires et régionales.