Alors que la campagne pour la présidentielle de 2027 s'annonce particulièrement serrée, Gabriel Attal, candidat du parti Renaissance, a présenté ce mardi 7 juillet un ambitieux plan de redressement des finances publiques. Dans les colonnes du Parisien, l'ancien Premier ministre expose une feuille de route visant à atteindre un déficit public à zéro en 2037. Cette initiative, qualifiée de « rigoureuse » et non d'austéritaire, s'inscrit dans une logique de « sérieux budgétaire » que le candidat souhaite incarner face à ses concurrents, notamment Édouard Philippe. Selon Franceinfo - Politique, cette annonce intervient alors que le déficit public français s'élève actuellement à 5 % du PIB, un niveau bien supérieur aux exigences européennes.

Ce qu'il faut retenir

  • Gabriel Attal propose un objectif de zéro déficit en 2037, avec un retour à 3 % du PIB avant 2032.
  • Parmi les mesures phares : une année blanche avec gel des prestations sociales (sauf petites retraites), 100 000 suppressions de postes de fonctionnaires et des réformes structurelles des retraites et de l'assurance-chômage.
  • Une mesure d'"impunité zéro" est annoncée : les ministres ou hauts fonctionnaires responsables de dérapages budgétaires pourraient être contraints à la démission, voire entraîner la chute du gouvernement après trois ans d'écart si la trajectoire n'est pas respectée.
  • Attal prône également une réorganisation territoriale avec la création de nouvelles collectivités uniques et un renforcement du rôle du maire.
  • Ces propositions s'inscrivent dans un contexte de primaire à droite et au centre, où Édouard Philippe, autre favori des sondages, vise un déficit à 2 % du PIB en 2032.

Un plan budgétaire ambitieux pour une élection présidentielle sous haute tension

Dans un entretien accordé au Parisien et diffusé ce 7 juillet, Gabriel Attal a détaillé les contours de son projet économique, présenté comme une alternative crédible à la gestion actuelle des finances publiques. Pour l'ancien Premier ministre, il ne s'agit pas d'une « cure d'austérité », mais d'une démarche « rigoureuse et sérieuse » pour rétablir la confiance des marchés et des partenaires européens. Le candidat, qui a officiellement lancé sa campagne le 5 juillet lors d'un meeting à l'Adidas Arena à Paris, mise sur un discours de responsabilité pour se distinguer dans une primaire où Édouard Philippe, président du groupe Horizons à l'Assemblée nationale, est actuellement donné favori par les sondages.

Le plan Attal repose sur plusieurs piliers. D'abord, une année blanche au début du quinquennat, durant laquelle les prestations sociales seraient gelées – à l'exception des petites retraites –, afin de maîtriser les dépenses. Ensuite, la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, avec une protection spécifique pour certains ministères clés comme ceux de l'Éducation nationale, des Armées, de la Justice et de l'Intérieur. Enfin, des réformes structurelles sont envisagées, notamment sur les retraites et l'assurance-chômage, avec un objectif d'économies estimé entre 120 et 150 milliards d'euros.

Des mesures symboliques et une « impunité zéro » pour les responsables politiques

Parmi les propositions les plus marquantes, Gabriel Attal a insisté sur la nécessité d'instaurer une tolérance zéro envers les ministres ou hauts fonctionnaires responsables de dérapages budgétaires. Dans son interview, il a ainsi déclaré : «

Impunité zéro pour ceux qui gèrent notre budget. Les ministres et directeurs d'administration centrale qui n'auront pas tenu leur budget devront quitter leur fonction. Si la trajectoire n'est pas respectée pendant trois ans sans qu'une crise ne le justifie, c'est le Premier ministre et le gouvernement qui devront démissionner.
» Cette mesure vise à responsabiliser l'exécutif et à éviter les dérives constatées ces dernières années, où certains budgets ont été régulièrement dépassés sans conséquences pour leurs auteurs.

Par ailleurs, le candidat Renaissance a annoncé vouloir engager un « big bang » de l'organisation territoriale. Il promet de dévoiler à la rentrée une « carte de France avec des nouvelles collectivités uniques », dans le but de simplifier l'architecture administrative et de renforcer le pouvoir des maires. Cette réforme s'inscrit dans une volonté de modernisation de l'État, souvent critiqué pour sa complexité et son coût.

Un défi lancé à Édouard Philippe et une primaire qui s'annonce serrée

Ce plan de rigueur n'est pas anodin. Il s'agit clairement d'une pierre dans le jardin d'Édouard Philippe, qui, dans une tribune publiée récemment, s'est engagé à ramener le déficit public à 2 % du PIB en 2032, un objectif plus ambitieux que celui d'Attal. Pourtant, ce dernier mise sur la crédibilité de son parcours gouvernemental et sur son image de jeune réformateur pour séduire les électeurs. La primaire à droite et au centre, qui s'annonce très disputée, pourrait ainsi opposer deux visions de la gestion économique : l'une plus gradualiste, portée par Philippe, l'autre plus radicale, défendue par Attal.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Laurent Wauquiez, président des Républicains à l'Assemblée nationale, a récemment apporté son soutien à Édouard Philippe, estimant que ce dernier pouvait incarner « l'ordre et le sérieux ». Une prise de position qui confirme l'importance de cette primaire, où chaque candidat tente de se positionner comme le mieux placé pour succéder à Emmanuel Macron. Pour Gabriel Attal, il s'agit donc de montrer qu'il n'a « rien à envier » à ses concurrents en matière de sérieux budgétaire.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour Gabriel Attal consistera à détailler davantage son programme économique, notamment lors de meetings et de débats prévus d'ici à la fin de l'été. Ses propositions seront soumises à l'épreuve des critiques, tant de la part de ses adversaires politiques que des économistes, certains estimant que les objectifs de réduction du déficit pourraient peser sur la croissance. Reste à voir si ce plan, jugé ambitieux par ses partisans, convaincra les électeurs en quête de solutions pour relancer l'économie française sans alourdir la dette publique. Une chose est sûre : la bataille des idées a d'ores et déjà commencé, dans un contexte où la France doit faire face à des défis budgétaires majeurs.

Cette annonce s'inscrit dans une dynamique plus large, où les candidats à la présidentielle de 2027 devront proposer des solutions crédibles pour réduire la dette et relancer l'investissement, tout en répondant aux attentes sociales. La crédibilité de ces plans dépendra de leur faisabilité et de leur acceptabilité par les Français, dans un pays où les questions économiques restent au cœur des préoccupations.

Gabriel Attal vise un retour à 3 % du PIB avant 2032, puis un déficit à zéro en 2037. Édouard Philippe, lui, s'est engagé à ramener le déficit à 2 % du PIB en 2032, un objectif plus ambitieux à court terme mais moins précis sur le long terme.

L'année blanche, prévue en début de quinquennat, impliquerait un gel des prestations sociales, à l'exception des petites retraites. Cela pourrait toucher des millions de foyers, mais Attal n'a pas précisé quelles prestations seraient concernées ni comment seraient protégées les personnes les plus modestes.