Depuis huit ans, l’entreprise bretonne Javelot s’impose comme un acteur clé dans la digitalisation des processus d’après-récolte des céréales. Son outil innovant, conçu pour préserver la qualité des grains stockés, séduit désormais des coopératives agricoles comme le groupe Solutions, basé en Bretagne. Selon Ouest France, cette solution technologique répond à un enjeu majeur pour les agriculteurs : limiter les pertes et maintenir la valeur nutritive des récoltes.

Ce qu'il faut retenir

  • L’entreprise Javelot, spécialisée depuis 2018, propose une solution digitale pour l’optimisation du stockage des céréales
  • Son outil est utilisé par des acteurs comme le groupe Solutions en Bretagne pour garantir la qualité des grains
  • La digitalisation permet de réduire les pertes et de préserver la valeur nutritive des récoltes
  • Cette technologie s’inscrit dans une logique d’agriculture de précision et de durabilité

Une réponse aux défis du stockage des céréales

Le stockage des céréales après récolte représente un poste critique pour les agriculteurs. Entre risques de moisissures, attaques d’insectes et variations de température, les pertes peuvent atteindre des niveaux significatifs. Javelot, fondée en 2018, a développé une plateforme permettant de surveiller en temps réel les conditions de stockage. « Notre outil analyse l’humidité, la température et la qualité de l’air dans les silos », explique son directeur technique, Jean-Marc Le Goff, cité par Ouest France. « Cela permet d’agir avant que les grains ne se dégradent. »

Le groupe Solutions mise sur la technologie pour ses silos bretons

En Bretagne, le groupe Solutions, coopérative agricole employant plus de 200 salariés, a adopté la solution de Javelot pour ses installations. « Nous stockons près de 50 000 tonnes de céréales chaque année », précise Yannick Le Berre, responsable logistique du groupe. « Avec cet outil, nous réduisons les pertes de 15 % tout en améliorant la traçabilité. » Une économie non négligeable pour une filière sous pression économique et climatique. — Ouest France souligne que cette adoption illustre une tendance plus large : celle d’une agriculture bretonne en quête de modernisation.

Des données pour une gestion proactive

L’outil de Javelot ne se contente pas de surveiller : il génère des alertes en cas de risque détecté. « Nous recevons des notifications sur notre smartphone si un silo dépasse un seuil critique », confie Yannick Le Berre. « Cela nous permet d’intervenir rapidement, avant que la situation ne devienne ingérable. » Les données collectées sont également utilisées pour ajuster les stratégies de ventilation ou de traitement des grains. Autant dire que cette technologie apporte une visibilité inédite aux gestionnaires de silos.

Et maintenant ?

Javelot envisage d’étendre son offre à d’autres régions françaises d’ici fin 2026, avec une cible prioritaire : les coopératives céréalières de Nouvelle-Aquitaine. Un déploiement qui pourrait s’accompagner de partenariats avec des acteurs logistiques pour intégrer davantage d’intelligence artificielle dans ses algorithmes. Reste à voir si d’autres acteurs du secteur suivront cette voie technologique.

Quant au groupe Solutions, il étudie la possibilité d’exporter cette solution à ses partenaires européens, en collaboration avec des institutions comme Arvalis-Institut du végétal. Une initiative qui pourrait, à terme, redéfinir les standards du stockage céréalier en Europe.

D’après les informations recueillies par Ouest France, le coût varie selon la taille des installations et le niveau de surveillance souhaité. Pour un silo de 1 000 tonnes, la coopérative Solutions paie environ 2 000 euros par an pour un abonnement complet, incluant capteurs, maintenance et support technique.