Alors que les tensions commerciales entre l’Union européenne et la Chine s’intensifient, la question d’un durcissement des positions européennes à l’égard de Pékin a été au cœur de la chronique du jour sur BFM Business. Dans leur émission « Good Morning Business », diffusée ce vendredi 19 juin 2026, les économistes Emmanuel Lechypre et Raphaël Legendre ont analysé les arguments en faveur d’une Europe plus protectionniste face aux pratiques commerciales chinoises, tout en interrogeant la cohérence d’une telle stratégie. Selon BFM Business, cette discussion s’inscrit dans un contexte où plusieurs États membres, dont la France, plaident pour une réduction de la dépendance stratégique vis-à-vis de la Chine, notamment dans les secteurs des technologies et de l’énergie.

Ce qu'il faut retenir

  • Ce 19 juin 2026, Emmanuel Lechypre et Raphaël Legendre ont débattu d’un durcissement de la position européenne face à la Chine dans leur chronique sur BFM Business.
  • Leur analyse porte sur la possibilité pour l’Europe d’adopter une politique commerciale plus protectionniste à l’égard de Pékin.
  • Cette discussion intervient alors que plusieurs pays européens, dont la France, cherchent à réduire leur dépendance économique et technologique vis-à-vis de la Chine.
  • L’émission « Good Morning Business », présentée par Sandra Gandoin, propose chaque jour des chroniques économiques et des interviews d’experts.
  • Les auditeurs peuvent retrouver l’intégralité de l’émission en podcast sur le site de BFM Business.

Un débat économique et géopolitique sur fond de tensions commerciales

Dans leur chronique matinale, Emmanuel Lechypre et Raphaël Legendre ont rappelé que la Chine reste le premier partenaire commercial de l’Europe, mais aussi l’un de ses principaux concurrents, notamment sur les marchés des technologies vertes et des batteries électriques. « La question n’est plus de savoir si l’Europe doit protéger ses industries stratégiques, mais comment elle peut le faire sans s’isoler », a souligné Raphaël Legendre. Selon BFM Business, les deux économistes ont souligné que la Commission européenne a déjà engagé plusieurs procédures antidumping contre des produits chinois, mais que ces mesures restent jugées insuffisantes par une partie des États membres.

Emmanuel Lechypre, pour sa part, a mis en garde contre les risques d’une escalade protectionniste qui pourrait fragiliser la croissance européenne. « Une guerre commerciale avec la Chine serait un pari dangereux, surtout dans un contexte de ralentissement économique mondial », a-t-il déclaré. Leurs échanges ont aussi porté sur les propositions de la France, qui plaide pour une réciprocité accrue dans l’accès aux marchés publics et une meilleure protection des brevets européens.

L’Europe à la recherche d’une stratégie commune face à Pékin

Ce débat intervient alors que l’Union européenne tente de définir une position unifiée face aux pratiques commerciales chinoises, souvent dénoncées comme déloyales. D’après BFM Business, plusieurs pays, dont l’Allemagne et les Pays-Bas, restent réticents à un durcissement trop brutal, par crainte de représailles sur leurs exportations industrielles. « L’enjeu est de trouver un équilibre entre la défense de nos intérêts et le maintien d’une relation économique stable avec la Chine », a analysé Emmanuel Lechypre.

Les deux chroniqueurs ont également évoqué les discussions en cours au sein du Conseil européen sur l’adoption d’un mécanisme de filtrage des investissements étrangers dans les secteurs sensibles. Ce dispositif, inspiré du modèle américain, vise à limiter les prises de participation chinoises dans des entreprises européennes stratégiques. « Sans une coordination renforcée, les mesures nationales resteront inefficaces face à un partenaire aussi puissant que la Chine », a rappelé Raphaël Legendre.

Les autres sujets abordés dans « Good Morning Business » ce 19 juin

Outre le débat sur la Chine, l’émission « Good Morning Business » a traité plusieurs autres sujets d’actualité économique ce vendredi. Selon BFM Business, Annalisa Cappellini a consacré sa chronique au candidat colombien Abelardo de la Espriella, favori des sondages pour le second tour de la présidentielle et soutenu par Donald Trump. « Ce profil atypique, mêlant populisme et nationalisme économique, interroge sur l’avenir des relations entre l’Amérique latine et les États-Unis », a-t-elle commenté.

Par ailleurs, Raphaël Legendre a analysé dans son éditorial le texte publié par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe dans la revue Le Grand Continent, où ce dernier appelle à un « moment gaullien » pour relancer le projet européen. « Son analyse rejoint celle de nombreux observateurs sur la nécessité d’une Europe plus souveraine, notamment en matière de défense et d’énergie », a-t-il précisé. Enfin, Anthony Morel a présenté trois innovations technologiques présentées lors du salon VivaTech à Paris, tandis que Simon Dousset, fondateur de SportOptim, a détaillé le lancement de pédales connectées Cycloptim.

Marchés financiers : un optimisme prudent malgré les incertitudes

Dans sa chronique « Morning Briefing », Étienne Bracq a passé en revue les performances des principaux marchés actions ce 19 juin. Selon BFM Business, l’indice CAC 40 affiche une légère progression, portée par les valeurs technologiques et énergétiques. « L’optimisme domine, mais les investisseurs restent attentifs aux tensions géopolitiques et aux signaux envoyés par les banques centrales », a-t-il indiqué. Les analystes s’interrogent notamment sur la capacité de la Réserve fédérale américaine à maintenir sa politique accommodante sans relancer l’inflation.

Les échanges avec Fabrice Lenglart, directeur général de l’Insee, ont permis d’aborder l’impact des tensions au Moyen-Orient sur la conjoncture économique du deuxième trimestre. Selon BFM Business, ce dernier a souligné que la signature récente d’un protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis pourrait contribuer à une stabilisation progressive des marchés énergétiques, sous réserve de sa mise en œuvre effective.

Et maintenant ?

Si la discussion sur une Europe plus protectionniste face à la Chine devrait se poursuivre dans les prochaines semaines, les décisions concrètes dépendront des arbitrages politiques au sein du Conseil européen. Une réunion des ministres du Commerce est prévue en juillet pour examiner de nouvelles mesures, tandis que la Commission européenne doit présenter d’ici l’automne un paquet législatif visant à renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement. Reste à voir si les États membres parviendront à s’accorder sur une stratégie commune, alors que les divergences persistent sur le rythme et l’ampleur des mesures à adopter.

Pour écouter l’intégralité de l’émission « Good Morning Business » et ses chroniques, les auditeurs peuvent se rendre sur le site de BFM Business ou consulter les podcasts disponibles en ligne. L’émission reste accessible du lundi au vendredi, offrant chaque jour une analyse des enjeux économiques et financiers majeurs.

Selon BFM Business, l’Europe a déjà engagé plusieurs procédures antidumping, notamment contre les importations d’acier et de panneaux solaires chinois. En 2025, la Commission européenne a également adopté un règlement pour limiter les subventions déloyales accordées par Pékin à ses entreprises. Ces mesures visent à protéger les industries européennes, mais leur efficacité reste débattue, certains États membres estimant qu’elles ne suffisent pas.