Face à une recrudescence des appels commerciaux et à l’utilisation croissante de bots basés sur l’intelligence artificielle générative pour simuler des conversations, les utilisateurs de smartphones disposent désormais d’outils capables de filtrer automatiquement les appels indésirables. Selon Numerama, ces solutions permettent non seulement d’éviter que l’appareil ne vibre, mais aussi de raccrocher pour l’utilisateur, transformant ainsi la lutte contre le démarchage téléphonique.
Ce qu'il faut retenir
- L’intelligence artificielle générative facilite la création de bots réalistes pour le démarchage téléphonique.
- Plusieurs applications mobiles proposent désormais un filtrage automatique des appels indésirables.
- Certaines solutions vont jusqu’à raccrocher à la place de l’utilisateur.
- Ces outils s’appuient souvent sur des bases de données collaboratives ou des algorithmes d’analyse vocale.
- La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) rappelle que ces applications doivent respecter le RGPD.
Des bots vocaux toujours plus sophistiqués
Le marché du démarchage téléphonique connaît une mutation majeure avec l’adoption de technologies d’intelligence artificielle générative. « Ces outils permettent de créer des voix synthétiques quasi indistinguables de celles d’un humain, rendant les appels automatisés bien plus difficiles à détecter », explique un expert en cybersécurité cité par Numerama. Le phénomène s’est accéléré ces deux dernières années, poussant les opérateurs télécoms et les éditeurs de logiciels à renforcer leurs dispositifs de protection.
Parmi les méthodes les plus répandues, on retrouve les deepfakes vocaux, capables de reproduire à l’identique la voix d’un proche ou d’un professionnel, dans le but d’inciter la victime à répondre. Face à cette menace, les solutions logicielles évoluent pour intégrer des mécanismes de détection en temps réel, combinant reconnaissance vocale et analyse comportementale.
Une sélection d’applications pour couper court aux appels indésirables
Numerama a évalué plusieurs applications disponibles sur iOS et Android, mettant en avant celles qui allient efficacité et simplicité d’utilisation. Parmi les plus plébiscitées figurent Hiya, Nomorobo et Truecaller, qui s’appuient sur des bases de données collaboratives alimentées par les utilisateurs. « Ces plateformes permettent non seulement de bloquer les numéros signalés, mais aussi de filtrer les appels suspects avant qu’ils n’atteignent l’utilisateur », précise Numerama.
Une autre approche, adoptée par des applications comme RoboKiller, consiste à répondre automatiquement aux appels identifiés comme indésirables et à occuper la ligne avec des messages préenregistrés ou des bruits aléatoires, afin de dissuader l’appelant. Ces méthodes, bien que parfois critiquées pour leur agressivité, obtiennent des taux de satisfaction élevés auprès des utilisateurs, selon les tests réalisés.
Des limites et des questions éthiques
Malgré leur utilité, ces solutions soulèvent des interrogations quant à leur fiabilité et à leur conformité avec le règlement général sur la protection des données (RGPD). La CNIL a rappelé à plusieurs reprises que les applications de blocage doivent garantir la transparence sur les données collectées et leur traitement. « Les utilisateurs doivent être informés de l’utilisation qui est faite de leurs données personnelles, notamment en ce qui concerne les numéros bloqués ou signalés », a indiqué la commission dans un communiqué de 2025.
Par ailleurs, certaines applications gratuites intègrent des publicités ciblées ou des partenariats commerciaux avec des entreprises de démarchage, ce qui peut réduire leur efficacité. Les versions premium, souvent payantes, offrent généralement des fonctionnalités supplémentaires, comme le blocage des appels internationaux ou une intégration plus poussée avec les annuaires téléphoniques.
La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a d’ores et déjà annoncé qu’elle publiera, au premier trimestre 2027, un guide à destination des développeurs pour encadrer l’utilisation de l’IA dans le filtrage des appels. Une étape supplémentaire pour concilier innovation et respect de la vie privée.
La plupart des applications de blocage d’appels indésirables sont compatibles avec les principaux opérateurs (Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free), mais leur efficacité peut varier en fonction du réseau. Certaines solutions, comme celles intégrées directement par les opérateurs, offrent une couverture plus large. Il est recommandé de vérifier la compatibilité avec son opérateur avant de souscrire à un service premium.
Non, plusieurs applications gratuites, comme Truecaller ou Hiya, proposent des fonctionnalités de base satisfaisantes. Cependant, pour accéder à des options avancées (blocage international, historique des appels bloqués, etc.), un abonnement est généralement nécessaire. Les versions payantes coûtent en moyenne entre 2 et 5 euros par mois.