Une centaine de vols avaient été annulés le week-end du 15 août dernier en France à cause d’un mouvement de grève lancé par le personnel de cabine d’EasyJet. Selon nos confrères de BFM Business, les syndicats et la direction de la compagnie low cost sont finalement parvenus à un accord mardi 1er septembre pour y mettre fin. Cet accord prévoit notamment cinq jours par mois où les plannings des hôtesses et stewards seront figés, ainsi qu’une indemnité en cas de modification tardive de leurs horaires.
Ce qu'il faut retenir
- Une centaine de vols supprimés lors du week-end des 15 et 16 août en France, en raison d’un appel à la grève du personnel de cabine.
- Un accord conclu entre EasyJet et trois syndicats représentatifs (SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC, UNPNC-CFDT), mettant fin à une mobilisation qui devait se poursuivre jusqu’au 2 septembre.
- Cinq jours de plannings intangibles par mois pour le personnel de cabine, avec une indemnité en cas de changement de dernière minute de plus de deux heures, rétroactive depuis le 1er avril.
- 76,6 % des adhérents de l’UNPNC-CFDT ont approuvé cet accord lors d’un vote interne.
- EasyJet en passe d’être rachetée par le fonds américain Apollo début 2027, avec une transaction qui devrait en faire son actionnaire majoritaire.
Un mouvement social motivé par l’instabilité des plannings
Les grévistes dénonçaient depuis plusieurs semaines « l’instabilité permanente des plannings », avec des modifications parfois apportées jusqu’à douze heures avant une mission, voire le jour même, au moment de la prise de service. Ces aléas perturbaient fortement l’organisation du personnel navigant, rendant difficile la planification de leur vie privée. « Les syndicats ont voté en faveur de la proposition présentée par EasyJet (...) Nous continuons à travailler en étroite collaboration avec les organisations syndicales », a réagi la direction dans un communiqué. « Les perturbations avaient cessé dès le lancement des négociations, mais l’accord final permet de sécuriser l’avenir », a-t-elle ajouté.
Côté syndicats, l’accord a été salué comme une avancée significative. « C’est une victoire pour les salariés, qui obtiennent enfin des garanties concrètes contre les changements de dernière minute », a souligné Inouk Rondinella, délégué syndical de l’UNPNC-CFDT. Il a précisé que 76,6 % des adhérents de son syndicat avaient approuvé l’accord lors d’un vote interne. Les deux autres syndicats représentés, le SNPNC-FO et l’UNAC-CFE-CGC, ont également validé le texte.
Un accord rétroactif depuis avril et des garanties renforcées
Parmi les mesures phares de l’accord figure la mise en place de cinq jours par mois où les plannings du personnel de cabine seront intangibles. En cas de modification de planning de plus de deux heures, une indemnité sera versée, et ce, avec un effet rétroactif remontant au 1er avril 2026. Cette disposition vise à compenser les désagréments subis par les salariés depuis le début de l’année, période durant laquelle les perturbations des plannings étaient particulièrement fréquentes.
EasyJet, deuxième compagnie low cost en Europe derrière Ryanair, emploie en France plusieurs centaines de hôtesses et stewards. La compagnie, dont le siège social est basé au Royaume-Uni, opère principalement des vols vers des destinations européennes et méditerranéennes. En France, elle se classe au deuxième rang en nombre de passagers, derrière Air France.
Un rachat imminent par Apollo et ses implications
Cet accord intervient à un moment charnière pour EasyJet, alors que le fonds d’investissement américain Apollo est en passe de devenir son actionnaire majoritaire début 2027. Actuellement, le premier actionnaire de la compagnie est la famille de son fondateur, Stelios Haji-Ioannou, qui détient encore 15,3 % du capital. Le rachat par Apollo, qui devrait être finalisé d’ici quelques mois, pourrait entraîner des changements stratégiques dans la gestion de la compagnie, notamment en matière de relations sociales.
« Nous restons attentifs à l’évolution de la situation et aux attentes des salariés, tout en préparant cette transition », a indiqué un porte-parole d’EasyJet. Le fonds Apollo, connu pour ses investissements dans des secteurs variés, n’a pas encore communiqué sur ses intentions précises concernant la gestion sociale d’EasyJet une fois le rachat effectif.
La direction d’EasyJet a d’ores et déjà confirmé qu’elle continuerait à collaborer étroitement avec les syndicats pour affiner les modalités d’application de l’accord. Du côté des salariés, l’accent sera désormais mis sur le respect des nouvelles dispositions, dans l’attente de voir si ces mesures suffiront à rétablir une confiance durable.
Les hôtesses et stewards réclamaient avant tout la fin de l’instabilité permanente des plannings, avec des modifications parfois apportées jusqu’à douze heures avant une mission, voire le jour même. Ils exigeaient également des garanties financières en cas de changements de dernière minute et une meilleure visibilité sur leurs horaires.
L’accord est déjà en vigueur depuis le 1er septembre 2026, avec une application immédiate des mesures, notamment les cinq jours de plannings intangibles par mois et l’indemnité rétroactive depuis le 1er avril 2026.