Comme le rapporte Numerama, le géant américain des dispositifs médicaux Boston Scientific fait face à une cyberattaque qui bloque la transmission à distance des données de certains de ses nouveaux pacemakers. Selon les informations communiquées par le fabricant, l’incident perturbe directement la fonction de télésurveillance de ces implants cardiaques, empêchant ainsi les médecins et les patients de bénéficier des services de suivi médical en temps réel.
Ce qu'il faut retenir
- Boston Scientific, l’un des leaders mondiaux des dispositifs médicaux, confirme une cyberattaque affectant la télésurveillance de ses nouveaux pacemakers.
- Les implants concernés ne peuvent plus transmettre leurs données à distance, bloquant ainsi le suivi médical en temps réel.
- La société n’a pas précisé combien de patients ou de dispositifs sont touchés, ni la localisation géographique des incidents.
- Boston Scientific travaille à la résolution du problème, sans donner d’échéance précise pour le rétablissement du service.
Un incident qui révèle les vulnérabilités de la télémédecine cardiaque
Boston Scientific, dont le siège est basé à Marlborough aux États-Unis, est l’un des principaux acteurs mondiaux dans le domaine des dispositifs cardiaques implantables. Comme l’indique Numerama, la cyberattaque touche spécifiquement les fonctionnalités de télémédecine intégrées à ses nouveaux modèles de pacemakers. Ces implants, conçus pour surveiller en continu le rythme cardiaque des patients, transmettent habituellement leurs données via des réseaux sécurisés vers les plateformes médicales des professionnels de santé.
Or, depuis l’attaque informatique, cette transmission est interrompue. « Nous confirmons qu’une cyberattaque a affecté la capacité de certains de nos dispositifs à transmettre des données à distance », a déclaré un porte-parole de Boston Scientific à Numerama. Le fabricant n’a pas précisé si les données stockées localement sur les implants restaient accessibles ou si l’attaque avait également compromis d’autres systèmes internes.
Des répercussions potentielles sur des milliers de patients
L’ampleur exacte de l’incident reste floue. Ni Boston Scientific ni les autorités sanitaires n’ont communiqué de chiffres précis concernant le nombre de patients ou de dispositifs concernés. Pourtant, l’impact pourrait être significatif : en France comme aux États-Unis, des milliers de personnes bénéficient de pacemakers connectés, permettant un suivi médical optimisé et la détection précoce de complications.
Côté autorités, l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) en France et la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis n’ont pas émis d’alerte spécifique à ce stade, mais surveillent la situation de près. « Nous sommes conscients de l’incident et travaillons en étroite collaboration avec Boston Scientific pour évaluer les risques », a indiqué un responsable de la FDA sous couvert d’anonymat.
Une faille qui interroge sur la cybersécurité des dispositifs médicaux
Cet incident soulève une question majeure : dans quelle mesure les dispositifs médicaux connectés sont-ils protégés contre les cybermenaces ? Les pacemakers et autres implants intelligents, de plus en plus répandus, sont conçus pour améliorer la qualité de vie des patients, mais leur connexion à internet les expose à des risques de piratage. En 2023 déjà, des chercheurs en cybersécurité avaient démontré la possibilité de pirater certains pacemakers à distance, bien que sans preuve d’attaques réelles ayant causé des dommages physiques.
Boston Scientific n’a pas détaillé la nature de l’attaque subie. S’agit-il d’un rançongiciel (ransomware), d’un déni de service (DDoS), ou d’une intrusion ciblée ? Le fabricant s’est contenté d’indiquer que ses équipes informatiques et ses partenaires en cybersécurité étaient mobilisés pour restaurer les services. « Nous mettons tout en œuvre pour résoudre cette situation dans les meilleurs délais », a-t-il ajouté.
Plus largement, cet incident pourrait accélérer les réflexions sur la régulation des dispositifs médicaux connectés. Aux États-Unis, le projet de loi « Protecting and Transforming Cyber Health Care (PATCH) Act », actuellement en discussion au Congrès, vise justement à renforcer les exigences en matière de cybersécurité pour les équipements médicaux. En Europe, le règlement sur les dispositifs médicaux (MDR) impose déjà des normes strictes, mais des voix s’élèvent pour demander une surveillance accrue des vulnérabilités exploitables.
Reste à voir si cet événement incitera les acteurs du secteur à investir davantage dans la protection de leurs infrastructures. Autant dire que la cybersécurité des dispositifs médicaux est devenue un enjeu de santé publique autant que technologique.