À quatre mois des prochaines élections législatives en Israël, prévues pour le mois de novembre 2026, les équilibres politiques se redessinent rapidement. Selon Courrier International, les figures de l’opposition, bien que divisées par des divergences idéologiques, semblent désormais déterminées à s’unir face au Premier ministre sortant Benyamin Nétanyahou.

Ce qu'il faut retenir

  • Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de Tsahal, s’impose comme le nouveau favori de l’opposition, devançant Naftali Bennett dans les sondages.
  • Naftali Bennett, ancien Premier ministre, a déclaré qu’il accepterait de soutenir un gouvernement dirigé par Eisenkot, tout en excluant toute collaboration avec Nétanyahou.
  • Le parti centriste d’Eisenkot affiche désormais des intentions de vote quasi équivalentes à celles du Likoud, parti de Nétanyahou.
  • Son expérience militaire et son manque de passé politique le rendent attractif pour une partie de l’électorat, selon l’hebdomadaire The Economist.

Un ancien Premier ministre prête main forte à l’opposition

L’évolution des rapports de force en Israël a été analysée dans un entretien accordé par Naftali Bennett au journal Yediot Aharonot, comme le rapporte Courrier International. Longtemps considéré comme le principal rival de Nétanyahou, Bennett est désormais distancé dans les sondages par Gadi Eisenkot. Malgré cette situation, il a confirmé sa volonté de « gouverner sous l’autorité de l’ancien chef d’état-major si c’est nécessaire pour sauver l’État ». Une déclaration qui illustre l’unité émergente de l’opposition, même si Bennett a précisé sans ambiguïté : « Je ne siégerai en aucun cas dans un gouvernement dirigé par Nétanyahou ».

Cette prise de position marque un tournant dans la stratégie de l’opposition israélienne, qui cherche à présenter un front uni contre le Premier ministre sortant. Bennett, qui a dirigé le pays entre juin 2021 et juillet 2022, incarne une ligne politique différente de celle d’Eisenkot, mais tous deux partagent désormais un objectif commun : empêcher Nétanyahou de conserver le pouvoir.

Gadi Eisenkot, un profil atypique pour séduire l’électorat

Le parcours de Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de Tsahal entre 2015 et 2019, diffère largement de celui des autres figures politiques israéliennes. Comme le souligne The Economist, son expérience militaire, marquée par des années de service au sein des forces armées, résonne particulièrement dans un contexte où Israël reste engagé sur plusieurs fronts, notamment en Cisjordanie et face aux tensions avec l’Iran. Autant dire que cette expertise sécuritaire pourrait séduire une opinion publique en quête de stabilité.

Autre atout d’Eisenkot : son manque d’expérience en politique. Contrairement à Nétanyahou ou Bennett, il n’a jamais occupé de fonction élective. Cette absence de passif politique lui permet de se présenter comme une alternative renouvelée, loin des scandales et des divisions qui ont marqué la vie publique israélienne ces dernières années. Selon les dernières enquêtes d’opinion, son parti centriste talonne désormais le Likoud de Nétanyahou, avec des intentions de vote estimées entre 20 % et 25 %, contre 25 % à 30 % pour le parti au pouvoir.

« Gadi Eisenkot peut-il offrir à Israël une nouvelle chance ? »
The Economist se demande si l’ancien chef d’état-major représente une véritable alternative pour les Israéliens, alors que le pays traverse une période de forte polarisation politique.

Une opposition divisée, mais unis contre Nétanyahou

Si l’unité de l’opposition reste fragile, les dernières déclarations de ses figures montrent une volonté claire de coordination. Eisenkot, qui a lancé son propre parti centriste, a su fédérer autour de lui une partie de l’électorat modéré, tandis que Bennett, bien que marginalisé dans les sondages, conserve une influence certaine au sein de la droite israélienne. Leur objectif commun est de capitaliser sur le mécontentement grandissant envers Nétanyahou, dont le gouvernement est critiqué pour sa gestion de la crise économique, des tensions sociales et de la sécurité.

Les prochains mois s’annoncent décisifs. Les élections législatives de novembre 2026 pourraient voir s’affronter deux blocs : d’un côté, une coalition menée par Nétanyahou et son allié de longue date, le parti ultraorthodoxe Shas ; de l’autre, une alliance hétéroclite réunissant Eisenkot, Bennett et d’autres formations centristes ou de gauche. Le suspense reste entier, d’autant que les sondages actuels ne permettent pas de désigner un vainqueur clair.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient être marquées par une intensification des campagnes électorales. Gadi Eisenkot, dont la popularité ne cesse de progresser, pourrait officialiser des alliances avec d’autres partis modérés d’ici la fin de l’été. Naftali Bennett, quant à lui, devrait jouer un rôle clé dans la mobilisation de l’électorat de droite modérée, tout en maintenant sa ligne anti-Nétanyahou. Reste à savoir si cette union de circonstance suffira à contrer la base électorale fidèle au Premier ministre sortant.

Les élections législatives israéliennes de 2026 s’annoncent donc comme un scrutin hautement compétitif, où les enjeux sécuritaires, économiques et sociétaux pourraient redéfinir le paysage politique du pays. Une chose est sûre : pour Benyamin Nétanyahou, l’opposition ne ressemble plus à celle des années passées.

Gadi Eisenkot est un général de réserve ayant dirigé Tsahal de 2015 à 2019. Il a fondé en 2025 un parti centriste qui, selon les sondages, rivalise désormais avec le Likoud de Nétanyahou. Son profil d’ancien chef militaire, associé à son manque d’expérience en politique traditionnelle, en fait une figure perçue comme neuve par une partie de l’électorat israélien, en quête d’alternatives à l’immobilisme et aux scandales qui ont marqué la vie publique ces dernières années.