Alors que le Rassemblement national peine à s’implanter dans certaines régions, la Bretagne figure parmi les territoires les moins réceptifs à l’extrême droite. Selon Le Monde - Politique, Gilles Pennelle, eurodéputé et responsable local du RN, est aujourd’hui pointé du doigt par des militants et d’anciens cadres pour une progression jugée insuffisante. Ce dernier, souvent présenté comme un « baron » du parti dans l’Ouest, cristallise les critiques internes sur la stratégie à adopter pour convertir cette région historiquement réticente à l’extrême droite.
Ce qu'il faut retenir
- Gilles Pennelle, eurodéputé du RN, est critiqué par des militants et d’anciens cadres en Bretagne pour sa gestion de la progression du parti dans la région.
- La Bretagne reste l’une des régions les moins favorables à l’extrême droite, malgré les efforts déployés ces dernières années.
- Les tensions internes révèlent un clivage sur la stratégie à adopter pour gagner des électeurs dans cette zone.
Un responsable local sous pression
Gilles Pennelle, figure du Rassemblement national en Bretagne, incarne une ligne qui peine à porter ses fruits. D’après Le Monde - Politique, plusieurs militants et anciens cadres locaux lui reprochent une stratégie trop prudente, voire inefficace, pour ancrer le parti dans une région traditionnellement ancrée à gauche. Pennelle, qui a rejoint le RN dès 2014, a tenté de moderniser l’image du parti dans l’Ouest, mais les résultats électoraux restent en deçà des attentes. « Il y a une défiance historique envers l’extrême droite en Bretagne », rappelle un ancien cadre du RN, sous couvert d’anonymat.
Pourtant, le RN a enregistré quelques progrès ces dernières années, notamment lors des élections européennes de 2024, où il a frôlé les 20 % dans certains départements bretons. Mais ces scores contrastent avec ceux des autres régions, où le parti dépasse désormais les 30 %. « On a l’impression que Gilles Pennelle mise sur une stratégie de long terme, mais le parti a besoin de résultats plus rapides », confie un militant de la première heure.
Des critiques venues de l’intérieur
Les tensions ne viennent pas seulement des rangs adverses, mais bien de l’intérieur du parti. Certains cadres actuels et anciens accusent Pennelle de manquer de vision pour la Bretagne. D’après Le Monde - Politique, ces critiques portent notamment sur sa gestion des alliances locales et sa communication, jugée trop timide. « Il ne suffit pas de dire que la Bretagne est un territoire difficile, il faut proposer des solutions concrètes », affirme un membre du RN en Ille-et-Vilaine.
Ces dissensions internes pourraient affaiblir le parti à l’approche des prochaines échéances électorales. Les municipales de 2026 et les législatives de 2027 sont perçues comme des tests cruciaux pour évaluer la progression réelle du RN en Bretagne. « Si on ne change pas de méthode, on risque de rester un parti marginal ici », estime un ancien responsable départemental.
La Bretagne, un bastion à conquérir ?
Malgré son ancrage à gauche, la Bretagne n’est pas imperméable à l’extrême droite. Lors des dernières présidentielles, Marine Le Pen avait obtenu entre 15 % et 20 % des voix selon les départements, un score inférieur à la moyenne nationale mais en hausse par rapport à 2012. Le RN mise aujourd’hui sur des thèmes comme la défense de l’identité bretonne ou la lutte contre l’immigration pour séduire un électorat populaire, traditionnellement réticent à l’extrême droite.
Pourtant, les obstacles restent nombreux. La forte implantation de la gauche, notamment du Parti socialiste et d’Europe Écologie-Les Verts, ainsi que le poids historique du mouvement autonomiste breton, rendent la tâche ardue. « La Bretagne n’est pas un territoire à prendre, c’est un territoire à mériter », résume un observateur politique local. Le RN devra donc redoubler d’efforts pour convaincre, sans tomber dans les travers qui ont desservi l’extrême droite par le passé.
Une chose est sûre : la pression monte, et l’urgence de résultats concrets n’a jamais été aussi forte. Pour le RN, l’enjeu est de taille – convertir une région réfractaire en terre d’élection, ou continuer à jouer les seconds rôles dans un paysage politique breton où la gauche et le centre dominent encore largement.