Alors que les élections de mi-mandat américaines approchent à grands pas, Donald Trump tente de faire pression sur les principaux acteurs du secteur pétrolier. Le président américain a convié ce mardi à la Maison Blanche plusieurs grands raffineurs, dont Marathon Petroleum, Phillips 66 et Chevron, afin de discuter des marges élevées des produits raffinés qui pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages. Une réunion qui intervient dans un contexte où les bénéfices des raffineries ont explosé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, selon BFM Business.
« Le président rencontrera les dirigeants de l’industrie afin de collaborer sur les meilleures façons d’accroître la capacité de raffinage, de renforcer la domination énergétique américaine sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement et de faire baisser les prix pour les Américains », a expliqué Taylor Rogers, porte-parole de la Maison Blanche, auprès du Financial Times. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à modérer les marges des compagnies pétrolières, dont les profits ont fortement augmenté ces derniers mois.
Ce qu'il faut retenir
- Les trois principaux raffineurs américains (Marathon Petroleum, Phillips 66 et Chevron) ont été convoqués à la Maison Blanche ce 1er septembre 2026 pour discuter de la hausse des prix des carburants.
- Le bénéfice cumulé des raffineries américaines a atteint 12,6 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, dont la moitié reversée aux actionnaires.
- Les profits des raffineries ont quadruplé par rapport à 2025, un niveau inédit depuis 2022.
- La guerre au Moyen-Orient, déclenchée par les États-Unis et Israël, a réduit l’offre de pétrole brut et fait grimper les marges de raffinage, notamment sur le diesel.
Des bénéfices records pour les raffineurs, au détriment des consommateurs
Les chiffres sont sans appel : au deuxième trimestre 2026, les principales raffineries américaines ont enregistré un bénéfice cumulé de 12,6 milliards de dollars, dont la moitié a été redistribuée à leurs actionnaires, selon Reuters. Les profits de Marathon Petroleum, Valero et Phillips 66 ont quadruplé par rapport à la même période en 2025, atteignant des niveaux jamais vus depuis 2022. Autant dire que les marges des raffineurs ont largement profité de la conjoncture géopolitique actuelle.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les approvisionnements en pétrole brut ont été perturbés, notamment en raison du blocage des routes maritimes stratégiques comme le détroit d’Ormuz. Résultat : les cours du brut ont flambé, et les raffineries, contraintes de fonctionner à plein régime pour compenser les pertes de production au Moyen-Orient et en Russie, ont pu vendre leur diesel, essence et kérosène à des prix records. « La multiplication des frappes contre des raffineries au Moyen-Orient et en Russie a encore accentué les contraintes sur les capacités de raffinage mondiales déjà saturées, faisant grimper les marges des produits raffinés à des niveaux records », soulignent les analystes de Goldman Sachs dans une note citée par Bloomberg.
Des marges en hausse, des prix à la pompe qui restent élevés
Cette explosion des marges se répercute directement sur les prix à la pompe. Fin juillet 2026, la marge sur le diesel dans la zone euro s’élevait à 35 centimes d’euro par litre, contre 10 centimes avant le début de la guerre, toujours selon Reuters. En Amérique du Nord, les marges sur le diesel devraient atteindre 69 dollars par baril en 2027, contre 31 dollars avant la guerre. Une situation qui explique pourquoi les prix des carburants restent élevés, même lorsque les cours du pétrole brut diminuent.
Aux États-Unis, le gallon d’essence s’achetait en moyenne à plus de 4 dollars fin août 2026, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie. Cette flambée des prix a un coût pour les ménages : selon une étude de l’université Brown, la hausse des carburants a coûté en moyenne 629 euros par foyer américain depuis le début du conflit. Au total, les Américains ont dépensé 82 milliards d’euros de plus en carburant que si les prix étaient restés stables. Le pouvoir d’achat, déjà fragilisé par une inflation persistante, s’en trouve encore affaibli : en juillet 2026, le salaire réel moyen des Américains a reculé de 0,2 % sur un an.
L’Europe, également touchée par la hausse des prix énergétiques
Le Vieux Continent n’est pas épargné par cette crise. En raison d’une capacité de raffinage insuffisante, l’Europe dépend massivement des importations de carburants en provenance d’Asie et du Moyen-Orient. En 2025, 23 % du diesel et 90 % du carburant d’aviation consommés en Europe étaient importés, d’après les chiffres de BNP Paribas. Cette dépendance a encore accentué la hausse des prix, notamment sur le diesel, dont les marges ont explosé en Europe.
La situation est d’autant plus complexe que les raffineries européennes, déjà en sous-capacité, peinent à absorber la demande. Résultat : les consommateurs et les entreprises, notamment celles du transport aérien et routier, subissent de plein fouet les conséquences de cette crise énergétique. « La flambée des produits pétroliers a également été renforcée par la dépendance au carburant importé, faute de raffineries de gazole et de kérosène en nombre suffisant pour répondre à une demande croissante », relève BFM Business.
Cette crise met en lumière les tensions entre politique énergétique et réalité économique. D’un côté, la Maison Blanche cherche à protéger les consommateurs en régulant les prix ; de l’autre, les raffineurs bénéficient d’une conjoncture géopolitique favorable. Pour les ménages, la question reste entière : ces mesures suffiront-elles à inverser la tendance, ou les prix des carburants resteront-ils élevés à moyen terme ?
Les bénéfices des raffineurs américains ont été dopés par la guerre au Moyen-Orient, qui a réduit l’offre de pétrole brut et fait grimper les marges sur les produits raffinés comme le diesel et l’essence. Les raffineries, contraintes de tourner à plein régime pour compenser les pertes de production au Moyen-Orient et en Russie, ont pu vendre leur production à des prix records, selon Reuters et Goldman Sachs.